vendredi 1 mars 2024

Jeu de Coline #4: L'élément eau

Les pieds dans l'eau, Rivière des Galets, Mafate

Oui, oui, oui…toujours 3 volumes d’eau pour 1 volume de Ricard. Ça, on le sait…mais ça n’a rien à faire dans ma préparation trail. Alors, on passe.

Quand je pense à l’eau…je vois tout de suite la pluie. Il faut dire qu’on a été servi avec cette saison cyclonique. Et je vais te dire un secret. Je déteste la pluie. Ça mouiiiiiiiille. Et je déteeeeeste ça. Même quand tu es sous les Tropiques et qu’elle est chaude. C’est encore pire parce que ta super veste imperméable 10 000 Schmerber (à tes souhaits) ne sert à rien…tu seras quand même trempé, de l’intérieur.

Mais en trail, je dois bien l'avouer, l’eau…c’est cool! La pluie t’apporte des flaques. De la boue. Des glissades. Des rivières à traverser. Parfois, tu as même les fesses dans l’eau (bon ok, sauf si tu fais 1,90…là c’est niveau genoux). Toujours est-il que tout ça, ben c’est vraiment trop cool (dixit le petit garçon qui est en moi). Et le truc encore mieux, tu veux le savoir? Personne ne te dit que tu es tout sale. C’est même le contraire. Un gage de réussite. Alors, dans ces conditions, l’eau, j’aime bien.

jeudi 15 février 2024

Jeu de Coline #3: J'aime

Boucle du Coeur de l'Est, ravitaillement de Piton Textor - UTOI

Un thème qui tombe bien on dirait! Alors oui, on était le 14 février. Et oui, la bienséance voudrait que je dise “moi, ce que j’aime, c’est Toi”. Bon d’accord. Ambiance fleurs bleues, oursons tout mignons, coeur avec les mains, toussa toussa. Mais la vérité est que ma première pensée aura était pour…le gâteau patate. Parce que j’adooooooore le gâteau patate! Quand tu arrives au ravitaillement et que l'on t’en propose, tu ne réfléchis pas. Tu en prends et tu savoures. Parce que c’est savoureux! Délicieux! Et réconfortant. En plus, ça colle à l’estomac et ça évite qu’il fasse “blope, blope, blope” dans la prochaine descente. En plus, plus, la patate douce t’apporte de nombreux nutriments. Plein de vitamines. Elle est source de fibres, ce qui facilite ta disgestion. Bref, la patate douce, c’est la vie. Et le gâteau patate, c’est la vie mais en mieux. En mieux, parce que c’est sucré!

Et quand on te dit qu’il y a en plus des pépites de chocolats noir à l'intérieur, les jeux sont faits, rien ne va plus! Là, le plus dur est de quitter le point de ravitaillement…Guillaume, tu es sur le point de te faire rejoindre. C’est l’heure d’y aller. M’en fous. Gâteauuuuuuuuu pa-ta-te! Laisses-en aux autres! Bon…d’accord…


Ça ne te parle pas trop? Tu ne sais pas ce qui est bon pour toi…écoute seulement la recette et teste:

- Épluche 1,5 kg de patates douces et fais-les cuire à la vapeur jusqu’à ce qu’elle soient tendres.

- Écrase les patates douces pour obtenir une purée (avec tes mains, parce que c’est plus rigolo…mais ne te brûle pas!).

- Coupe 250 g de beurre en morceaux et ajoute-le à ta purée.

- Ajoute 200 g de sucre, 4 oeufs, 2 gousses de vanille (Bourbon, s’il-te-plaît), 100 g de farine et 2 càs de rhum. Mélange le tout et met ta préparation dans un joli moule.

- Enfin, tu peux badigeonner le gâteau avec un jaune d’oeuf et avec une fourchette pour créer le quadrillage traditionnel.

- Enfourne à 170 / 180 degrés pendant 20 minutes, puis à 150 degrés pendant 40 minutes.

- Laisse refroidir avant de démouler. C’est prêt, tu peux déguster !


Source: https://www.reunion.fr/.../le-gateau-patate-douce-a-la.../

mercredi 7 février 2024

Test de capacités aérobies et mécaniques, CREPS de la Réunion


Aujourd’hui, j’ai réalisé une évaluation de mes capacités aérobies et mécaniques sur tapis au Centre de Ressources, d'Expertise et de Performance Sportive (CREPS) de La Réunion situé à Saint-Denis. L’objectif était de définir un certain nombre de données (VMA, FC, VO2MAX, SV, …) pour pouvoir adapter et améliorer mes entraînements.

Une expérience intense sur un plateau technique au top du top conclue par un échange riche. Un grand merci à Cyril GRANIER et à mon Assistance 5 étoiles!


Il était une fois…la vie! Un peu de science au programme avec les résultats de mon test de capacités physiques.

Que s’est-il passé dans le laboratoire du CREPS?

Il s’agissait pour moi de réaliser une évaluation de mes capacités aérobies et mécaniques sur tapis de course. Pour vulgariser la chose, l'idée était de connaître mes capacités physiques en course à pied.

Avant de monter sur le tapis, à l’image d’un boxeur, j’ai eu droit d’effectuer la pesée. Pour se faire, je suis monté sur une balance un peu particulière puisque en plus de prendre mon poids, elle mesure tout un panel d’autres données sur la composition de mon corps (composition hydrique, composition corporelle, bilan général, bilan morphologique, …). Mais, comment ça fonctionne? Simple. Elle envoie un courant électrique qui va parcourir ton corps, segment après segment. Le courant se déplace via les molécules d’eau et grâce à la vitesse de déplacement enregistrée, elle va faire plein de calculs. Et paf, ça a fait des Chocapic. Au final, je fais actuellement 61,3 kg pour 170 cm (oui, 170 ce matin là et non pas 171 car il apparaît que la taille fluctue au cours de la journée et en fonction de ton hydratation). Ce qui me donne un IMC - Indice de Masse Corporelle de 21,2 kg/m². Côté masse grasse, je suis à 7,7 kg. Cela représente 12,6 % contre environ 10 % chez les athlètes de haut niveau. Physiquement, ça tient la route. Mais le plus important dans tout ça est que je me sente particulièrement bien dans mes baskets…et dans mon corps.

Bon, tout ça c’est bien joli mais quand est-ce que tu commences à souffrir?

Ok, ok, passons dans le vif du sujet. Le test est simple: tu montes sur le tapis, tu cours. J’augmente la vitesse du tapis, tu cours. J’augmente encore, tu cours plus vite. J’augmente encore, tu…mais attend Cyril, ça s'arrête quand ton histoire? Bah, quand tu es au bout. Au bout de quoi? Au bout de tes capacités. Tu cours jusqu'à rupture. Excellent. Ça, j’aime! Voilà le protocole: on commence donc avec un palier à 8 km/h pendant 3 minutes en guise d’échauffement. Ensuite, on passe à 10 km/h. Et on augmente la vitesse du tapis de 1 km/h toutes les 3 minutes. Cyril m'équipe avec une ceinture pour prendre ma fréquence cardiaque (FC), ainsi qu’un masque et un appareil portatif pour mesurer mon volume d’oxygène (VO2) durant l’effort. Il suit tout ça en direct sur ses écrans. Je suis à la fois un peu anxieux et super excité. Tu es prêt? C’est parti!

Premières foulées à 8 km/h. Je ne ressens aucun effort. Je respire normalement par le nez. L'équipement et le masque de Bane (cf. Batman pour ceux qui n’auraient pas la référence) ne me dérangent pas. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On passe ensuite à 10 km/h. Puis 11. 12. 13. Je rentre dans ma bulle et me sens bien. Ma foulée est bonne. Ma respiration aussi. Aucune pensée parasite. Je suis concentré. À 16 km/h, je commence à sentir l’effort. À 17, ma foulée commence à visiblement se dégrader et j’ai vraiment chaud. 18 km/h. Ça passe encore sur la première minute mais je suis clairement dans le rouge. On arrive alors à 19 km/h et là, je suis à fond. Chaque seconde compte alors je tire au maximum sur les bras. Je vais tenir 40 secondes à cette vitesse avant de stopper l’évaluation. Cyril et Coline m’aident à descendre du tapis pour m’asseoir. Consigne pour la fin du test: rester 2 minutes assis (trop facile) pour évaluer mon niveau de récupération.

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Ci-dessous, tu trouveras donc mes résultats. J’ai également eu un débriefing avec Cyril pour avoir des explications plus détaillées (j'espère que le cerveau fonctionnait et que j'ai bien tout compris. C'est un peu...technique tout ça). Pour mémoire, l'idée première était d'évaluer mes capacités dans le but de les repousser en planifiant des séances bien spécifiques. Et donc, progresser!

VO2MAX - Consommation maximale de dioxygène:

Ma VO2MAX est de 64,7 ml/min/kg (valeur dite “excellente” à partir de 54 pour mon âge. Pour rigoler, parce que c’est incomparable, Kilian JORNET, référence planétaire de l’ultra-trail, est à 92) et je l’ai atteint au palier 18 km/h. Ma VMA - Vitesse Maximale Aérobie est de 18,2 km/h. Étant donné mon passif (2 ans de trail, 0 séances spécifiques, 0 développement de mes capacités physiques), il s’agit de bonnes valeurs pour un niveau régional. D’autant que ces données peuvent être améliorées. Mon pic de VO2MAX est de 71 ml/min/kg. Ainsi, l'objectif des prochaines semaines va être de rapprocher ma VO2MAX de cette valeur pic.

Si j’ai obtenu ces résultats avec une VO2MAX finalement en-deçà de laquelle on aurait pu s’attendre, c’est car ma balance entre VO2MAX et rendement de course pencherait vers une efficacité mécanique plus importante. Donc, en travaillant cette donnée ainsi que ma foulée, je vais progresser davantage.

Enfin, j’ai peu, voir pas, de réserve anaérobie (arrêt du test seulement 20 secondes après avoir atteint VO2MAX). Cette filière lactique est à travailler pour tenir plus longtemps dans l’effort. L’objectif est l’utilisation de lactique comme nouvelle source pour produire un effort. Pour essayer de faire simple, j’ai 800 g de glucides contre 6 kg de lipides dans mon corps. L’objectif de décaler les seuils vers VO2MAX est d’utiliser les lipides plutôt que des glucides qui sont consommés plus rapidement et apportant moins d'énergie.

FC - Fréquence cardiaque:

Ma FCMAX est de 187 BPM. Post effort, il s'avère que ma pente de récupération est linéaire. Après 2 minutes, je retrouve progressivement un rythme cardiaque proche de celui du début de l’évaluation. Il s’agit d’une récupération normale.

Axes de progression pour passer un cap en 2024 (en gros, développer la cylindrée du moteur pour courir plus vite, plus longtemps, le tout sans fournir plus d’effort):

- Améliorer ma VO2MAX en la rapprochant de 70 ml/min/kg (ce qui impactera ma VMA)
- Décaler mes seuils SV1 et SV2 vers VO2MAX
- Développer ma filière lactique ou capacité anaérobie

En résumé, je ne suis pas un extraterrestre (mais ça, je le savais déjà). Je n’ai pas de facilité physique ou génétique. Par contre, je travaille. Et il s'avère que le travail porte ses fruits. Alors pour atteindre mes objectifs, je vais continuer dans cette voie. Continuer à tout donner. Continuer de rêver encore un peu. Mais avant ça, je vais profiter de 3 jours de repos pour rendre visite à David, mon ostéopathe et planifier la suite de ma préparation. On va doucement attaquer les choses sérieuses avec des séances spécifiques (Fartleck et HIIT, histoire d’aller stimuler un peu cette VO2MAX)!


mercredi 31 janvier 2024

Le jeu de Coline #2: Dans mon élément

Vue sur le cirque de Mafate depuis le sentier du Grand Bénare 

Aurère, Cayenne, Grand Place, Marla, La Nouvelle. Mafate et ses îlets. Ses petits villages perchés sur des promonttoires rocheux au coeur du cirque. Ces villages colorés. Cette vie. Cette ambiance avec toujours un peu de musique. Une boutique qui te vend une boisson fraîche. Le chant des coqs. Les Tui-tui qui te laisseraient presque les attraper. Un Papang qui vole majestueusement le long des remparts. Les odeurs du feu de bois et des carris qui mijotent doucement. Il y a aussi ses rivières. Habituellement si calmes et qui peuvent se déchaîner en un rien de temps. Ses chutes d’eau et ses bassins féeriques. Ses forêts endémiques ou Tamarins et Cryptomerias te transportent dans un autre univers. Ses plateaux et plaines où ruminent paisiblement quelques vaches. Ses chemins ou cabris et randonneurs se côtoient. Mafate et cette atmosphère de bout du monde.

Et puis il y a ces montées. Interminables. Ces sentiers toujours plus vertigineux. Ces descentes infernales. Il y a ces marches. Toutes ces marches. Irrégulières. Glissantes. Instables parfois. Toutes ces marches que le randonneurs fini par détester après 2 heures de monter vers Roche Plate. Lorsque le soleil te brûle la peau. Lorsque la chaleur remonte du sol et t'étouffe littéralement. La chaleur de Mafate. Un virage. Tu changes de décor. De température. De climat. La pluie. Le vent. Le froid te saisi. Mafate. Ce terrain de jeu si exigeant. Si technique. Ce terrain de jeu qui met ton corps et ton esprit à l'épreuve. Et pourtant, ce terrain si beau. Ce terrain qui me convient si bien.

Mafate. Quand j’y entre par Deux-Bras ou par la Canalisation des Orangers, j’entre dans un état de plénitude où je me sens vivant. A ma place. En harmonie avec mon corps. Avec mon esprit. Et avec le monde qui m’entoure. Comme un poisson dans l’eau. Ou plutôt, comme un traileur dans les sentiers. J’ai cette sensation que rien ne peut m’arriver. Cette sensation de liberté totale. Les paysages y sont époustouflants. Et quand il n’y a plus d’autre bruit que celui de tes pas. De ta respiration. Que tu es seul avec toi-même. Que la montagne agit comme un miroir. A ce moment, je suis en communion avec cet élément. L'évasion que ce cirque me procure est incomparable. Je pense souvent au facteur de Mafate ou aux enfants qui parcourent des kilomètres pour se rendre à l'école. Aux hommes et femmes qui ont construits ces sentiers. Qui les battent chaque jour. Qui les entretiennent. Et d'un coup, je m’en rends compte. Je me rends compte du privilège d’être là. D’emprunter ces traces uniques au monde. Mafate.

Mafate, mi aime a ou.

lundi 15 janvier 2024

Le jeu de Coline #1: Flash info émotionnel

Pour l’instant émotion, je t’emmène dans la tête du coureur! A la découverte de la partie la plus personnelle. La plus intime. La plus profonde. Peut-être la plus sombre? Quand tu te retrouves dans le dur. Quand tu es à la limite. Que tu n’avances plus. Que plus rien n’a de saveur. Quand tu dois aller puiser au plus profond de toi. Tu t’es déjà demandé ce qu’il y avait?

Certains l’appelle la “pain cave” (comprend, la grotte de la douleur). Et bien, au fond de ma grotte se cache un animal. Une bête primitive. Une bête enragée. Prête à être déchaînée et à répandre le chaos. A l’image de Hulk, je vais chercher à rassembler toute la colère qui est en moi pour renverser la tendance en allant dynamiter mon esprit, mon corps, ma course. Tu l’auras compris, j’ai besoin d'être en colère pour entrer dans cet état animal où je me sens “dangereux”. Plus je suis en colère, plus je suis performant. Il est difficile de dire combien de temps je peux être dans cet état. 5 minutes, 15 minutes, peut-être 1 heure? Le temps ne compte plus. La seule chose importante: manger. Et je suis alors affamé! A partir de ce moment, il se passe un truc. Mon cerveau déraille et je deviens cette bête primitive. Mon champ de vision se referme et je ne vois plus que le sentier. Ma respiration devient plus forte. Mon regard ne se détourne plus de mon objectif. De ma proie. Parce que j’entre en traque. En traque contre le temps, contre le coureur qui est devant moi, contre ces marches qui n’en finissent pas, contre moi-même. J’ai besoin de cette colère qui sommeille en moi pour développer une attitude agressive et la transformer en énergie motrice.

Tu l’imagines bien (parce que non, au quotidien je suis plutôt calme et je n’ai encore mordu personne), pour arriver à cet état, il y a un processus: se laisser envahir par le négatif avant de…tout faire péter! Je vais d’abord prendre conscience que je n’y arrive plus. Que physiquement et mentalement, ça flanche. Ensuite, une fois que j’ai la sensation de toucher le fond, je vais vraiment me faire mal. La version soft: “Abandonnes. Tu n’y arriveras jamais. Tu n’as pas les épaules pour ça”. La version hard? Demande au Sergent instructeur Hartman. Ces quelques mots suffisent à me faire plonger dans un état de déconnexion. J’entre doucement dans ma grotte, là où il n’y a presque plus de lumière. Ensuite, je vais me focaliser sur une frustration. Une frustration profonde. Souviens-toi quand tu étais petit et qu’on te privait de quelque chose...souviens-toi de cette frustration qui montait en toi. Se transformant en colère. Et bien, je vais rechercher cette frustration d’enfance. Je vais l’alimenter. Et mon petit atome de colère va doucement grandir jusqu’à imploser et libérer une énergie… parfois complètement démesurée. Alors, imagine quand j’ajoute à cette simple petite frustration d'enfance d’autres atomes de colère. Des frustrations plus importantes, des colères plus grandes, des injustices plus conséquentes. L’ensemble va venir former une véritable…bombe (merci Monsieur Oppenheimer). A ce moment, il vaut mieux ne pas me chatouiller…

Mais, du chaos naît une étoile. Pour être plus motivé, plus déterminé, plus hargneux. Pour avoir cette attitude de combattant, cette ténacité rageuse. Pour avancer, j’ai besoin de toujours être en colère. Parce qu’ensuite, je me libère complètement de toute cette énergie négative. J’arrive à me recentrer sur moi, sur mes sensations et sur ma course (je me rends d’ailleurs compte que j’ai avalé la dernière montée et que je suis déjà à Pleine des Merles). Je peux alors relancer avec des pensées positives.

Le gars est fou! Oui…mais j’ai fait mon premier podium comme ça. Alors, “autant continuer dans l’délire”.

Et toi, c’est quoi tes sources de motivation profonde?

vendredi 5 janvier 2024

Nouvelle année, nouvelles aventures!

Bonjour à tous et bienvenue dans mes aventures à travers le monde, à travers mon monde. Une nouvelle année démarre et elle s’annonce…sportive!

Avant toute chose, je tenais à grandement te remercier pour avoir “aimé” cette page consacrée à ma saison Trail-running 2024. N'hésite pas à la partager autour de toi car il paraît que plus on est de fous, plus on rit.

Pour moi, 2023 a été absolument incroyable. Je suis revenu à La Réunion en février sans trop savoir où je (re)mettais les pieds. Finalement, c’est vers la fin du mois de mars que j’acte une pause professionnelle et finalise les contours de mon projet sportif: survivre à la Diagonale des Fous. Pour y parvenir, je me suis préparé pendant 9 mois. J’ai fait de la course à pied, de la marche, du VTT, du renforcement musculaire, des séances d’étirements, …j’ai participé à plusieurs courses de préparation et je me suis rapidement “révélé” avec un podium scratch sur la Méga-Salazienne en mai. Puis, j’ai obtenu plusieurs belles places sur des formats courts et longs avec 2 podiums dans ma catégorie (Senior homme).

Durant le Grand Raid d’octobre, j’ai vécu la course de rêve. Toutes les planètes se sont alignées pour moi et je termine cette aventure dans le Top 100 ET sous les 32 heures que j’avais initialement estimé. J’ai également eu l’immense chance d’avoir une assistance personnelle 5 étoiles et des soutiens (même à distance) juste exceptionnels! Si, si, je t’assure.

Après ce premier 100 M, nous sommes allés nous reposer avec Coline (parce qu’elle aussi était bien fatiguée par sa course contre la montre). Nous avons ainsi passé une semaine à Madagascar où j’y ai retrouvé mes amis Jean-Louis et Marine ainsi que leurs enfants. De beaux moments ensemble avant que je ne débute un Diplôme Universitaire en Trail-running - Organisation, encadrement, santé et performance, à l'Université du Tampon. Enfin, j’ai terminé décembre avec la plus belle rencontre de cette année, tu l’auras compris, Coline.

Pour 2024, j’ai décidé de me fixer un objectif simple: confirmer! En plus de mon retour d’expérience, je vais m’appuyer sur ce DU et espère ainsi améliorer ma préparation, progresser dans ma planification et gagner en maturité. Je compte sur ma rigueur et mon organisation pour aller chercher de belles performances tout en continuant à prendre du plaisir et à m'amuser. Pour ce faire, je compte bien monter d’un cran mon niveau d'engagement et de détermination. Au quotidien, je sais que je peux d’ores-et-déjà compter sur les professionnels de santé qui me suivent ainsi que sur vos encouragements et ceux de mes proches.

Au-delà du dépassement de soi, du partage et de la communion avec les coureurs, bénévoles et supporteurs, de l'évasion que la discipline me procure, je cherche toujours à en apprendre davantage sur moi. Sur mes limites. Sur mes peurs. Sur mes aspirations. Sur mes motivations profondes. Plus que du sport, il s’agit d’une véritable quête spirituelle.

Et cette quête, je souhaite te la partager comme si tu y étais. A travers ce blog et les réseaux (Facebook et Instagram), j’aimerais te faire vivre mon quotidien, mes entraînements, mes courses mais aussi mes retours d'expériences et mes émotions. J’aimerais également aller plus loin en permettant un véritable échange et partage d'expériences entre nous.

En plus de mes objectifs 2024, d’images de mes sorties, de statistiques et autres articles en lien avec mon projet, je vais être challengé par Coline qui nous a préparé un petit jeu! Chaque quinzaine, je vais tirer au sort un papier avec une inscription. A partir de là, je vais devoir prendre une photo et écrire un petit texte, toujours en lien avec cette inscription et ma préparation trail. On commence le 15 janvier avec l’inscription “Flash info émotionnel”. Et je te promets du lourd pour cette première publication! #sorstaplusbelleplume

En parallèle, j’ai d’autres idées de projet communication en cours de développement. Mais je t’en dirai plus dans les semaines à venir.

Sportivement,

Guillaume

mercredi 20 décembre 2023

Saison Trail-running 2023, l’heure du bilan

Résultats saison trail-running 2023

Avant d’arriver sur la ligne de départ de la Diagonale des Fous, je m'étais dit que peu importe son issue, mon projet sportif était d'ores-et-déjà une réussite. En effet, j'ai appréhendé cette année 2023 comme un projet à part entière avec un début, un milieu et une fin…qui a d’ailleurs tendance à être repoussée. Pour moi, l’une des clefs aura été d’opter pour une approche et une prise en compte totale de l'activité dans mon mode de vie. Comme le soulignait Raphaël Verchère, philosophe du sport, la pratique du trail dans sa dimension globale permet de devenir "entrepreneur de soi-même". A l'image d'une entreprise, "on gère son corps et son esprit à partir des notions de rendement. L'idée est d'accroître sa performance en employant des moyens rationnels". Ainsi, j'ai appliqué au cours de l'année des notions de planification, de gestion, de management et d'indicateurs de réussite pour atteindre mes objectifs. De plus, la discipline et la rigueur de mon quotidien m'ont permis une recherche de qualité, d'optimisation et de performance tout au long du projet. Ça sonne quand même vachement professionnel tout ça…et bien oui, ça l’est, je t’assure! Et, je vais même utiliser le mot “outre” pour continuer dans la dynamique. Mais après, promis, j'arrête.

Outre le fait d'avoir préparé mon corps et mon esprit à cette grande aventure, j'ai réussi à me recentrer sur les choses essentielles mais aussi et surtout à trouver un rythme de vie sain et en harmonie avec mes valeurs. En adoptant cette discipline, je pense avoir gagné en maturité et, c'est peut être un peu cliché, mais j'ai le sentiment d'être devenu une meilleure version de moi. Quand je t’ai présenté ce projet il y a 8 mois, je parlais d’une forme de quête spirituelle. Aujourd’hui, j’ai retrouvé des sensations et des émotions en accord avec mon “moi intérieur”...attends, ça ne deviendrait pas un peu trop philosophique maintenant pour “un gars qui court”? Ok…faisons plus terre-à-terre dans ce cas: le petit garçon qui est en moi a carrément kiffé courir dehors, sauter dans les flaques, faire du vélo et s'émerveiller devant le terrain de jeu. Parce que je ne l’ai peut-être pas souligné assez mais la nature, les paysages et les montagnes réunionnaises sont un véritable paradis pour la pratique des sports outdoor!

Comme tu as également pu le constater, je suis un petit comique quand je veux, certes, mais j’ai aussi réalisé de très nets progrès sur le plan sportif. Préparer en 9 mois un ultra aussi difficile que la Diagonale des Fous semblait être un défi impossible. Que ce soit lors de mes entraînements ou en course, j’y ai mis toute ma passion, mon envie et ma persévérance pour ne jamais rien lâcher. Grâce à cela, mais aussi à votre soutien, à celui de mes proches et à l'adrénaline du dossard, les résultats ont même été bien au-delà de mes espérances. Hormis la performance réalisée lors du Grand Raid, l’image ci-dessous atteste d’une progression constante dans les classements (données issues de l’organisation BeTrail) avec une côte générale de 71,12 (+14,47 par rapport à fin 2022). En ce qui concerne mon Index de performance ITRA - International Trail Running Association, je suis à 686 (+246 par rapport à fin 2022). Grosso modo, ça signifie surtout que je suis super méga trop content de mes résultats.


Parce que 2023, c’est 3 podiums en catégorie et 1 podium scratch :

- Boucle du Bassin Vital (23 km / 1 100 m de D+) - Finisher en 2h41min49s, 32ème / 508

- Méga-Salazienne (53 km / 3 400 m de D+) - Finisher en 7h30min38s, 3ème / 356 (🥇 - 1er Senior)

- Grand Bassin (22 km / 1 300 m de D+) - Finisher en 2h20min15s, 8ème / 452 (🥇 - 1er Senior)

- Rivière des Galets (39 km / 1 600 m de D+) - Finisher en 3h51min36s, 5ème / 732 (🥉 - 3è Senior)

- Trail de Saint-Jeoire (77 km / 5 500 m de D+) - Finisher en 11h21min31s, 11ème / 61

- Diagnonale des Fous (165 km / 10 000 m de D+) - Finisher en 31h55min42s, 54ème / 2047

- Boucle du Coeur de l’Est (63 km / 2 800 m de D+) - Finisher en 9h01min29s, 5ème / 149 (🥈 - 2è Master 0)


Au-delà des résultats, je suis particulièrement fier d’avoir réussi à augmenter mon volume de travail progressivement et à conserver une régularité dans ma motivation. Ceci m’a notamment permis d'éviter les blessures. Mon hygiène de vie ainsi qu’une préparation axée sur la récupération auront été les clefs d’une année pleine. Ainsi, 2023 pour moi, c’est :

- 5 000 km parcourus dont 2 500 km en VTT ; 1 200 km de trail ; 800 km de course à pied ; 500 km de marche

- 150 000 m de dénivelé positif

- plus de 450 heures dehors (hors séances de renforcement, de kiné et d’assouplissement / étirements)


Côté budget (parce que oui, tout cela a un coût et le trail reste malheureusement une activité onéreuse), voilà un récapitulatif plus ou moins exhaustif de mes dépenses hors frais de vie sur l'année :

- Équipement (chaussures, chaussettes, short, t-shirt, flasques, rachat VTT et entretien, …): +/- 800 €

- Frais d’inscription à 7 trails: +/- 530 €

- Santé (ostéopathe, podologue, huiles essentielles, crèmes et gels de récupération, crème anti frottement, Tape, strap, …): +/- 300 €

- Nutrition (boissons énergies, barres, gels, purées, …): +/- 400 €

- Logistique (location de véhicule et carburant): +/- 400 €*

* Ces aspects logistiques ne sont pas entrés dans tous mes trails. De plus, mes entraînements et sorties quotidiennes ont été faites depuis chez moi où en co-voiturage.


Au-delà des résultats et des chiffres, j’ai pris énormément de plaisir (et c’est sans doute le plus important dans l’histoire). Que ce soit lors de mes entraînements ou durant les phases de compétition, j’ai trouvé un équilibre qui me convient parfaitement. Entre choix de vie et instants évasions, j’ai été pleinement épanoui dans mon projet. Certes, il y a eu des moments plus difficiles mais ils semblent déjà loin tant la satisfaction à l'arrivée est grande! Aujourd’hui, je me sens accompli et ceci a été possible par beaucoup d'énergie positive, de belles rencontres, des moments de partages forts, …et un changement de mentalité. J’ai beaucoup appris sur moi, sur la gestion de mes émotions, sur ce que mon corps était capable de donner / d’endurer et sur mes limites. Et, une tendance se dégage, on peut sans cesse les repousser!

Alors, pour résumer ces 12 mois et cette aventure un peu folle, je me suis d’abord documenté. J’ai appris. J’ai travaillé dur. J’ai expérimenté. Je me suis trompé. J’ai donc recommencé. Encore. Et encore. Et je n’ai cessé de progresser. Alors oui. Pour arriver au sacre ultime. Pour survivre à la Diagonale des Fous. J'ai transpiré. J’ai lutté. J’ai pleuré. J’ai crié. Mais j’ai finalement beaucoup rigolé. J’ai trébuché. Je suis tombé. Je me suis blessé. Je me suis conditionné et puis je me suis relevé. J’ai eu des moments de doute. J’ai pris des coups. J’ai été frustré, en colère parfois…je me suis alors remis en question. J’ai avancé. J’ai grandi. J’ai reçu. J'ai donné. On a partagé. Finalement, je suis tombé amoureux. J’ai vécu une année complètement folle. Intense. Complète. Et j’ai été plus qu’heureux de vous la partager.


Alors, pour vous qui m’avez soutenu tout au long de cette formidable année: MERCI !

Des pensées pour Maman, Papa, Lulu, Coline, Thib’s, Jean-Lou & sa famille, mes voisins Camille, Fabrice, Sylvette, les Tamba' Boys, Mathilde, Paul, Lety, Adrien, Amandine, David, Yannick, Jo, Valérie, Jean-Philippe, Cyril et Laurent.

Belles Fêtes de fin d'année à vous et à bientôt pour la présentation des objectifs 2024! Parce qu’une chose est sûre, il va y avoir de belles courses en perspective et j’ai à coeur de confirmer cette première année!