vendredi 30 juin 2023
Point d'étape sur mon projet sportif : survivre à la Diagonale des Fous
mardi 20 juin 2023
Trail de Grand Bassin Mollaret - Juin 2023
Résultat de course, Trail de Grand Bassin - Suunto / Vue sur la chute de Grand Bassin - Image prise d’Internet
Trail de Grand Bassin Mollaret 2023 : J+1 [FINISHER...avec un podium' - parce que c'est vraiment électrisant]
Au programme de ce samedi 17 juin 2023, un parcours historique au Pays du Trail. 22 km pour 1 100 m de dénivelé positif. Le tracé se décompose en 3 sections avec un départ depuis Bois Court sur 3 km roulants, puis une grosse descente de 650 m de D- vers Grand Bassin avant d'attaquer le pétard de la journée, la montée de Mollaret. 1 100 m de D+ sur 5 km avec des morceaux compris entre 40 et 45%! Enfin, la dernière section sera plus roulante avec 8 km de chemin bétonné. Ça va être rapide. Très rapide!
Alors, comme j'en ai pris l'habitude maintenant, je ne me cache plus. Au départ, je suis en première ligne et compte bien partir fort. 7:00, les hostilités sont lancées par l'organisation. Le premier kilomètre se fait en 3'13'', les 2 suivants en 3'45". Autant dire, vite. Nous sommes un groupe d'une quinzaine de coureurs à se détacher avant d'attaquer la descente vers Grand Bassin. 650 m de D- sur 3 km. Presque 10 km/h de moyenne dans un single très technique avec des marches irrégulières, du petit cailloux glissant, des trous, …autant te dire qu'il vaut mieux être concentré. La cheville tourne à 400 m du point bas. Petite frayeur mais ça passe! En avant, à fond, toujours. Le premier kilomètre de montée est régulier avec une pente légère. Par contre, je sens que la transition est difficile. La descente a fait mal. L'organisme n'a pas vraiment eu le temps d'entrer dans l'évènement et je subis un peu…
La montée de Mollaret est réputée. Longue. Dure. En d'autres circonstances, ce serait intéressant. Pas ici! Je suis seul et prends un rythme régulier mais bien en dessous de ce que je prévoyais. Il faut que je respire et que je rentre dans ma course. Au PK11, je suis dans mes objectifs à la minute près et le plus gros est passé. La fin de la montée se fait sur un sentier que j'estimais roulant. Et bien, c'est sans doute ma seule erreur de la journée. Trace boueuse, glissante avec une faible visibilité et de la végétation dense par endroit, me fait perdre 9 min sur 3 kilomètres…remarque, ça ne s'appelle pas "Mare à boue" par hasard. Et sans ça, ce serait quand même moins drôle. Je suis prudent est arrive enfin dans un sentier plus roulant. PK14 est en vue avec son ravitaillement et…un concurrent!
Vue sur le village de Grand Bassin - Image prise d’Internet
Le paysage est magnifique! Verts pâturages avec des chevaux dans un parc, des vaches dans l'autre. C'est vallonné, ça sent la campagne, je suis à la maison. Transporté! Je prends un peu d'eau au ravitaillement avant de me lancer dans les 8 derniers crans. L'estimation était de les effectuer en 35 min, soit à 4'22" du kilomètre. Mais c'était sans compter sur…ma faim! Après 1 heure sans voir personne, le concurrent devant moi devient un objectif. Une cible. Dans ma tête, le couloir se rétrécit considérablement et je ne vois que lui. Lui et son t-shirt rouge. Il n'en fallait pas moins pour que je me mette en chasse. C'est assez fou ce qu'il peut se passer dans ta tête, mais à cet instant, je deviens un prédateur. Le prédateur. Je reviens à sa hauteur, le double et relance. Encore 4 kilomètres et j'aperçois au loin un nouveau concurrent. Les ampoules déclarées au PK10 brûlent, mes abdos semblent se déchirer et ma poitrine me serre. Néanmoins, je relance encore pour le rattraper. Et, enfin, le paysage. Je reconnecte avec la réalité. Moment de légèreté. De sérénité. On voit l'océan en toile de fond. L'arche de la délivrance est sur la droite, à moins d'un kilomètre. C'est presque bon!
J'entre dans le sas d'arrivée. Il me reste 200 mètres. Je me retourne. Il n'y a plus personne. Sur ces 8 derniers kilomètres, avec une moyenne à peine au-dessus des 4 minutes au kilomètre, j'aurais réussi à rattraper 3 coureurs en me faisant mal (vraiment mal) pour arriver au bout.
Le speaker l'annonce: "arrivée en 2 heures 20 minutes et 15 secondes, 8ème au scratch (sur 496 coureurs au départ) et 1er Senior, Guillaume"! Énorme! Comme un gamin, je suis juste super content. Avec un sourire jusque derrière les oreilles! Malgré une marge de progression qui reste…importante (j'ai notamment perdu 5 minutes sur une section facile et fait une montée timide), je suis très satisfait de cette performance et de ce résultat. Le top 10 est là, avec en prime une victoire dans ma catégorie Senior Homme. Une belle journée pour courir.
Merci et bravo à l'Association d'Athlétisme Jacky Murrat ainsi qu'à l'ensemble des bénévoles présents sur cet événement! Encore un grand merci à Coline, qui m'inspire, à Thib's, Paul et Maman pour leurs encouragements et aux copains qui me suivent et me poussent à aller de l'avant!
Prochain rendez-vous, le 15 juillet "à la maison" pour le Trail Rivière des Galets! En attendant, récupération avant de reprendre le travail de fond, la préparation mentale et d'atteindre les objectifs fixés pour ce mois. Juin-juillet-août est la période la plus dense mais aussi la plus ludique de ma préparation à La Diagonale des Fous. Je ne lâche rien et continue de m'amuser. Parce qu'au final, c'est le plus important… [à suivre]
samedi 20 mai 2023
Salazienne - Mai 2023
lundi 1 mai 2023
Objectif Grand Raid de la Réunion 2023
A 6 mois du Grand Raid 2023, voilà l'occasion pour moi de te présenter un peu ce projet sportif. En effet, cette année j'ai décidé de faire une pause professionnelle pour diverses raisons. La principale étant de prendre du temps pour moi, afin que je puisse réfléchir à l'orientation que je souhaite donner à ma vie professionnelle et personnelle après plusieurs années passées en Afrique.
Alors, plutôt que de partir faire le tour du monde en sac à dos (on y reviendra plus tard), j'ai décidé de réaliser un projet qui me tient à cœur depuis que je suis revenu à La Réunion, fin 2021: Vivre, ou plutôt survivre à la Diagonale des Fous. La quoi? Oui, la Diagonale des Fous ou la Diag' pour les intimes! Un ultra-trail (autrement dit, une course d'endurance dans sa version extrême) qui traverse l'île de La Réunion en partant de Saint-Pierre au Sud pour rejoindre le stade de La Redoute à Saint-Denis au Nord. Une aventure de quelques 165 km pour près de 10 000 m de dénivelé!
Pour la petite histoire, il s'agit d'un événement majeur de l’île contribuant à son patrimoine sportif et culturel. Le tracé passe par le Piton de la Fournaise (un des volcans les plus actifs au monde) et par les cirques de Cilaos, Mafate et Salazie. L'ensemble des cirques, pitons et remparts sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le parcours permet donc de découvrir des paysages et une biodiversité unique. Évidemment, le tout dans un contexte tropical, avec ses micro-climats, ses variations de température importantes entre le littoral et les sommets mais aussi entre le jour et la nuit. Parce que oui, les élites mettront un peu moins de 24 heures mais le commun des mortels, lui, s'il a la chance de franchir la ligne d'arrivée (30% d'abandon en moyenne), mettra jusqu'à 66 heures!
Ainsi, mes journées ne seront pas de tout repos puisque ma préparation va m'amener à travailler chaque jour le fond, la technique, le mental, …mais également à m'imposer une rigueur et une discipline de vie, tout cela dans le but d'arriver au bout d'un des trails les plus durs au monde!
Oui, je te vois venir. Tu dois à présent te dire que le garçon a un vrai problème…pas faux. Mais rassure-toi, nous serons plus de 6 500 Fous engagés sur les 4 courses du Grand Raid. Alors, du 19 au 22 octobre prochains, la folie devient normalité ici.
D'autant que même si le projet semble un peu fou, sans doute d'ailleurs, les raisons de me donner les moyens d'y parvenir sont réfléchies et plutôt claires dans ma tête. Je pense évidemment à la recherche du dépassement de soi ; au partage et à la communion avec les coureurs, les bénévoles et les supporteurs ; à l'évasion que la discipline te procure ; mais aussi à une façon différente de découvrir l'île, de goûter à l'ambiance et à la folie du Grand Raid ; … et, au-delà de tout ça, je cherche aussi à en apprendre d'avantage sur moi, sur mes limites, mes peurs, mes aspirations et mes motivations profondes. Ça peut paraître cliché mais être acteur de son existence et donner du sens à ce que l'on vit me semble devenir essentiel dans le contexte actuel. Finalement, plus qu'un projet sportif, ne serait-ce pas une quête spirituelle? Une façon de se réaliser, de grandir encore et d'être en accord avec le petit garçon qui veut continuer de rêver? A vos crayons, vous avez 2 heures!
En conclusion de cette introduction, j'espère t'emmener avec moi le plus loin possible et que tu prendras autant de plaisir que moi à vivre cette aventure extraordinaire, les courbatures en moins!
lundi 3 avril 2023
Boucle du Bassin Vital - Mai 2023
mardi 25 octobre 2022
Trail de Bourbon - Octobre 2022
Résultats Trail de Bourbon 2022
30 ans du Grand Raid : J+1 [FINISHER TDB 2022]
Après 12 mois d’entrainement, de transpiration, de rigueur, de discipline, de sacrifice, de blessure, de frustration, de douleur, de doute, de stress, de démotivation, je suis arrivé au bout des 109 km et 6260 m de D+ du Trail de Bourbon !
Ils m’ont dit « fait péter » ; « tien bo, larg’ pas » ; « nous retrouv’ La Redoute », j’ai répondu « Alloooooons ! ». Détermination et concentration m’auront permis de réaliser un rêve un peu fou. Celui de terminer mon premier ultra-trail !
Sur 1321 coureurs engagés, 868 arriveront à franchir la ligne d’arrivée dans les 42 heures imparties. C’est donc avec une immense fierté que je boucle ce magnifique parcours en 27h33min28s (199è scratch).
Au-delà du résultat, anecdotique, l’aventure a été absolument incroyable ! Tout commençait pourtant assez mal. Le départ depuis Cilaos est décalé par la Direction de course de presque 1 heure en raison des problèmes d’acheminement des coureurs via les navettes. 20h55, l’hymne débute et la seconde vague dans laquelle je me trouve est enfin lâchée ! Les premiers kilomètres s’effectuent dans une ambiance de feu malgré des températures déjà fraiches pour le début de la nuit. Ensuite, première montée vers Caverne Dufour via le Bloc. Humidité, pluie, froid, boue et sol glissant…les conditions rêvées pour débuter. Je commence à prendre conscience de l’ampleur de la tâche qui m’attend. Sans compter sur le fait qu’une douleur au dos s’est réveillée avant le départ et j’éprouve des difficultés à m’alimenter en raison du stress. Cela rend ces 13 premiers kilomètres déjà bien compliqués.
PK25, ravitaillement à Hell-Bourg. Je suis 536è et j’accuse plus d’1h30 de retard sur mon estimatif. Je n’ai pas encore pris 1 minute de plaisir sur les 6h30 de course. Je n’avance pas, je ne rentre pas dans l’évènement, c’est dur, j’hésite à m’arrêter ici. Et puis, le mental, la fierté, l’égo, il se passe un truc. J’arrête la montre et laisse de côté le temps. Se relever et avancer. Je repars sur la route qui descend vers Bras-Marron. C’est roulant, il n’y a plus de trafic, je respire. J’attaque la montée vers Pleine des Merles : 1200 m de D+ sur 10 km, un bon morceau. Je suis concentré et je reprends les choses en main. Pendant un peu plus de 2 heures, je vais compter : 1 - 2 - 3. 1 - 2, respiration ; 3 expiration. Les jambes sont là, la tête aussi, les planètes commencent enfin à s’aligner pour moi. Les premières lueurs du jour me permettent d’apprécier un paysage à couper le souffle. Arrive doucement l’entrée dans le Cirque de Mafate, « mon » terrain de jeu ! On est sur le second tier de course et je vais prendre un plaisir absolument indescriptible pendant près de 40 km. Une véritable délivrance, je prends un rythme régulier, léger, et j’enchaine les montées, les descentes. Je suis bien. Vraiment bien. Comme un sentiment d’être là où il faut. J’espère que ces sensations vont durer le plus longtemps possible !
Avant de sortir de Mafate, je fais une vraie pause à Deux-Bras. Changement complet d’équipement, je fais le plein, je mange, je vois les podologues qui me réparent une ampoule et me soulagent de quelques échauffements sous les pieds. Je ferme les yeux 10 minutes avant d’attaquer le Mur de Dos d’Ane. Une difficulté que je n’appréhende plus, je maitrise l’ensemble des repères : la canalisation qui fuit, les morceaux de parcours à escalader, les échelles, les bambous et finalement les bruits du village. Ce sera ma 15è montée sur les 6 derniers mois. Chrono 1h10. A peine 15 minutes de plus qu’à l’entrainement et avec 71 kilomètres dans les jambes. Pas mal. Maintenant, je suis à la maison. La suite je la connais par cœur : Chemin Ratinaud, Kalla, La Possession. L’ambiance, le monde, la folie du Grand Raid, c’est génial. A partir de là, plus rien ne peut m’arriver…enfin, c’est ce que je pense. Je suis en train d’oublier le principal : rester humble.
Arrive le début de la seconde nuit et le fameux sentier des Anglais. Cassant. Physiquement et moralement cassant. La descente vers la Grande Chaloupe fait mal, très mal. Des coureurs sont couchés sur le côté du chemin, un autre vomi, encore. Certains sont brisés, vidés. Il me reste 15 kilomètres. La montée vers Saint Bernard se passe plutôt bien. Celle vers Colorado, moins. J’ai mal. Je n’y suis plus. Je n’ai plus d’énergie. Je sors de ma course, je regarde les messages de soutien, l’émotion me submerge. Mais pourquoi tu… A peine la question me traverse l’esprit que je me reconcentre. Non. Terminer sous les 30 heures estimées, ne pas craquer. On verra le reste plus tard. Finir sous les 30 heures, ça doit rester et ça restera ma dernière obsession. Au sommet du Colorado, il reste 5 kilomètres de descente technique vers le stade de La Redoute. Vers la délivrance. Ma frontale n’a plus de batterie…gros coup au moral. Je débute la descente avec un petit groupe et profite du halot de leur lumière. Ça ne va pas. Je décide donc d’allumer la lampe de mon portable. 19% de batterie, pourvu que ça tienne encore 1 heure. Le lendemain, je me rendrai compte que j’avais un jeu de piles dans la poche de mon sac. Manque de lucidité ? Stress ? Fatigue ? Bêtise ? On entend le speaker qui annonce les arrivées. Peu importe donc. Je n’ai plus mal.
Il y aura eu plus de 6 500 Fous sur les 4 courses du Grand Raid 2022. 6 500 histoires. Toutes uniques, belles, magiques. Que ce soit pour des motivations personnelles, collectives, solidaires, …chacun l’aura vécu à sa façon. J’ai eu la chance de prendre 110 km de pur plaisir. De terminer dans de bonnes conditions. C’est fou !
Félicitation à nous tous et à l’année prochaine !
Un grand merci au Grand Raid de la Réunion pour toutes les émotions. Merci aux équipes de bénévoles, aux équipes médicales, aux coureurs rencontrés sur les sentiers et à tous les spectateurs pour leurs encouragements sans faille ! Vous faites de cet évènement trail quelque chose d’unique au monde, de rare, de magnifique. J’en garde des étoiles plein les yeux (et quelques courbatures) !
Un immense merci aux collègues, aux copains et à la famille pour le soutien et les encouragements tout au long de l’aventure.
Une pensée toute particulière à Thib’s et Lucie qui étaient présents pour m’encourager au départ, à Célia qui m’a aidé à peaufiner ma préparation physique, à Dadane pour ses encouragements dans les 10 derniers kilomètres, à Jean-Philippe et Cyrille pour leurs précieux conseils, à Valérie pour la logistique d’avant départ et à Sylvette, Fabrice, Laurent et Tatiana pour leur soutien à l’arrivée. Evidemment, merci à Maman et Lulu, mes plus grandes supportrices, pour croire en moi, toujours et encore !
mardi 31 mai 2016
Bienvenue à BanGui'gui
En se rapprochant de notre destination finale, je découvre les premiers signes de vie avec des bouts de piste et quelques petits villages parsemés dans cet immensitude verte. Nous passons à présent au-dessus de l’Oubangui, le fleuve marquant la frontière entre la RCA et la République Démocratique du Congo. La saison des pluies étant bien entamée, le niveau d’eau est élevé mais je devine quelques bancs de sable dignes des plus belles plages de France. Au loin, je peux commencer à admirer les premières collines où quelques nuages y sont restés accrochés. La météo est grise mais il ne pleut pas. Les premières pistes, les premiers villages et les premiers signes de vie se font plus nombreux. Finalement la voilà qui se dévoile, Bangui ! Les premières images de la ville me font rêver. Les routes en latérite sont d’un rouge vif, les maisons forment un damier presque parfait, les gens sont dehors, se déplacent en vélo, à moto ou à pied. Nous passons au-dessus de champs cultivés à moitié inondés par les dernières précipitations. Je sens que l’avion perd de l’altitude et je découvre de plus en plus de détails de la ville. C’est à ce moment que nous survolons un quartier qui me rappelle que dans quelques minutes je vais atterrir dans un pays et dans une ville qui sort d’une guerre et qui a subit de violents affrontements au cours de ses dernières décennies. Le paysage est marqué par les évènements de septembre 2015 qui ont été d’une grande violence. Ici, je ne retrouve aucun signe de vie. Une véritable ville fantôme se dresse sous mes pieds, les rues sont désertes, les maisons détruites, le quartier a été littéralement ravagé. Je me rends compte que la nature a progressivement gagné du terrain sur les ruines de cet arrondissement, signe que les habitants n’ont plus remis les pieds ici depuis plus de 8 mois...
Cette piqûre de rappel me ramène rapidement à la réalité. Le tarmac se dessine peu à peu. Nous nous posons. Le choc est violent. A quelques dizaines de mètres de la piste, des enfants observent notre oiseau de fer. Ici, il n’y a pas de clôture. J’ai l’impression d’atterrir en pleine brousse, pourtant je suis bien à l’aéroport international de la capitale centrafricaine. Plus loin, on retrouve une foule qui attend la permission d’un militaire pour pouvoir traverser la piste. Je comprends vite qu’il s’agit de réfugiés qui « logent » à l’aéroport…ou plutôt dans le camp de l’aéroport. Je découvre rapidement les premières tentes, cabanes en tôles et autres abris de fortune. Comme tout le monde, j’avais déjà vu ces images à la télévision, aux informations ou dans des films, mais aujourd’hui le choc est grand. Le campement est immense, la pauvreté semble atteindre des records et je ne te parle même pas de l’insalubrité. Je n’ose imaginer les conditions de vie de ces pauvres gens.

Le centre-ville est petit. Les bâtiments sont bas. J’ai l’impression d’être dans un grand village. Après avoir pris le petit déjeuné chez Eric, où j’y ai également rencontré François mon N+2 de l’Ambassade et responsable du SCAC (Service de Coopération et d’Activité Culturelle) ainsi que le responsable de l’Alliance Française, Eric me ramène à mon nouveau domicile. Notre villa se situe dans le quartier riche de la ville sur la colline de Bangui. Lorsque nous entamons notre montée, je suis frappé par la hauteur des murs entourant les propriétés et l’ensemble des barbelés qui surmontent ces derniers. J’ai l’impression de passer à côté de prisons hautes sécurités.
Arrivée devant le portail, le gardien nous ouvre et je découvre ma nouvelle maison, notre maison puisque je vais la partager avec Morad et Adrien (VI à l’Ambassade), Laetitia (VI à l’Alliance Française) et Louise (VI à l’Agence Française de Développement). Le cadre est exceptionnel ! La villa se situe sur la colline, au bout de la rue. Nous partageons une immense parcelle avec une autre maison qui héberge le médecin de l’Ambassade. Après avoir franchi le portail, une grande allée se dessine jusqu’à la porte d’entrée de cette belle villa coloniale. Les espaces extérieurs sont bien aménagés mais manquent cruellement d’entretien. Aujourd’hui le bâtiment est vétuste, les coupures d’eau sont fréquentes et je ne te parle même pas de l’électricité. Néanmoins, avec un peu d’imagination, on arrive vite à se projeter quelques décennies en arrière lorsque les banquets étaient réalisés avec toute la haute société de Bangui ! J’allais oublier, nous avons 5 gardiens qui permutent chaque jour et Hervé, l’homme à tout faire de la maison #commentdevenirencoreplusassitéqu’avant : Hervé s’occupe essentiellement de l’entretien de la maison, des courses, de la cuisine et du linge.
Je suis accueilli par Adrien et Louise qui m’aident à m’installer et me propose une petite ballade le long de la colline pour rejoindre l’Ambassade et les terrains de sport où une partie de tennis m’attend. Ma journée se termine par un petit concert à la Brasserie avec Louise où je fais la connaissance de Morad et de la bière locale (pas forcément exceptionnelle mais elle est fraîche et c’est tout ce qu’on lui demande). Nous rentrons avec Louise un peu avant l’heure du couvre-feu et je vais me coucher, épuisé.
Bonne nuit et à très vite pour plus de récits !















