vendredi 30 juin 2023

Point d'étape sur mon projet sportif : survivre à la Diagonale des Fous

 

Illustration Sylvia Duckworth, "L'illusion de l'iceberg" (traduction Jean-Marc Dupont)

Celà fait maintenant 6 mois que je me suis lancé dans le projet Grand Raid 2023. Où est-ce que j'en suis au ⅔ de ma préparation? Comment se construisent mes journées, semaines et mois depuis que j'ai décidé de me consacrer à 100% dans ce projet? A quoi ressemble cette discipline de vie que je m'impose?

A travers ce post, j'ai envie de te donner un petit aperçu de ma préparation et aussi de mon état de forme avant d'entamer le dernier tiers. Parce que non, je ne suis pas en vacances à manger des caris au bord de la plage et boire du rhum arrangé à longueur de journée. Bien au contraire!

Initialement, ma préparation se divisait en 3 grands chapitres: la reprise et préparation physique (janvier, février) ; la technique, le renforcement musculaire et le dénivelé (mars, avril, mai) ; le volume et l'endurance (juin, juillet, août). Les 6 à 4 semaines avant le départ seront quant à elles consacrées à du maintien de forme et de la récupération / régénération du corps et de l'esprit pour arriver sur la ligne de départ dans les meilleures conditions possibles.

Ainsi, mes semaines sont constituées de la façon suivante :
- 2 sorties VTT de 50 à 70 km avec 800 à 1 500 m de dénivelé depuis mi-mars
- 1 à 2 sorties course à pied de 8 à 12 km sur plat
- 1 sortie trail de 20 à 55 km avec 1 000 à 3 500 m de dénivelé
- 1 à 2 séances de PPG (renforcement musculaire) de 45 à 90 min
- 1 heure d'étirement / d'assouplissement par jour
- 1 à 2 séances de glaçage et de massage par jour sur les points sensibles

Côté objectifs, je suis plutôt satisfait de ce que j'ai obtenu jusqu'à présent. Outres mes 3 premiers résultats encourageants sur trail court (dont 2 victoires dans ma catégorie Senior Homme sur la Méga Salazienne et sur le Trail de Grand Bassin Mollaret), j'ai réussi à augmenter progressivement ma charge de travail et à adapter mon corps à cette demande. J'ai construit une routine autour de mon activité sportive, mais aussi de mon bien-être physique et mental, le tout accompagné d'une nutrition adaptée à mes dépenses énergétiques.

Sur mes 6 derniers mois, j'ai ainsi parcouru près de 2 500 km dont 1 500 en VTT, pour plus de 66 000 m de dénivelé positif. Aujourd'hui, j'arrive à un volume de travail intéressant. En plus de la course à pied, des sorties trail et VTT, j'ai ajouté de la marche. Celà me permet notamment de soit récupérer ou au contraire d'avoir une dynamique soutenue et de travailler la gestion de l'effort sur plusieurs heures en montagne. Le mois de juin représente donc :
- 650 km parcourus dont 435 en VTT
18 500 m de dénivelé positif
- 55 heures dehors (hors séances de PPG et étirements qui représentent plus ou moins 35 heures)

En parallèle, je me suis instauré un suivi médical sur certaines périodes clefs avec des passages chez le podologue, l'ostéo' ou encore chez les kinés. De plus, mon alimentation a été quelque peu revue et particulièrement durant les 10 jours précédents un effort de plus de 4 heures. L'objectif étant de constituer des réserves en quantités et qualités optimales pour le jour J.

En conclusion, je me sens en bonne forme et dans une dynamique positive. Physiquement, hormis une petite alerte au niveau de mes tendons d'Achille en début de semaine et une légère gêne au genou gauche, je me sens bien. Mentalement, il y a eu une baisse de motivation fin mai / début juin mais je reviens progressivement avec de nouveaux objectifs à atteindre en juillet et août. Et, pour dire la vérité, j'ai faim. Vraiment faim! Au final, je prends toujours beaucoup de plaisir dans les sentiers Mafatais et ne me lasse pas de mon entraînement croisé avec mes sorties VTT entre mer et montagne. Le terrain de jeu réunionnais est vraiment exceptionnel et j'en prends plein les yeux à chaque fois!

Enfin, je porterai le dossard N°82 et espère bien t'emmener le plus loin possible! Le rêve continue…le travail aussi!

"En avant, à fond, toujours"

mardi 20 juin 2023

Trail de Grand Bassin Mollaret - Juin 2023

Résultat de course, Trail de Grand Bassin - Suunto / Vue sur la chute de Grand Bassin - Image prise d’Internet

Trail de Grand Bassin Mollaret 2023 : J+1 [FINISHER...avec un podium' - parce que c'est vraiment électrisant]

Au programme de ce samedi 17 juin 2023, un parcours historique au Pays du Trail. 22 km pour 1 100 m de dénivelé positif. Le tracé se décompose en 3 sections avec un départ depuis Bois Court sur 3 km roulants, puis une grosse descente de 650 m de D- vers Grand Bassin avant d'attaquer le pétard de la journée, la montée de Mollaret. 1 100 m de D+ sur 5 km avec des morceaux compris entre 40 et 45%! Enfin, la dernière section sera plus roulante avec 8 km de chemin bétonné. Ça va être rapide. Très rapide!

Alors, comme j'en ai pris l'habitude maintenant, je ne me cache plus. Au départ, je suis en première ligne et compte bien partir fort. 7:00, les hostilités sont lancées par l'organisation. Le premier kilomètre se fait en 3'13'', les 2 suivants en 3'45". Autant dire, vite. Nous sommes un groupe d'une quinzaine de coureurs à se détacher avant d'attaquer la descente vers Grand Bassin. 650 m de D- sur 3 km. Presque 10 km/h de moyenne dans un single très technique avec des marches irrégulières, du petit cailloux glissant, des trous, …autant te dire qu'il vaut mieux être concentré. La cheville tourne à 400 m du point bas. Petite frayeur mais ça passe! En avant, à fond, toujours. Le premier kilomètre de montée est régulier avec une pente légère. Par contre, je sens que la transition est difficile. La descente a fait mal. L'organisme n'a pas vraiment eu le temps d'entrer dans l'évènement et je subis un peu…

La montée de Mollaret est réputée. Longue. Dure. En d'autres circonstances, ce serait intéressant. Pas ici! Je suis seul et prends un rythme régulier mais bien en dessous de ce que je prévoyais. Il faut que je respire et que je rentre dans ma course. Au PK11, je suis dans mes objectifs à la minute près et le plus gros est passé. La fin de la montée se fait sur un sentier que j'estimais roulant. Et bien, c'est sans doute ma seule erreur de la journée. Trace boueuse, glissante avec une faible visibilité et de la végétation dense par endroit, me fait perdre 9 min sur 3 kilomètres…remarque, ça ne s'appelle pas "Mare à boue" par hasard. Et sans ça, ce serait quand même moins drôle. Je suis prudent est arrive enfin dans un sentier plus roulant. PK14 est en vue avec son ravitaillement et…un concurrent!

Vue sur le village de Grand Bassin - Image prise d’Internet

Le paysage est magnifique! Verts pâturages avec des chevaux dans un parc, des vaches dans l'autre. C'est vallonné, ça sent la campagne, je suis à la maison. Transporté! Je prends un peu d'eau au ravitaillement avant de me lancer dans les 8 derniers crans. L'estimation était de les effectuer en 35 min, soit à 4'22" du kilomètre. Mais c'était sans compter sur…ma faim! Après 1 heure sans voir personne, le concurrent devant moi devient un objectif. Une cible. Dans ma tête, le couloir se rétrécit considérablement et je ne vois que lui. Lui et son t-shirt rouge. Il n'en fallait pas moins pour que je me mette en chasse. C'est assez fou ce qu'il peut se passer dans ta tête, mais à cet instant, je deviens un prédateur. Le prédateur. Je reviens à sa hauteur, le double et relance. Encore 4 kilomètres et j'aperçois au loin un nouveau concurrent. Les ampoules déclarées au PK10 brûlent, mes abdos semblent se déchirer et ma poitrine me serre. Néanmoins, je relance encore pour le rattraper. Et, enfin, le paysage. Je reconnecte avec la réalité. Moment de légèreté. De sérénité. On voit l'océan en toile de fond. L'arche de la délivrance est sur la droite, à moins d'un kilomètre. C'est presque bon!

J'entre dans le sas d'arrivée. Il me reste 200 mètres. Je me retourne. Il n'y a plus personne. Sur ces 8 derniers kilomètres, avec une moyenne à peine au-dessus des 4 minutes au kilomètre, j'aurais réussi à rattraper 3 coureurs en me faisant mal (vraiment mal) pour arriver au bout.

Le speaker l'annonce: "arrivée en 2 heures 20 minutes et 15 secondes, 8ème au scratch (sur 496 coureurs au départ) et 1er Senior, Guillaume"! Énorme! Comme un gamin, je suis juste super content. Avec un sourire jusque derrière les oreilles! Malgré une marge de progression qui reste…importante (j'ai notamment perdu 5 minutes sur une section facile et fait une montée timide), je suis très satisfait de cette performance et de ce résultat. Le top 10 est là, avec en prime une victoire dans ma catégorie Senior Homme. Une belle journée pour courir.

Merci et bravo à l'Association d'Athlétisme Jacky Murrat ainsi qu'à l'ensemble des bénévoles présents sur cet événement! Encore un grand merci à Coline, qui m'inspire, à Thib's, Paul et Maman pour leurs encouragements et aux copains qui me suivent et me poussent à aller de l'avant!

Prochain rendez-vous, le 15 juillet "à la maison" pour le Trail Rivière des Galets! En attendant, récupération avant de reprendre le travail de fond, la préparation mentale et d'atteindre les objectifs fixés pour ce mois. Juin-juillet-août est la période la plus dense mais aussi la plus ludique de ma préparation à La Diagonale des Fous. Je ne lâche rien et continue de m'amuser. Parce qu'au final, c'est le plus important… [à suivre] 

samedi 20 mai 2023

Salazienne - Mai 2023

 

Préparation des affaires, Méga Salazienne / Résultat de course, Méga Salazienne - Suunto

Alors cette course, comment ça s'est passé? A chaud, je dirais: "Putain, quel pied!"
Maintenant que l'euphorie est quelque peu redescendue: "Mais putain, quel pied!"

Oui! Comme moi, tu ne rêves pas: c'est l'énorme surprise! J'ai bouclé ses 53 km pour 3 400 m de dénivelé annoncés en 7 heures 30 minutes et 38 secondes! Avec 1 heure d'avance sur mon meilleur objectif, je termine 3ème au général et 1er de ma catégorie d'âge (senior homme) sur 423 coureurs inscrits. Au pays du trail running, sur un parcours aussi exigeant que la Méga Salazienne et après 18 mois de pratique, il s'agit pour moi d'un "truc de fou"!

Mais revenons un peu sur ma course. Le départ est donné à 3 heures du matin dans une ambiance conviviale. Les premiers kilomètres sont roulants et le rythme imposé par les "gazelles" me convient bien. Je me retrouve donc dans un petit groupe de tête composé d'une douzaine de coureurs. L'écart avec le peloton se creuse rapidement et les 10 premiers kilomètres sont réalisés en moins de 55 minutes.

Viennent ensuite les premières pentes. Elles sont régulières et s'effectuent sur un chemin forestier qui permet de courir. Néanmoins, notre groupe s'étire un peu et je reste avec 2 coureurs. Dans une descente je prends la trace de notre meneur, Benjamin (1er), et nous resterons ensemble pendant plusieurs kilomètres. Trop fort pour moi, je n'arrive pas à prendre de relais et m'efforce de garder la cadence. Néanmoins, je l'observe et j'apprends beaucoup sur sa posture, sa technique en descente ainsi que sur ses relances en montée. Impressionnant, je comprends vite que ce garçon est un sacré client (infos coureur: 14ème de la Diag' 2021 et premier réunionnais). Je me laisse donc naturellement décrocher avant d'être récupéré par Nicolas (4e). Nous ferons presque toute l'ascension vers Caverne Mussard (PK18) ensemble. Je reste dans ma bulle et anime cette montée. Et quelle montée! Elle est longue. Très longue.

Une fois au sommet, 2 choses. Les premières lueurs arrivent. Il est presque 6h00 et le lever du soleil promet d'être un sacré spectacle. Par contre, comme je le redoutais, le terrain est complètement détrempé, boueux, glissant. La descente demande une concentration importante. Je prends un peu d'avance sur Nicolas mais nous nous retrouvons au ravitaillement de Belouve (PK23). Nous échangeons un mot puis je décide de repartir rapidement. La descente se fait bien, mais je reste prudent. J'essaie d'être le plus relâché possible tout en gardant une attention élevée sur mes appuis. Cela ne m'empêchera pas une belle chute mais sans gravité: j'étais déjà bien sale de toute façon. Le jour s'est levé, je croise les premiers randonneurs et avec eux les premiers encouragements. C'est plaisant d'autant que je me sens bien, les sensations sont là, les jambes et la tête aussi. Le paysage aide, le cirque de Salazie est absolument magnifique!

Vue sur le cirque de Salazie depuis le Col des Boeufs

Je continue donc seul entre chemins forestiers, singles plus ou moins techniques, racines et cailloux. Au ravitaillement de Bras Marron (PK34), l'organisation m'annonce la troisième position. Je ne comprends pas, j'effectue mon ravitaillement en eau et repars. Le parcours est plutôt roulant avant d'attaquer le second pétard vers Plaine des Merles. Nouveau ravitaillement et nouvelle annonce de "troisième position". Il me faudra encore quelques minutes. Je percute. C'est mon classement depuis 10 kilomètres! Je pensais être dans le top 10 mais pas sur le podium à ce moment de la course. Je ne m'enflamme pas, ça me fait même sourire! Je fais en sorte de rester dans ma course, de ne pas me perdre à imaginer quoique ce soit et à garder en tête les objectifs fixés, à savoir un finish en 8h30 (et peut-être moins en fonction des conditions à venir). La course est encore longue, tout peut arriver et je ne sais pas où en sont mes poursuivants. Je me dis plutôt que je risque de m'effondrer dans la seconde partie de la montée. D'autant qu'elle ne m'avait pas laissé un super souvenir en octobre dernier.

Grand Sable, on m'annonce toujours 3e avec 5 min de retard sur le second. L'organisation et même les randonneurs que je croise me donnent à chaque fois les estimatifs de passage et redoublent les encouragements. Clairement, courir en tête est une toute nouvelle dimension pour moi et j'adore! C'est…électrisant. On est à PK42 et je me sens toujours bien. Les mots de Valérie, de Thib's, de Paul, de Coline, de la famille, de mes voisins et des copains vont raisonner dans ma tête jusqu'à la ligne d'arrivée: "ne lâche pas cette place". C'est à partir de ce moment que je réalise que j'ai le potentiel pour le faire. Que mes premiers mois de préparation et de sacrifices ne sont pas vains. Que le travail paie. Que je ne suis pas là par hasard. Cette prise de conscience est accompagnée d'une émotion forte que j'ai dû mal à contenir. Les yeux embrumés, je me recentre vite et entre dans une toute autre phase psychologique: hargneux, j'attaque chaque nouveau pas comme un mort de faim! Le mode combattant est lancé.

Je reprends une grosse cadence et relance à chaque fois que c'est possible pour finir cette ascension. D'autant que ma stratégie de course voulait que j'ai suffisamment d'énergie et de lucidité à PK46 pour terminer fort. Au vu de ma détermination et de mes sensations, ça devrait promettre. Les 8 derniers crans étant roulants et descendants! Je carbure et commence à apercevoir Grand Ilet. Après 25 kilomètres seul, je double quelques coureurs des courses Mini et Salazienne. Mais voila, à 1km de la délivrance, je loupe une bifurcation et perds 1 min…un habitant m'avertit et je fais rapidement demi-tour pour relancer une ultime fois et ne pas me laisser rattraper sur la ligne!

Finalement, j'aurais un peu plus de 12 minutes d'avance sur Nicolas (4e). Encore mieux, je suis à 16 secondes, un gros 100 m, d'Elysée (2e). Je passe la ligne d'arrivée. Le temps s'arrête. Quelles sensations incroyables! Les émotions à ce moment se bousculent. Elles sont indescriptibles! Je n'en reviens pas! il va falloir me pincer…mais pas tout de suite. Je profite!

Un grand merci à l'AC Salazie et à l'ensemble des organisateurs, partenaires, bénévoles et supporters! Félicitation à tous les coureurs et amoureux de ce sport. Merci pour cette fête et pour les belles rencontres de la journée! A bientôt sur les sentiers pour continuer ces moments de partage et à en prendre plein les yeux.

La suite? Profiter des choses simples (oui, une bière bien tassée) et prendre 3 jours de repos, avant que ça ne recommence. Prochain rendez-vous, le 17 juin à Grand Bassin!

lundi 1 mai 2023

Objectif Grand Raid de la Réunion 2023

Affiche Grand Raid de La Réunion 2023 - Le Grand Raid

A 6 mois du Grand Raid 2023, voilà l'occasion pour moi de te présenter un peu ce projet sportif. En effet, cette année j'ai décidé de faire une pause professionnelle pour diverses raisons. La principale étant de prendre du temps pour moi, afin que je puisse réfléchir à l'orientation que je souhaite donner à ma vie professionnelle et personnelle après plusieurs années passées en Afrique.

Alors, plutôt que de partir faire le tour du monde en sac à dos (on y reviendra plus tard), j'ai décidé de réaliser un projet qui me tient à cœur depuis que je suis revenu à La Réunion, fin 2021: Vivre, ou plutôt survivre à la Diagonale des Fous. La quoi? Oui, la Diagonale des Fous ou la Diag' pour les intimes! Un ultra-trail (autrement dit, une course d'endurance dans sa version extrême) qui traverse l'île de La Réunion en partant de Saint-Pierre au Sud pour rejoindre le stade de La Redoute à Saint-Denis au Nord. Une aventure de quelques 165 km pour près de 10 000 m de dénivelé! 

Pour la petite histoire, il s'agit d'un événement majeur de l’île contribuant à son patrimoine sportif et culturel. Le tracé passe par le Piton de la Fournaise (un des volcans les plus actifs au monde) et par les cirques de Cilaos, Mafate et Salazie. L'ensemble des cirques, pitons et remparts sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Le parcours permet donc de découvrir des paysages et une biodiversité unique. Évidemment, le tout dans un contexte tropical, avec ses micro-climats, ses variations de température importantes entre le littoral et les sommets mais aussi entre le jour et la nuit. Parce que oui, les élites mettront un peu moins de 24 heures mais le commun des mortels, lui, s'il a la chance de franchir la ligne d'arrivée (30% d'abandon en moyenne), mettra jusqu'à 66 heures!

Ainsi, mes journées ne seront pas de tout repos puisque ma préparation va m'amener à travailler chaque jour le fond, la technique, le mental, …mais également à m'imposer une rigueur et une discipline de vie, tout cela dans le but d'arriver au bout d'un des trails les plus durs au monde! 

Oui, je te vois venir. Tu dois à présent te dire que le garçon a un vrai problème…pas faux. Mais rassure-toi, nous serons plus de 6 500 Fous engagés sur les 4 courses du Grand Raid. Alors, du 19 au 22 octobre prochains, la folie devient normalité ici.

D'autant que même si le projet semble un peu fou, sans doute d'ailleurs, les raisons de me donner les moyens d'y parvenir sont réfléchies et plutôt claires dans ma tête. Je pense évidemment à la recherche du dépassement de soi ; au partage et à la communion avec les coureurs, les bénévoles et les supporteurs ; à l'évasion que la discipline te procure ; mais aussi à une façon différente de découvrir l'île, de goûter à l'ambiance et à la folie du Grand Raid ; … et, au-delà de tout ça, je cherche aussi à en apprendre d'avantage sur moi, sur mes limites, mes peurs, mes aspirations et mes motivations profondes. Ça peut paraître cliché mais être acteur de son existence et donner du sens à ce que l'on vit me semble devenir essentiel dans le contexte actuel. Finalement, plus qu'un projet sportif, ne serait-ce pas une quête spirituelle? Une façon de se réaliser, de grandir encore et d'être en accord avec le petit garçon qui veut continuer de rêver? A vos crayons, vous avez 2 heures!

En conclusion de cette introduction, j'espère t'emmener avec moi le plus loin possible et que tu prendras autant de plaisir que moi à vivre cette aventure extraordinaire, les courbatures en moins!

lundi 3 avril 2023

Boucle du Bassin Vital - Mai 2023

Résultat de course, Boucle du Bassin Vital - Suunto / Vue sur le Bassin Vital - Image prise d’Internet

Ce premier trail officiel de l'année est pour moi un bon test pour voir où j’en suis après 3 mois de préparation générale. 

Les conditions météo des derniers jours ont été assez difficiles avec beaucoup de pluie. Après une reconnaissance du parcours, l’organisation décide de maintenir la course mais nous prévient déjà: les sols sont détrempés, ça va être boueux et très glissant. La plus grande vigilance est donc de mise. Moi qui n’aime pas ces conditions, je sens que je vais déguster.

Plus que 5 minutes avant le départ. J’essaie de me placer haut dans le peloton. Je suis en seconde ligne. J’ai opté pour un départ rapide car les premiers kilomètres sont très roulants. D’abord sur du bitume, puis sur sentier et dans le fond d’une ravine. Ensuite? Mmm…j’improviserai!

Top départ! Je me lance dans ma saison 2023 avec entrain! 3 minutes 45 pour avaler le premier kilomètre et me retrouver avec la tête de course. Jusqu'au moment d’aborder la ravine, je suis bien. Un peu rapide mais bien. C’est en entrant dans le lit de la rivière que je découvre les premières difficultés. Il n’y a pas d'eau, seulement d’immenses rochers sur lesquels chaque appuis se révèlent glissant. Je tombe une fois, sans gravité mais la confiance prend un coup. Je dois prendre mon mal en patience…

Enfin, je sors de ce passage et peux relancer. La première bosse se passe très bien et je suis dans le Top 10 au premier tiers de course. La seconde bosse se monte bien malgré quelques difficultés. Entre la chaleur et l'humidité qui commencent à ressortir et mon manque de tempo, je sens que je risque d’y laisser des plumes. Finalement, c’est dans la descente que je perds le plus de temps. Glissante, je préfère lever le pied et assurer mes appuis.

Avant d’attaquer la difficulté de la journée, le petit pétard à + 430 m, je suis quelques peu dans le dur. Je vais essayer de faire une montée régulière mais je n’ai plus d'énergie. C’est dur. J’arrive malgré tout au sommet à la 30è place. Moi qui espérais un Top 50, j’ai le sourire et me sens mieux. Encore une descente avant d’en finir avec cette boucle. Je ne la connais pas et espère qu’elle ne ressemblera pas aux deux premières…finalement, elle est plutôt roulante et bien moins technique. 

J’entre dans le jardin botanique et commence à entrevoir la ligne d'arrivée. Moment de soulagement et de fierté. Je termine ce premier test avec un bon retour d'expérience et une bonne évaluation de mes capacités actuelles. Conclusion: il va encore y avoir du travail…et pas qu’un peu!

Un beau parcours malgré un terrain difficile, une superbe organisation, des bénévoles au top et un résultat plus que satisfaisant à la clef. Merci à Sylvette d'être venue!

mardi 25 octobre 2022

Trail de Bourbon - Octobre 2022

Résultats Trail de Bourbon 2022

30 ans du Grand Raid : J+1 [FINISHER TDB 2022]

Après 12 mois d’entrainement, de transpiration, de rigueur, de discipline, de sacrifice, de blessure, de frustration, de douleur, de doute, de stress, de démotivation, je suis arrivé au bout des 109 km et 6260 m de D+ du Trail de Bourbon !

Ils m’ont dit « fait péter » ; « tien bo, larg’ pas » ; « nous retrouv’ La Redoute », j’ai répondu « Alloooooons ! ». Détermination et concentration m’auront permis de réaliser un rêve un peu fou. Celui de terminer mon premier ultra-trail !

Sur 1321 coureurs engagés, 868 arriveront à franchir la ligne d’arrivée dans les 42 heures imparties. C’est donc avec une immense fierté que je boucle ce magnifique parcours en 27h33min28s (199è scratch).

Au-delà du résultat, anecdotique, l’aventure a été absolument incroyable ! Tout commençait pourtant assez mal. Le départ depuis Cilaos est décalé par la Direction de course de presque 1 heure en raison des problèmes d’acheminement des coureurs via les navettes. 20h55, l’hymne débute et la seconde vague dans laquelle je me trouve est enfin lâchée ! Les premiers kilomètres s’effectuent dans une ambiance de feu malgré des températures déjà fraiches pour le début de la nuit. Ensuite, première montée vers Caverne Dufour via le Bloc. Humidité, pluie, froid, boue et sol glissant…les conditions rêvées pour débuter. Je commence à prendre conscience de l’ampleur de la tâche qui m’attend. Sans compter sur le fait qu’une douleur au dos s’est réveillée avant le départ et j’éprouve des difficultés à m’alimenter en raison du stress. Cela rend ces 13 premiers kilomètres déjà bien compliqués.

PK25, ravitaillement à Hell-Bourg. Je suis 536è et j’accuse plus d’1h30 de retard sur mon estimatif. Je n’ai pas encore pris 1 minute de plaisir sur les 6h30 de course. Je n’avance pas, je ne rentre pas dans l’évènement, c’est dur, j’hésite à m’arrêter ici. Et puis, le mental, la fierté, l’égo, il se passe un truc. J’arrête la montre et laisse de côté le temps. Se relever et avancer. Je repars sur la route qui descend vers Bras-Marron. C’est roulant, il n’y a plus de trafic, je respire. J’attaque la montée vers Pleine des Merles : 1200 m de D+ sur 10 km, un bon morceau. Je suis concentré et je reprends les choses en main. Pendant un peu plus de 2 heures, je vais compter : 1 - 2 - 3. 1 - 2, respiration ; 3 expiration. Les jambes sont là, la tête aussi, les planètes commencent enfin à s’aligner pour moi. Les premières lueurs du jour me permettent d’apprécier un paysage à couper le souffle. Arrive doucement l’entrée dans le Cirque de Mafate, « mon » terrain de jeu ! On est sur le second tier de course et je vais prendre un plaisir absolument indescriptible pendant près de 40 km. Une véritable délivrance, je prends un rythme régulier, léger, et j’enchaine les montées, les descentes. Je suis bien. Vraiment bien. Comme un sentiment d’être là où il faut. J’espère que ces sensations vont durer le plus longtemps possible !

Avant de sortir de Mafate, je fais une vraie pause à Deux-Bras. Changement complet d’équipement, je fais le plein, je mange, je vois les podologues qui me réparent une ampoule et me soulagent de quelques échauffements sous les pieds. Je ferme les yeux 10 minutes avant d’attaquer le Mur de Dos d’Ane. Une difficulté que je n’appréhende plus, je maitrise l’ensemble des repères : la canalisation qui fuit, les morceaux de parcours à escalader, les échelles, les bambous et finalement les bruits du village. Ce sera ma 15è montée sur les 6 derniers mois. Chrono 1h10. A peine 15 minutes de plus qu’à l’entrainement et avec 71 kilomètres dans les jambes. Pas mal. Maintenant, je suis à la maison. La suite je la connais par cœur : Chemin Ratinaud, Kalla, La Possession. L’ambiance, le monde, la folie du Grand Raid, c’est génial. A partir de là, plus rien ne peut m’arriver…enfin, c’est ce que je pense. Je suis en train d’oublier le principal : rester humble.

Arrive le début de la seconde nuit et le fameux sentier des Anglais. Cassant. Physiquement et moralement cassant. La descente vers la Grande Chaloupe fait mal, très mal. Des coureurs sont couchés sur le côté du chemin, un autre vomi, encore. Certains sont brisés, vidés. Il me reste 15 kilomètres. La montée vers Saint Bernard se passe plutôt bien. Celle vers Colorado, moins. J’ai mal. Je n’y suis plus. Je n’ai plus d’énergie. Je sors de ma course, je regarde les messages de soutien, l’émotion me submerge. Mais pourquoi tu… A peine la question me traverse l’esprit que je me reconcentre. Non. Terminer sous les 30 heures estimées, ne pas craquer. On verra le reste plus tard. Finir sous les 30 heures, ça doit rester et ça restera ma dernière obsession. Au sommet du Colorado, il reste 5 kilomètres de descente technique vers le stade de La Redoute. Vers la délivrance. Ma frontale n’a plus de batterie…gros coup au moral. Je débute la descente avec un petit groupe et profite du halot de leur lumière. Ça ne va pas. Je décide donc d’allumer la lampe de mon portable. 19% de batterie, pourvu que ça tienne encore 1 heure. Le lendemain, je me rendrai compte que j’avais un jeu de piles dans la poche de mon sac. Manque de lucidité ? Stress ? Fatigue ? Bêtise ? On entend le speaker qui annonce les arrivées. Peu importe donc. Je n’ai plus mal.

Il y aura eu plus de 6 500 Fous sur les 4 courses du Grand Raid 2022. 6 500 histoires. Toutes uniques, belles, magiques. Que ce soit pour des motivations personnelles, collectives, solidaires, …chacun l’aura vécu à sa façon. J’ai eu la chance de prendre 110 km de pur plaisir. De terminer dans de bonnes conditions. C’est fou !

Félicitation à nous tous et à l’année prochaine !

Un grand merci au Grand Raid de la Réunion pour toutes les émotions. Merci aux équipes de bénévoles, aux équipes médicales, aux coureurs rencontrés sur les sentiers et à tous les spectateurs pour leurs encouragements sans faille ! Vous faites de cet évènement trail quelque chose d’unique au monde, de rare, de magnifique. J’en garde des étoiles plein les yeux (et quelques courbatures) !

Un immense merci aux collègues, aux copains et à la famille pour le soutien et les encouragements tout au long de l’aventure.

Une pensée toute particulière à Thib’s et Lucie qui étaient présents pour m’encourager au départ, à Célia qui m’a aidé à peaufiner ma préparation physique, à Dadane pour ses encouragements dans les 10 derniers kilomètres, à Jean-Philippe et Cyrille pour leurs précieux conseils, à Valérie pour la logistique d’avant départ et à Sylvette, Fabrice, Laurent et Tatiana pour leur soutien à l’arrivée. Evidemment, merci à Maman et Lulu, mes plus grandes supportrices, pour croire en moi, toujours et encore !

mardi 31 mai 2016

Bienvenue à BanGui'gui

Samedi 14 mai 2016 - 7h45, le réveil sonne. Il est temps pour moi de me lever, rassembler mes affaires et faire mes au-revoir à la famille. Direction l’aéroport de Paris Charles-de-Gaule pour cette nouvelle aventure sur le continent africain.

Afficher l'image d'origine La vie rêvée de Walter Mitty


Mon plan de vol me fait faire une première escale à Casablanca, puis une seconde à Douala, sur la côte camerounaise. Après plus de 20 heures de voyage, le jour se lève. Nous sortons des nuages et je découvre enfin ma destination finale, la République Centrafrique (RCA). Les premiers paysages sont absolument incroyables ! Le vert domine l’ensemble de ce décor, la forêt semble infinie, la végétation luxuriante et de nombreuses veines hydrauliques animent ce paysage et apportent des teintes de couleurs plus sombres. La brume se faufile à travers les arbres, la rosée du matin inonde les prairies. A travers mon hublot, je ne peux m’empêcher d’être en admiration devant ce spectacle.

En se rapprochant de notre destination finale, je découvre les premiers signes de vie avec des bouts de piste et quelques petits villages parsemés dans cet immensitude verte. Nous passons à présent au-dessus de l’Oubangui, le fleuve marquant la frontière entre la RCA et la République Démocratique du Congo. La saison des pluies étant bien entamée, le niveau d’eau est élevé mais je devine quelques bancs de sable dignes des plus belles plages de France. Au loin, je peux commencer à admirer les premières collines où quelques nuages y sont restés accrochés. La météo est grise mais il ne pleut pas. Les premières pistes, les premiers villages et les premiers signes de vie se font plus nombreux. Finalement la voilà qui se dévoile, Bangui ! Les premières images de la ville me font rêver. Les routes en latérite sont d’un rouge vif, les maisons forment un damier presque parfait, les gens sont dehors, se déplacent en vélo, à moto ou à pied. Nous passons au-dessus de champs cultivés à moitié inondés par les dernières précipitations. Je sens que l’avion perd de l’altitude et je découvre de plus en plus de détails de la ville. C’est à ce moment que nous survolons un quartier qui me rappelle que dans quelques minutes je vais atterrir dans un pays et dans une ville qui sort d’une guerre et qui a subit de violents affrontements au cours de ses dernières décennies. Le paysage est marqué par les évènements de septembre 2015 qui ont été d’une grande violence. Ici, je ne retrouve aucun signe de vie. Une véritable ville fantôme se dresse sous mes pieds, les rues sont désertes, les maisons détruites, le quartier a été littéralement ravagé. Je me rends compte que la nature a progressivement gagné du terrain sur les ruines de cet arrondissement, signe que les habitants n’ont plus remis les pieds ici depuis plus de 8 mois...

Cette piqûre de rappel me ramène rapidement à la réalité. Le tarmac se dessine peu à peu. Nous nous posons. Le choc est violent. A quelques dizaines de mètres de la piste, des enfants observent notre oiseau de fer. Ici, il n’y a pas de clôture. J’ai l’impression d’atterrir en pleine brousse, pourtant je suis bien à l’aéroport international de la capitale centrafricaine. Plus loin, on retrouve une foule qui attend la permission d’un militaire pour pouvoir traverser la piste. Je comprends vite qu’il s’agit de réfugiés qui « logent » à l’aéroport…ou plutôt dans le camp de l’aéroport. Je découvre rapidement les premières tentes, cabanes en tôles et autres abris de fortune. Comme tout le monde, j’avais déjà vu ces images à la télévision, aux informations ou dans des films, mais aujourd’hui le choc est grand. Le campement est immense, la pauvreté semble atteindre des records et je ne te parle même pas de l’insalubrité. Je n’ose imaginer les conditions de vie de ces pauvres gens.

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Photo du camp de M'Poko - Image prise d'Internet


L’avion arrive en gare et entame sa manœuvre. J’aperçois les premiers Casques Bleus. Nous descendons enfin de notre 737 pour rejoindre le tarmac. La chaleur est supportable, en revanche le taux d’humidité est élevé et je me retrouve vite en nage. Arrivé à terre, je me sens quelques peu désorienté. Nous sommes au milieu de la piste, l’aéroport se trouve à 200 bons mètres de là. D’un côté, je retrouve les Casques Bleus, de l’autre des militaires français. Un groupe est en train de décharger un avion-cargo. Un peu plus loin, l’armée de terre fait de la maintenance sur ses hélicoptères Pumas. Je me rends dans le hall des arrivées où l’on me prend en photo, vérifie mes vaccins, me fait remplir le classique formulaire des arrivées avant de passer les premiers contrôles de passeport. La pièce est toute petite. Je n’aurai jamais pensé qu’un aéroport comme celui-là pourrait être la structure principale d’un pays aussi grand que la RCA. Après avoir passé les différents postes de contrôle, j’accède enfin à mes bagages. C’est ici que je retrouve Eric, mon N+1 à l’Ambassade. Nous faisons connaissance sur le trajet. J’essaie de trouver des points de repère mais ce n’est clairement pas le Sénégal. Les militaires sont présents à tous les coins de rue, entre les Nations Unies, les Casques Bleus, l’Armée française, la MINUSCA, l’Armée locale et les gendarmes, les blindés et autres grosses voitures se suivent et se ressemblent. Les personnes que nous croisons dans la rue ne semblent pas aussi souriantes et accueillantes qu’au pays de la Teranga. Je commence à me demander où est-ce que j’ai bien pu mettre les pieds.
"Bienvenue à Bangui"
 

Le centre-ville est petit. Les bâtiments sont bas. J’ai l’impression d’être dans un grand village. Après avoir pris le petit déjeuné chez Eric, où j’y ai également rencontré François mon N+2 de l’Ambassade et responsable du SCAC (Service de Coopération et d’Activité Culturelle) ainsi que le responsable de l’Alliance Française, Eric me ramène à mon nouveau domicile. Notre villa se situe dans le quartier riche de la ville sur la colline de Bangui. Lorsque nous entamons notre montée, je suis frappé par la hauteur des murs entourant les propriétés et l’ensemble des barbelés qui surmontent ces derniers. J’ai l’impression de passer à côté de prisons hautes sécurités.

Arrivée devant le portail, le gardien nous ouvre et je découvre ma nouvelle maison, notre maison puisque je vais la partager avec Morad et Adrien (VI à l’Ambassade), Laetitia (VI à l’Alliance Française) et Louise (VI à l’Agence Française de Développement). Le cadre est exceptionnel ! La villa se situe sur la colline, au bout de la rue. Nous partageons une immense parcelle avec une autre maison qui héberge le médecin de l’Ambassade. Après avoir franchi le portail, une grande allée se dessine jusqu’à la porte d’entrée de cette belle villa coloniale. Les espaces extérieurs sont bien aménagés mais manquent cruellement d’entretien. Aujourd’hui le bâtiment est vétuste, les coupures d’eau sont fréquentes et je ne te parle même pas de l’électricité. Néanmoins, avec un peu d’imagination, on arrive vite à se projeter quelques décennies en arrière lorsque les banquets étaient réalisés avec toute la haute société de Bangui ! J’allais oublier, nous avons 5 gardiens qui permutent chaque jour et Hervé, l’homme à tout faire de la maison #commentdevenirencoreplusassitéqu’avant : Hervé s’occupe essentiellement de l’entretien de la maison, des courses, de la cuisine et du linge.


Bienvenue à la villa 

 
 
Notre véhicule - ancienne ambulance




La piscine... Vide


Notre petite paillote


Je suis accueilli par Adrien et Louise qui m’aident à m’installer et me propose une petite ballade le long de la colline pour rejoindre l’Ambassade et les terrains de sport où une partie de tennis m’attend. Ma journée se termine par un petit concert à la Brasserie avec Louise où je fais la connaissance de Morad et de la bière locale (pas forcément exceptionnelle mais elle est fraîche et c’est tout ce qu’on lui demande). Nous rentrons avec Louise un peu avant l’heure du couvre-feu et je vais me coucher, épuisé.

Bonne nuit et à très vite pour plus de récits !