lundi 18 septembre 2023

Point d'étape à 30 jours du départ de la Diagonale des Fous

 

Le départ du Grand Raid 2019 à la Ravine Blanche à Saint-Pierre ©Imaz press, Outre-mer la 1ère, Francetvinfo

Dans tout pile un mois, je serai à Saint-Pierre au milieu de près de 2900 Fous pour l'événement de l'année à la Réunion: le départ de la Diag'. Mais avant ça, il s'agit de bien gérer la dernière ligne droite de mon projet sportif car elle est importante. Ce n'est en effet pas le moment de paniquer et de faire n'importe quoi. Je termine donc ma phase de volume et d'endurance plutôt sereinement avec encore 1 ou 2 sorties longues dans Mafate dont une nocturne. A partir du 27 septembre, j'entrerai dans la phase de maintien de forme et de récupération / régénération. Parce que oui, la préparation a été longue et ce n'est pas le moment de se blesser en voulant en faire trop. Au contraire, il est venu le temps d'être aux petits soins afin de préparer mon corps et mon esprit à cette grande aventure. L'idée étant d'arriver dans les meilleures conditions possibles sur la ligne de départ. J'ai donc prévu :

- 1 passage chez David, mon ostéopathe, 3 semaines avant le départ,

- 2 séances par semaine avec Mathilde, ma kiné, pour de la récupération (massages et presso thérapie) et encore un peu de renforcement,

- de continuer mes sorties VTT ainsi que la course à pied sur terrain plat,

- de compenser mes sorties trail par de la randonnée dynamique,

- et, évidemment, de continuer mes séances d'étirement et de "méditation" pour entrer doucement dans ma bulle.

Côté santé, je débute une cure de probiotiques de 30 jours afin de renforcer ma flore intestinale. Cela devrait m'éviter quelques troubles digestifs, jamais très sympas quand tu te retrouves au milieu du peloton…#situvoiscequejeveuxdire.

Je suis à nouveau plus stricte au niveau de mon alimentation et de mes temps de repos / sieste. Concrètement, après avoir profité de l'après Saint-Jeoire pour une bonne bière, un restaurant et surtout un rougail saucisses devant le spectacle des baleines, je vais revenir à quelque chose de plus adapté. Terminés les restaurants, l'alcool, la caféine / théine, la crème fraîche, la viande rouge, et réduction de ma consommation d'aliments acides, gras mais aussi de gluten, de lactose ou encore d'huile dans mes plats. Comme la publicité le dit, évitez de manger trop gras, trop salé et trop sucré. Ce sera légumes à volonté, féculents et protéines animales (poisson, viande maigre, poulet, …) ou végétales (tofu, galettes de légumes, …). Concernant le sommeil, le coucher se fait à 21h30 pour un levé à 6h00 et 2 siestes sont toujours au programme (30 min en fin de matinée et 60 à 90 min en milieu d'après-midi).

A partir de J-10, je débuterai une cure énergie le matin à base de gingembre, gelée royale, guarana et ginseng. Et, à partir de J-7, mon alimentation sera revue pour d'abord épuiser mes réserves en glycogène avant de les reconstruire en quantité suffisante et qualité optimale (ce régime a déjà été testé et il porte ses fruits).

Je continue également de préparer mes pieds pour éviter les ampoules. J'utilise un tanan afin de renforcer, tanner et durcir la peau des pieds (à appliquer une fois par jour). Une semaine avant le départ, j'ajouterai une hydratation de la plante des pieds afin de la rendre plus souple et d'éviter les ampoules / échauffements durant l'effort (à appliquer 1 fois par jour en plus du tanan). Encore merci à Thib's pour ces précieux conseils!

Côté tendons, l'accent est toujours mis sur le renforcement, les massages aux huiles essentielles matin et soir et nous avons ajouté l'utilisation d'ondes de chocs avec Mathilde pour stimuler et accélérer la guérison des parties sensibles. Pour l'heure, je ne suis plus vraiment gêné (espérons que cela dure).

Enfin, avec mon assistance 5 étoiles Coline, nous allons commencer à préparer et à planifier ma course. Temps de passages, gestion de l'équipement, de l'alimentation, des ravitaillements, …on va encore un peu bûcher pour aller le plus loin possible et partager ensemble une belle aventure.

Pour terminer ce point, j'aimerais te partager une citation qui en dira long sur ce que je vis depuis le mois de janvier et le début de ce projet:

"Gagner, ce n’est pas terminer premier. Ce n’est pas battre les autres. Gagner, c’est se vaincre soi-même, dompter son corps, apprivoiser ses limites et ses peurs. Gagner, c’est se dépasser et transformer ses rêves en réalité", Courir ou mourir, Kilian JORNET

Rendez-vous à Saint-Pierre sur la ligne de départ !

vendredi 1 septembre 2023

Trail de Saint-Jeoire - Août 2023

Préparation des affaires post course / Résultat de course, Trail de Saint-Jeoire - Suunto

Trail de Saint-Jeoire : J+4 [FINISHER]

11 heures, 21 minutes et 31 secondes. C'est le temps qu'il m'aura fallu pour arriver au bout de cette première édition du Trail de Saint-Jeoire (format L de 77 km pour 5 500 m de dénivelé). Je rentre ainsi dans mon objectif de 12 heures et décroche la 11è place au général, le tout, sans bâton. 92 coureurs étaient au départ. Seuls 62 ont franchi la ligne d'arrivée. Une trace exigeante. Des conditions météorologiques chaotiques. Beaucoup de dénivelé et des pourcentages de pentes élevés. Un sentier qui s'est dégradé et est devenu extrêmement glissant. Des élevages à traverser et des Patous à éviter. Voilà qui explique, en partie, le taux important d'abandon.

Pour ma part, rien n'a fonctionné comme je l'avais prévu. Ou, disons plutôt que je me suis rendu la tâche plus que difficile, notamment dû à un manque cruel d'humilité face à l'événement. En effet, trop confiant, j'ai effectué un départ rapide et je n'ai absolument pas respecté mon plan de course. Quand tu ne connais pas le terrain et que tu as plus de 3 000 de D+ en moins de 30 km, tu as plutôt intérêt à gérer ce premier tiers. Au lieu de quoi, j'ai voulu partir fort pour rester avec le groupe de tête…c'était une grossière erreur que j'ai payé pendant un long moment. Je n'arrivais ni à entrer dans ma course, ni à trouver mon rythme, ni à être relâché dans mes efforts. Le parcours n'aura aidé en rien et les fortes pentes qui composaient les 2 pétards de la journée (le Môle puis les montagnes du Sommand et la Pointe Perret) ont fait mal. Très mal! Je pense avoir connu les pires 28 kilomètres depuis que j'ai débuté le trail, il y a 2 ans. Absence d'énergie en montée. Souffrance en descente. Un sentier cassant, physiquement et mentalement. De gros passages à vide. Une remise en question générale. En bref, du négatif, une motivation en berne et des jambes aux abonnés absents. La préparation était pourtant bonne mais je me suis trompé dans l'approche mentale. Et quand rien ne va, rien ne va. Peu après 10 heure, il a commencé à pleuvoir…et cela, 5 heures durant. Finalement, être autant dans le dur est sans doute la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Quand tu touches le fond, il paraît que tu remontes. C'est physique.

Dans mon cas, j'ai donc été contraint à être patient, à trouver des ressources et à montrer du caractère. C'est ainsi qu'il m'aura fallu près de 4 heures (et/ou un bon coup de jus après avoir touché une clôture électrifiée?) pour enfin trouver des jambes et renverser cette dynamique. J'ai donc repris l'idée de départ: être régulier, aborder les montées un cran en dessous, rester fluide dans les descentes, oublier le temps et l'ambition démesurée d'un podium (d'autant que les coureurs de tête étaient vraiment trop forts, avec 4 finishers sous les 10h00. Moi qui pensais que ça se jouerait dans les 10h15 / 10h30…énorme bravo à eux!). Résultat, j'ai réussi à me libérer. Mieux encore, j'ai commencé à prendre du plaisir et à vraiment m'amuser. Paradoxalement, c'est quand les conditions se sont dégradées que j'ai enfin sorti la tête de l'eau…les bénévoles, la Team assistance et les encouragements des copains ainsi que le terrain de jeu m'auront donné un bon sursaut de motivation!

Après 35 kilomètres satisfaisants, la fin de parcours aura tout de même été longue. Les jambes n'étaient plus vraiment au rendez-vous, notamment à cause de mon mauvais premier tiers de course. Cependant, j'ai eu la chance de courir les 10 derniers kilomètres avec un ciel dégagé et des vues incroyables sur les montagnes alentours. C'était magnifique! L'arrivée dans Saint-Jeoire et le dernier kilomètre ont été une véritable libération. J'étais content d'en finir et de retrouver la famille, avec le sourire!

Au final, le retour d'expérience est grand et va me permettre d'apprendre de mes erreurs à tout juste 50 jours du départ du Grand Raid.

Les points de satisfaction:

- Mon prévisionnel sur l'ensemble du parcours: j'étais dans les temps sur tous mes ravitaillements et je termine seulement 6 minutes après ce que j'avais planifié.

- Les Salomon Pulsar Trail: chaussures légères, confortables et dynamiques. Je n'ai eu aucune gêne sur l'ensemble de l'événement.

- La stratégie alimentaire: petite difficulté à m'alimenter lors des 2 premières heures de courses. Par la suite, les purées et gels ont très bien été acceptés par mon organisme. La soupe à PK48 et PK60 m'a fait le plus grand bien. La gaufre aura été l'instant réconfortant de la journée.

- L'assistance: un confort incroyable et une source de motivation non négligeable.

- La préparation des pieds: aucune ampoule malgré 5 heures de pluie.

- La préparation physique avec Mathilde (Kinésithérapeute Sport Péi) et David (Ostéopathe): uniquement une légère gêne au tendon d'Achille gauche au départ. Pas de gros bobos à froid.

Un grand bravo à l'association Saint-Jeoire Trail Festival et à l'ensemble des bénévoles présents pour nous avoir fait vivre un super moment!

Merci à vous tous pour vos messages d'encouragement! Un merci tout particulier à la Team Assistance (Papa, Maman et Lulu), à Thib's, à Jean-Lou et sa Famille ainsi qu'à ma Chérie Coline! Vous avez été au top du top, comme bien souvent!

Désormais, place à la récupération avant d'entamer la dernière ligne droite de mon projet sportif. Je vous donne donc d'ores-et-déjà rendez-vous le 19 octobre prochain pour l'événement de l'année

jeudi 20 juillet 2023

Trail de la Rivière des Galets - Juillet 2023

Résultat de course, Trail de la Rivière des Galets - Suunto / Vue sur la Rivière des Galets

Trail de la Rivière des Galets 2023 : J+1 [FINISHER…avec un podium'' - parce que jamais deux sans trois]

Que dire de cette édition 2023 ? L'ambiance lé là. Une lampe frontale. Un départ canon. A fond. Une ascension. Des vues époustouflantes. Un 10K rapide. Une descente glissante. A fond. L'humidité élevée. Une rivière piégeuse. Un mur toujours plus vertical. A fond. Le dépassement de soi. La libération. Une arrivée pleine d'émotions. La sensation. Oui, tout ça mérite bien d'être débriefé !

L'an passé, je bouclais ce parcours en 4h41. Étant donné ma préparation actuelle, je visais donc 4h05 en sachant que je pouvais faire mieux si j'étais dans un bon jour. Résultat ? J'ai réuni les conditions nécessaires pour être dans un Grand jour. Je termine les 40 km pour 1 800 m de dénivelé en…3 heures 51 minutes et 36 secondes ! En prime, j'accroche un podium en terminant 5è au général sur 840 inscrits et 3è de ma catégorie. Une performance à laquelle je ne m'attendais clairement pas mais que je suis allé chercher en me dépassant et en sortant de ma zone de confort. La clef de cette réussite ? Toujours rester à fond, à fond, à fond (merci Lulu).

Le fil de la course : WE de Fête Nationale, stade Nelson Mandela, départ samedi à 6:00.

Le profil de la course est roulant sur les 3 premiers kilomètres. Je pars donc en imprimant un rythme élevé et mène le peloton sur le premier kilomètre. L'idée étant d'être dans le groupe de tête avant d'aborder la première montée et d'atteindre la Canalisation des Orangers. A PK3, je suis aux alentours de la douzième place et entre dans ma bulle. La course est lancée. Régulier, je passe ces 650 premiers mètres de D+ dans de bonnes conditions et je suis content de retrouver le sentier de la Canalisation pour pouvoir lâcher les chevaux. Mais d'abord, la Canalisation, c'est quoi ? 10 km roulants perchés à mi-distance entre le sommet et le pied du rempart donnant sur Mafate. Le sentier est incroyable et offre des vues à couper le souffle sur le cirque. A chaque fois, je suis un peu plus sous le charme et cette carte postale me transcende. Le jour est maintenant levé. Je range ma frontale et démarre les choses sérieuses.

Après 45 minutes d'un petit footing à flanc de falaise, vient la descente vers les Lataniers. Il a plu ces dernières heures et les "escaliers de Mafate" sont encore plus glissants que d'habitude. Il faut donc être prudent. Je me sens bien, les jambes sont légères et je n'ai aucune gêne, ni au genou, ni aux tendons. En plus, j'ai 5 minutes d'avance sur mon objectif. Dans le top 10 à ce moment, j'ai le plein de confiance. Je décide donc de faire l'opposé des consignes de départ en prenant quelques risques pour rejoindre le plus rapidement possible le bas de la Rivière des Galets. Et ça passe. Ça passe crème même! Je retrouve un concurrent qui a eu moins de facilité que moi dans ces passages techniques. Je le double et relance pour effectuer les 5 km qui me mèneront à Deux-Bras en solo. Et heureusement que j'étais seul parce que j'ai pris 2 gamelles dans l'eau qui auraient mérité de passer dans le Bêtisier…comme le niveau de l'eau a bien monté et qu'elle est assez brune, on est obligé de se mouiller les pieds. Sauf que c'est glissant. Sauf qu'il y a du courant. Tu imagines la suite ? Bah oui, tu te retrouves vite à l'eau pour un bain…vivifiant. Après plusieurs traversées plus ou moins laborieuses, je rejoins Deux-Bras et la difficulté de la journée : le Mur de Dos d'Âne.

Vue sur l'entrée dans Mafate par la Canalisation des Orangers

L'organisation m'annonce être 7è à 3 minutes de mon plus proche concurrent. Je ne m'enflamme pas, je connais trop bien cette ascension et je sais que les 850 m de positif ne vont pas se faire si facilement. D'autant que je sens qu'après être passé dans l'eau froide, les mollets sont comme tétanisés et je crains un début de crampe. Et je ne te parle pas de l'ampoule qui s'est formée et qui a littéralement explosé sur un cailloux de la rivière 15 minutes plus tôt… Je commence donc en sous-régime et décide d'attendre de voir comment mon corps réagit après 15 min. L'idée étant de ne pas me faire rejoindre et de garder ce top 10 avant d'attaquer la dernière descente vers l'arrivée. Au fil des minutes, je me sens de mieux en mieux. Je commence à relancer et je rentre dans un rythme de montée plus élevé. Je rattrape le 6è qui n'arrive pas à m'accrocher. Je le distance et arrive au sommet en même temps que le 5è. Il m'aura fallu une cinquantaine de minutes pour grimper le Mur. Je suis en feu !

Il me reste désormais 8 crans que je connais par cœur. Je regarde le chrono, je suis en avance de 9 minutes à PK30 sur mon objectif. En faisant une grosse descente, je serai sous les 4 heures et pourrai entrevoir un podium. Que demander de plus pour manger le sentier de Bord ? Je carbure et me rends compte que je prends un maximum de plaisir ! C'est génial. A 1 km de l'arrivée, je me retourne. Il n'y a personne derrière moi. Je peux relâcher mon effort et en profiter !

Ils étaient annoncés comme favoris chez les hommes, bravo au trio de tête et au vainqueur qui réalise un temps impressionnant, pour ne pas dire monstrueux: 3h27min23s. Félicitations à l'ensemble des coureurs et bravo à l'association A2RDG. Une nouvelle fois, un immense merci aux équipes de bénévoles qui nous orientent, nous ravitaillent et nous encouragent. Ils sont plein d'énergie positive et nous, on en profite en prenant un maximum de plaisir. Merci pour le ravitaillement improvisé dans la descente du sentier de Bord. Et merci aux photographes qui sont là chaque WE pour nous donner de superbes images. C'est exceptionnel et ça représente parfaitement la passion du trail-running à La Réunion !

Une dédicace spéciale aux Copains d'Afrique Marine, Jean-Lou et leurs enfants pour m'avoir soutenu. Les retrouvailles à l'arrivée ont été la plus belle des récompenses de la journée! Et merci aux habitués qui me suivent et m'encouragent. Sans vous, les résultats ne seraient probablement pas aussi positifs !

Prochain rendez-vous, fin août, en Allemagne. Bist du bereit ?

vendredi 30 juin 2023

Point d'étape sur mon projet sportif : survivre à la Diagonale des Fous

 

Illustration Sylvia Duckworth, "L'illusion de l'iceberg" (traduction Jean-Marc Dupont)

Celà fait maintenant 6 mois que je me suis lancé dans le projet Grand Raid 2023. Où est-ce que j'en suis au ⅔ de ma préparation? Comment se construisent mes journées, semaines et mois depuis que j'ai décidé de me consacrer à 100% dans ce projet? A quoi ressemble cette discipline de vie que je m'impose?

A travers ce post, j'ai envie de te donner un petit aperçu de ma préparation et aussi de mon état de forme avant d'entamer le dernier tiers. Parce que non, je ne suis pas en vacances à manger des caris au bord de la plage et boire du rhum arrangé à longueur de journée. Bien au contraire!

Initialement, ma préparation se divisait en 3 grands chapitres: la reprise et préparation physique (janvier, février) ; la technique, le renforcement musculaire et le dénivelé (mars, avril, mai) ; le volume et l'endurance (juin, juillet, août). Les 6 à 4 semaines avant le départ seront quant à elles consacrées à du maintien de forme et de la récupération / régénération du corps et de l'esprit pour arriver sur la ligne de départ dans les meilleures conditions possibles.

Ainsi, mes semaines sont constituées de la façon suivante :
- 2 sorties VTT de 50 à 70 km avec 800 à 1 500 m de dénivelé depuis mi-mars
- 1 à 2 sorties course à pied de 8 à 12 km sur plat
- 1 sortie trail de 20 à 55 km avec 1 000 à 3 500 m de dénivelé
- 1 à 2 séances de PPG (renforcement musculaire) de 45 à 90 min
- 1 heure d'étirement / d'assouplissement par jour
- 1 à 2 séances de glaçage et de massage par jour sur les points sensibles

Côté objectifs, je suis plutôt satisfait de ce que j'ai obtenu jusqu'à présent. Outres mes 3 premiers résultats encourageants sur trail court (dont 2 victoires dans ma catégorie Senior Homme sur la Méga Salazienne et sur le Trail de Grand Bassin Mollaret), j'ai réussi à augmenter progressivement ma charge de travail et à adapter mon corps à cette demande. J'ai construit une routine autour de mon activité sportive, mais aussi de mon bien-être physique et mental, le tout accompagné d'une nutrition adaptée à mes dépenses énergétiques.

Sur mes 6 derniers mois, j'ai ainsi parcouru près de 2 500 km dont 1 500 en VTT, pour plus de 66 000 m de dénivelé positif. Aujourd'hui, j'arrive à un volume de travail intéressant. En plus de la course à pied, des sorties trail et VTT, j'ai ajouté de la marche. Celà me permet notamment de soit récupérer ou au contraire d'avoir une dynamique soutenue et de travailler la gestion de l'effort sur plusieurs heures en montagne. Le mois de juin représente donc :
- 650 km parcourus dont 435 en VTT
18 500 m de dénivelé positif
- 55 heures dehors (hors séances de PPG et étirements qui représentent plus ou moins 35 heures)

En parallèle, je me suis instauré un suivi médical sur certaines périodes clefs avec des passages chez le podologue, l'ostéo' ou encore chez les kinés. De plus, mon alimentation a été quelque peu revue et particulièrement durant les 10 jours précédents un effort de plus de 4 heures. L'objectif étant de constituer des réserves en quantités et qualités optimales pour le jour J.

En conclusion, je me sens en bonne forme et dans une dynamique positive. Physiquement, hormis une petite alerte au niveau de mes tendons d'Achille en début de semaine et une légère gêne au genou gauche, je me sens bien. Mentalement, il y a eu une baisse de motivation fin mai / début juin mais je reviens progressivement avec de nouveaux objectifs à atteindre en juillet et août. Et, pour dire la vérité, j'ai faim. Vraiment faim! Au final, je prends toujours beaucoup de plaisir dans les sentiers Mafatais et ne me lasse pas de mon entraînement croisé avec mes sorties VTT entre mer et montagne. Le terrain de jeu réunionnais est vraiment exceptionnel et j'en prends plein les yeux à chaque fois!

Enfin, je porterai le dossard N°82 et espère bien t'emmener le plus loin possible! Le rêve continue…le travail aussi!

"En avant, à fond, toujours"

mardi 20 juin 2023

Trail de Grand Bassin Mollaret - Juin 2023

Résultat de course, Trail de Grand Bassin - Suunto / Vue sur la chute de Grand Bassin - Image prise d’Internet

Trail de Grand Bassin Mollaret 2023 : J+1 [FINISHER...avec un podium' - parce que c'est vraiment électrisant]

Au programme de ce samedi 17 juin 2023, un parcours historique au Pays du Trail. 22 km pour 1 100 m de dénivelé positif. Le tracé se décompose en 3 sections avec un départ depuis Bois Court sur 3 km roulants, puis une grosse descente de 650 m de D- vers Grand Bassin avant d'attaquer le pétard de la journée, la montée de Mollaret. 1 100 m de D+ sur 5 km avec des morceaux compris entre 40 et 45%! Enfin, la dernière section sera plus roulante avec 8 km de chemin bétonné. Ça va être rapide. Très rapide!

Alors, comme j'en ai pris l'habitude maintenant, je ne me cache plus. Au départ, je suis en première ligne et compte bien partir fort. 7:00, les hostilités sont lancées par l'organisation. Le premier kilomètre se fait en 3'13'', les 2 suivants en 3'45". Autant dire, vite. Nous sommes un groupe d'une quinzaine de coureurs à se détacher avant d'attaquer la descente vers Grand Bassin. 650 m de D- sur 3 km. Presque 10 km/h de moyenne dans un single très technique avec des marches irrégulières, du petit cailloux glissant, des trous, …autant te dire qu'il vaut mieux être concentré. La cheville tourne à 400 m du point bas. Petite frayeur mais ça passe! En avant, à fond, toujours. Le premier kilomètre de montée est régulier avec une pente légère. Par contre, je sens que la transition est difficile. La descente a fait mal. L'organisme n'a pas vraiment eu le temps d'entrer dans l'évènement et je subis un peu…

La montée de Mollaret est réputée. Longue. Dure. En d'autres circonstances, ce serait intéressant. Pas ici! Je suis seul et prends un rythme régulier mais bien en dessous de ce que je prévoyais. Il faut que je respire et que je rentre dans ma course. Au PK11, je suis dans mes objectifs à la minute près et le plus gros est passé. La fin de la montée se fait sur un sentier que j'estimais roulant. Et bien, c'est sans doute ma seule erreur de la journée. Trace boueuse, glissante avec une faible visibilité et de la végétation dense par endroit, me fait perdre 9 min sur 3 kilomètres…remarque, ça ne s'appelle pas "Mare à boue" par hasard. Et sans ça, ce serait quand même moins drôle. Je suis prudent est arrive enfin dans un sentier plus roulant. PK14 est en vue avec son ravitaillement et…un concurrent!

Vue sur le village de Grand Bassin - Image prise d’Internet

Le paysage est magnifique! Verts pâturages avec des chevaux dans un parc, des vaches dans l'autre. C'est vallonné, ça sent la campagne, je suis à la maison. Transporté! Je prends un peu d'eau au ravitaillement avant de me lancer dans les 8 derniers crans. L'estimation était de les effectuer en 35 min, soit à 4'22" du kilomètre. Mais c'était sans compter sur…ma faim! Après 1 heure sans voir personne, le concurrent devant moi devient un objectif. Une cible. Dans ma tête, le couloir se rétrécit considérablement et je ne vois que lui. Lui et son t-shirt rouge. Il n'en fallait pas moins pour que je me mette en chasse. C'est assez fou ce qu'il peut se passer dans ta tête, mais à cet instant, je deviens un prédateur. Le prédateur. Je reviens à sa hauteur, le double et relance. Encore 4 kilomètres et j'aperçois au loin un nouveau concurrent. Les ampoules déclarées au PK10 brûlent, mes abdos semblent se déchirer et ma poitrine me serre. Néanmoins, je relance encore pour le rattraper. Et, enfin, le paysage. Je reconnecte avec la réalité. Moment de légèreté. De sérénité. On voit l'océan en toile de fond. L'arche de la délivrance est sur la droite, à moins d'un kilomètre. C'est presque bon!

J'entre dans le sas d'arrivée. Il me reste 200 mètres. Je me retourne. Il n'y a plus personne. Sur ces 8 derniers kilomètres, avec une moyenne à peine au-dessus des 4 minutes au kilomètre, j'aurais réussi à rattraper 3 coureurs en me faisant mal (vraiment mal) pour arriver au bout.

Le speaker l'annonce: "arrivée en 2 heures 20 minutes et 15 secondes, 8ème au scratch (sur 496 coureurs au départ) et 1er Senior, Guillaume"! Énorme! Comme un gamin, je suis juste super content. Avec un sourire jusque derrière les oreilles! Malgré une marge de progression qui reste…importante (j'ai notamment perdu 5 minutes sur une section facile et fait une montée timide), je suis très satisfait de cette performance et de ce résultat. Le top 10 est là, avec en prime une victoire dans ma catégorie Senior Homme. Une belle journée pour courir.

Merci et bravo à l'Association d'Athlétisme Jacky Murrat ainsi qu'à l'ensemble des bénévoles présents sur cet événement! Encore un grand merci à Coline, qui m'inspire, à Thib's, Paul et Maman pour leurs encouragements et aux copains qui me suivent et me poussent à aller de l'avant!

Prochain rendez-vous, le 15 juillet "à la maison" pour le Trail Rivière des Galets! En attendant, récupération avant de reprendre le travail de fond, la préparation mentale et d'atteindre les objectifs fixés pour ce mois. Juin-juillet-août est la période la plus dense mais aussi la plus ludique de ma préparation à La Diagonale des Fous. Je ne lâche rien et continue de m'amuser. Parce qu'au final, c'est le plus important… [à suivre] 

samedi 20 mai 2023

Salazienne - Mai 2023

 

Préparation des affaires, Méga Salazienne / Résultat de course, Méga Salazienne - Suunto

Alors cette course, comment ça s'est passé? A chaud, je dirais: "Putain, quel pied!"
Maintenant que l'euphorie est quelque peu redescendue: "Mais putain, quel pied!"

Oui! Comme moi, tu ne rêves pas: c'est l'énorme surprise! J'ai bouclé ses 53 km pour 3 400 m de dénivelé annoncés en 7 heures 30 minutes et 38 secondes! Avec 1 heure d'avance sur mon meilleur objectif, je termine 3ème au général et 1er de ma catégorie d'âge (senior homme) sur 423 coureurs inscrits. Au pays du trail running, sur un parcours aussi exigeant que la Méga Salazienne et après 18 mois de pratique, il s'agit pour moi d'un "truc de fou"!

Mais revenons un peu sur ma course. Le départ est donné à 3 heures du matin dans une ambiance conviviale. Les premiers kilomètres sont roulants et le rythme imposé par les "gazelles" me convient bien. Je me retrouve donc dans un petit groupe de tête composé d'une douzaine de coureurs. L'écart avec le peloton se creuse rapidement et les 10 premiers kilomètres sont réalisés en moins de 55 minutes.

Viennent ensuite les premières pentes. Elles sont régulières et s'effectuent sur un chemin forestier qui permet de courir. Néanmoins, notre groupe s'étire un peu et je reste avec 2 coureurs. Dans une descente je prends la trace de notre meneur, Benjamin (1er), et nous resterons ensemble pendant plusieurs kilomètres. Trop fort pour moi, je n'arrive pas à prendre de relais et m'efforce de garder la cadence. Néanmoins, je l'observe et j'apprends beaucoup sur sa posture, sa technique en descente ainsi que sur ses relances en montée. Impressionnant, je comprends vite que ce garçon est un sacré client (infos coureur: 14ème de la Diag' 2021 et premier réunionnais). Je me laisse donc naturellement décrocher avant d'être récupéré par Nicolas (4e). Nous ferons presque toute l'ascension vers Caverne Mussard (PK18) ensemble. Je reste dans ma bulle et anime cette montée. Et quelle montée! Elle est longue. Très longue.

Une fois au sommet, 2 choses. Les premières lueurs arrivent. Il est presque 6h00 et le lever du soleil promet d'être un sacré spectacle. Par contre, comme je le redoutais, le terrain est complètement détrempé, boueux, glissant. La descente demande une concentration importante. Je prends un peu d'avance sur Nicolas mais nous nous retrouvons au ravitaillement de Belouve (PK23). Nous échangeons un mot puis je décide de repartir rapidement. La descente se fait bien, mais je reste prudent. J'essaie d'être le plus relâché possible tout en gardant une attention élevée sur mes appuis. Cela ne m'empêchera pas une belle chute mais sans gravité: j'étais déjà bien sale de toute façon. Le jour s'est levé, je croise les premiers randonneurs et avec eux les premiers encouragements. C'est plaisant d'autant que je me sens bien, les sensations sont là, les jambes et la tête aussi. Le paysage aide, le cirque de Salazie est absolument magnifique!

Vue sur le cirque de Salazie depuis le Col des Boeufs

Je continue donc seul entre chemins forestiers, singles plus ou moins techniques, racines et cailloux. Au ravitaillement de Bras Marron (PK34), l'organisation m'annonce la troisième position. Je ne comprends pas, j'effectue mon ravitaillement en eau et repars. Le parcours est plutôt roulant avant d'attaquer le second pétard vers Plaine des Merles. Nouveau ravitaillement et nouvelle annonce de "troisième position". Il me faudra encore quelques minutes. Je percute. C'est mon classement depuis 10 kilomètres! Je pensais être dans le top 10 mais pas sur le podium à ce moment de la course. Je ne m'enflamme pas, ça me fait même sourire! Je fais en sorte de rester dans ma course, de ne pas me perdre à imaginer quoique ce soit et à garder en tête les objectifs fixés, à savoir un finish en 8h30 (et peut-être moins en fonction des conditions à venir). La course est encore longue, tout peut arriver et je ne sais pas où en sont mes poursuivants. Je me dis plutôt que je risque de m'effondrer dans la seconde partie de la montée. D'autant qu'elle ne m'avait pas laissé un super souvenir en octobre dernier.

Grand Sable, on m'annonce toujours 3e avec 5 min de retard sur le second. L'organisation et même les randonneurs que je croise me donnent à chaque fois les estimatifs de passage et redoublent les encouragements. Clairement, courir en tête est une toute nouvelle dimension pour moi et j'adore! C'est…électrisant. On est à PK42 et je me sens toujours bien. Les mots de Valérie, de Thib's, de Paul, de Coline, de la famille, de mes voisins et des copains vont raisonner dans ma tête jusqu'à la ligne d'arrivée: "ne lâche pas cette place". C'est à partir de ce moment que je réalise que j'ai le potentiel pour le faire. Que mes premiers mois de préparation et de sacrifices ne sont pas vains. Que le travail paie. Que je ne suis pas là par hasard. Cette prise de conscience est accompagnée d'une émotion forte que j'ai dû mal à contenir. Les yeux embrumés, je me recentre vite et entre dans une toute autre phase psychologique: hargneux, j'attaque chaque nouveau pas comme un mort de faim! Le mode combattant est lancé.

Je reprends une grosse cadence et relance à chaque fois que c'est possible pour finir cette ascension. D'autant que ma stratégie de course voulait que j'ai suffisamment d'énergie et de lucidité à PK46 pour terminer fort. Au vu de ma détermination et de mes sensations, ça devrait promettre. Les 8 derniers crans étant roulants et descendants! Je carbure et commence à apercevoir Grand Ilet. Après 25 kilomètres seul, je double quelques coureurs des courses Mini et Salazienne. Mais voila, à 1km de la délivrance, je loupe une bifurcation et perds 1 min…un habitant m'avertit et je fais rapidement demi-tour pour relancer une ultime fois et ne pas me laisser rattraper sur la ligne!

Finalement, j'aurais un peu plus de 12 minutes d'avance sur Nicolas (4e). Encore mieux, je suis à 16 secondes, un gros 100 m, d'Elysée (2e). Je passe la ligne d'arrivée. Le temps s'arrête. Quelles sensations incroyables! Les émotions à ce moment se bousculent. Elles sont indescriptibles! Je n'en reviens pas! il va falloir me pincer…mais pas tout de suite. Je profite!

Un grand merci à l'AC Salazie et à l'ensemble des organisateurs, partenaires, bénévoles et supporters! Félicitation à tous les coureurs et amoureux de ce sport. Merci pour cette fête et pour les belles rencontres de la journée! A bientôt sur les sentiers pour continuer ces moments de partage et à en prendre plein les yeux.

La suite? Profiter des choses simples (oui, une bière bien tassée) et prendre 3 jours de repos, avant que ça ne recommence. Prochain rendez-vous, le 17 juin à Grand Bassin!

lundi 1 mai 2023

Objectif Grand Raid de la Réunion 2023

Affiche Grand Raid de La Réunion 2023 - Le Grand Raid

A 6 mois du Grand Raid 2023, voilà l'occasion pour moi de te présenter un peu ce projet sportif. En effet, cette année j'ai décidé de faire une pause professionnelle pour diverses raisons. La principale étant de prendre du temps pour moi, afin que je puisse réfléchir à l'orientation que je souhaite donner à ma vie professionnelle et personnelle après plusieurs années passées en Afrique.

Alors, plutôt que de partir faire le tour du monde en sac à dos (on y reviendra plus tard), j'ai décidé de réaliser un projet qui me tient à cœur depuis que je suis revenu à La Réunion, fin 2021: Vivre, ou plutôt survivre à la Diagonale des Fous. La quoi? Oui, la Diagonale des Fous ou la Diag' pour les intimes! Un ultra-trail (autrement dit, une course d'endurance dans sa version extrême) qui traverse l'île de La Réunion en partant de Saint-Pierre au Sud pour rejoindre le stade de La Redoute à Saint-Denis au Nord. Une aventure de quelques 165 km pour près de 10 000 m de dénivelé! 

Pour la petite histoire, il s'agit d'un événement majeur de l’île contribuant à son patrimoine sportif et culturel. Le tracé passe par le Piton de la Fournaise (un des volcans les plus actifs au monde) et par les cirques de Cilaos, Mafate et Salazie. L'ensemble des cirques, pitons et remparts sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Le parcours permet donc de découvrir des paysages et une biodiversité unique. Évidemment, le tout dans un contexte tropical, avec ses micro-climats, ses variations de température importantes entre le littoral et les sommets mais aussi entre le jour et la nuit. Parce que oui, les élites mettront un peu moins de 24 heures mais le commun des mortels, lui, s'il a la chance de franchir la ligne d'arrivée (30% d'abandon en moyenne), mettra jusqu'à 66 heures!

Ainsi, mes journées ne seront pas de tout repos puisque ma préparation va m'amener à travailler chaque jour le fond, la technique, le mental, …mais également à m'imposer une rigueur et une discipline de vie, tout cela dans le but d'arriver au bout d'un des trails les plus durs au monde! 

Oui, je te vois venir. Tu dois à présent te dire que le garçon a un vrai problème…pas faux. Mais rassure-toi, nous serons plus de 6 500 Fous engagés sur les 4 courses du Grand Raid. Alors, du 19 au 22 octobre prochains, la folie devient normalité ici.

D'autant que même si le projet semble un peu fou, sans doute d'ailleurs, les raisons de me donner les moyens d'y parvenir sont réfléchies et plutôt claires dans ma tête. Je pense évidemment à la recherche du dépassement de soi ; au partage et à la communion avec les coureurs, les bénévoles et les supporteurs ; à l'évasion que la discipline te procure ; mais aussi à une façon différente de découvrir l'île, de goûter à l'ambiance et à la folie du Grand Raid ; … et, au-delà de tout ça, je cherche aussi à en apprendre d'avantage sur moi, sur mes limites, mes peurs, mes aspirations et mes motivations profondes. Ça peut paraître cliché mais être acteur de son existence et donner du sens à ce que l'on vit me semble devenir essentiel dans le contexte actuel. Finalement, plus qu'un projet sportif, ne serait-ce pas une quête spirituelle? Une façon de se réaliser, de grandir encore et d'être en accord avec le petit garçon qui veut continuer de rêver? A vos crayons, vous avez 2 heures!

En conclusion de cette introduction, j'espère t'emmener avec moi le plus loin possible et que tu prendras autant de plaisir que moi à vivre cette aventure extraordinaire, les courbatures en moins!