vendredi 15 mars 2024

Jeu de Coline #5: Le rire

 

Notre hébergement insolite Mafatais

Peut-on rire de tout et dans n’importe quelle situation? Pour cette thématique, je t'emmène non pas dans une de mes sorties trail mais plutôt dans une aventure à deux (la toute première d’ailleur), dans les sentiers Mafatais. Parce que la préparation, c’est aussi de la marche pendant de longues heures en montagne, la découverte de nouveaux paysages, le plaisir de prendre le temps et, évidemment, la joie de se retrouver en pleine nature pour passer la nuit. Sans un bain dans la rivière glacée, un dîner au coin du feu et une nuit en tente, l’aventure ne serait pas l’aventure!

Sauf que moi, j’ai pris l’habitude de partir ultra léger. Du coup, j’optimise au maximum les choses. Et quand elle me demande de prendre la tente, je pèse le packtage, j'évalue les besoins et je prends la meilleure décision possible pour le porteur. Ce jour, j’ai décrété que les sardines ne serviraient à rien puisque nous serons dans la tente (principe de la tente auto-portée). J'enlève donc toute cette ferraille inutile. Nous partons ainsi, léger! Arrive alors la fin de journée et le moment de monter la dite tente. Première étape, faire un lit de feuilles et d'épines pour le confort des hôtes. Seconde étape, déplier la tente. Troisième étape, monter les arceaux. Les arceaux, quels arceaux? Oui, les arceaux. Les trucs en ferraille qui permettent à la tente d’avoir sa structure. Les arceaux. M*@#€, les arceaux! Bon, Chérie, ne t’enerves pas mais je crois que j’ai fait une boulette… Je revois la scène à la maison. Je revois la satisfaction sur mon visage de porter un sac léger. Je comprends. Elle comprend. Je stresse. Quelle va être sa réaction? Énervement? Colère? On est à 2 heures de l’îlet le plus proche, il fait nuit dans 45 minutes, on a déjà marché 5 heures…je m’attends à une crise. Et…bah non. Elle, elle explose de rire! Tu l’auras compris, ça n’arrête pas notre aventurière en herbe qui remobilise ses troupes: on va réfléchir, trouver une solution viable ou dormir à la belle étoile (en gros, elle ne fera pas un pas de plus ce soir). Mon diagnostique: je suis frileux. Mon sac de couchage n’est pas hyper efficace. Il devient urgent de trouver de quoi faire une structure!

Voilà comment nous avons revu notre hébergement en case insolite en plein coeur de Mafate. Côté technique, on oublie les cours de méca-structure de l’IUT…il aura fallu replonger plus loin dans les livres de confection de cabanes (merci à mes voisins Billy et Davy pour le partage) pour sortir cette magnifique structure à laquelle nous avons facilement accroché notre toile de tente! Accessoirement, nous avons passé une agréable nuit.

On a bien rigolé et c’est précisément ce jour où j’ai su qu’Elle ferait une Assistante “5 étoiles” dans mes prochaines aventures (et qu’il sera facile de rire de tout, même si celà semblait mal engagé au départ)!

mercredi 6 mars 2024

Une ambition affichée pour 2024: confirmer

 

Objectifs saison trail-running 2024

Après une première saison intense, l’heure est à la confirmation. En plus de mon retour d’expérience, je vais m’appuyer sur un Diplôme Universitaire en trail-running (analyse, performance, encadrement et santé) que je prépare à l’Université de La Réunion depuis novembre dernier. J'espère ainsi améliorer ma préparation, progresser dans ma planification et gagner en maturité.

De plus, je compte sur ma rigueur et mon organisation pour aller chercher de belles performances tout en continuant à prendre du plaisir et à m'amuser. Pour ce faire, je vais devoir monter d’un cran mon niveau d'engagement et de détermination. Au quotidien, je sais que je peux d’ores-et-déjà compter sur les professionnels de santé qui me suivent ainsi que sur l’ensemble de vos encouragements et de ceux de mes proches.

Il y a 12 mois de cela, je te présentais mon projet sportif 2023 avec ces mots: “Au-delà du dépassement de soi, du partage et de la communion avec les coureurs, bénévoles et supporteurs, de l'évasion que la discipline te procure, je cherche aussi à en apprendre d'avantage sur moi. Sur mes limites. Sur mes peurs. Sur mes aspirations. Sur mes motivations profondes. Plus qu’un simple projet, il s’agit d’une véritable quête spirituelle”.

Ce voyage, je te le partage quotidiennement depuis quelques semaines maintenant. J’y prends beaucoup de plaisir et j'espère que ça te plaît. Après 2 mois de reprise, il est temps pour moi de te présenter ma saison et mes objectifs 2024. Cette année, je vais t'emmener sur certaines des plus belles mais aussi des plus prestigieuses traces de l'île. J’ai décidé de réaliser une saison 100% réunionnaise. Ainsi, mon premier objectif majeur aura lieu en juin 2024 avec le Raid 974. Un bel ultra de 100 km pour 5 500 m de dénivelé traversant l'île de Saint-Philippe au Port. Avant cette “petite” traversée, je vais avoir 2 courses préparatoires. La première aura lieu début avril sur le Trail des 2 Rivières de Saint-Joseph. Un pétard de 2 400 m pour rejoindre la Plaine des sables au Volcan avant de casser un peu de fibre en redescendant par l’autre bras de la rivière. Pour un total de 62 kilomètres, cette sortie devrait être rapide. Et mi-mai, je retrouverai le Trail de Minuit. Départ à 0:00 de La Possession (dans une ambiance folle) pour un tour de 56 kilomètres pour quelque 3 200 m de dénivelé dans Mafate. Une expérience incroyable où tes repères et tes sens se retrouvent totalement chamboulés.

La seconde partie de saison sera notamment animée par le Grand Raid d’octobre. Tu l’auras compris, mon second objectif majeur de l'année sera la Diagonale des Fous. 170 kilomètres pour 10 500 m de dénivelé. Un départ unique. La sortie de Mafate par la Brèche et non plus par Dos d’Âne. Cette édition retrouve l'itinéraire d’avant les incendies du Maïdo et s’annonce sportive! Pour peaufiner ma préparation. J’irai me confronter aux meilleurs athlètes réunionnais lors de la 30ème édition de la CIMASARUN. Sans doute l’une des courses les plus belles de l'île avec un passage par les 3 cirques: Cilaos, Mafate et Salazie! Avec 52 kilomètres et un beau 4 000 m de dénivelé, ça devrait piquer un peu!

Concernant mon état de forme, je suis enthousiaste et aborde plutôt sereinement cette saison. Mes petits bobos commencent à s’estomper grâce notamment au travail réalisé avec Mathilde mais aussi David et Coline. Les sensations sont meilleures à chaque sortie et je reviens doucement en bonne forme. Maintenant, j'espère que tout ça te met l’eau à la bouche et que tu es prêt à transpirer…

vendredi 1 mars 2024

Jeu de Coline #4: L'élément eau

Les pieds dans l'eau, Rivière des Galets, Mafate

Oui, oui, oui…toujours 3 volumes d’eau pour 1 volume de Ricard. Ça, on le sait…mais ça n’a rien à faire dans ma préparation trail. Alors, on passe.

Quand je pense à l’eau…je vois tout de suite la pluie. Il faut dire qu’on a été servi avec cette saison cyclonique. Et je vais te dire un secret. Je déteste la pluie. Ça mouiiiiiiiille. Et je déteeeeeste ça. Même quand tu es sous les Tropiques et qu’elle est chaude. C’est encore pire parce que ta super veste imperméable 10 000 Schmerber (à tes souhaits) ne sert à rien…tu seras quand même trempé, de l’intérieur.

Mais en trail, je dois bien l'avouer, l’eau…c’est cool! La pluie t’apporte des flaques. De la boue. Des glissades. Des rivières à traverser. Parfois, tu as même les fesses dans l’eau (bon ok, sauf si tu fais 1,90…là c’est niveau genoux). Toujours est-il que tout ça, ben c’est vraiment trop cool (dixit le petit garçon qui est en moi). Et le truc encore mieux, tu veux le savoir? Personne ne te dit que tu es tout sale. C’est même le contraire. Un gage de réussite. Alors, dans ces conditions, l’eau, j’aime bien.

jeudi 15 février 2024

Jeu de Coline #3: J'aime

Boucle du Coeur de l'Est, ravitaillement de Piton Textor - UTOI

Un thème qui tombe bien on dirait! Alors oui, on était le 14 février. Et oui, la bienséance voudrait que je dise “moi, ce que j’aime, c’est Toi”. Bon d’accord. Ambiance fleurs bleues, oursons tout mignons, coeur avec les mains, toussa toussa. Mais la vérité est que ma première pensée aura était pour…le gâteau patate. Parce que j’adooooooore le gâteau patate! Quand tu arrives au ravitaillement et que l'on t’en propose, tu ne réfléchis pas. Tu en prends et tu savoures. Parce que c’est savoureux! Délicieux! Et réconfortant. En plus, ça colle à l’estomac et ça évite qu’il fasse “blope, blope, blope” dans la prochaine descente. En plus, plus, la patate douce t’apporte de nombreux nutriments. Plein de vitamines. Elle est source de fibres, ce qui facilite ta disgestion. Bref, la patate douce, c’est la vie. Et le gâteau patate, c’est la vie mais en mieux. En mieux, parce que c’est sucré!

Et quand on te dit qu’il y a en plus des pépites de chocolats noir à l'intérieur, les jeux sont faits, rien ne va plus! Là, le plus dur est de quitter le point de ravitaillement…Guillaume, tu es sur le point de te faire rejoindre. C’est l’heure d’y aller. M’en fous. Gâteauuuuuuuuu pa-ta-te! Laisses-en aux autres! Bon…d’accord…


Ça ne te parle pas trop? Tu ne sais pas ce qui est bon pour toi…écoute seulement la recette et teste:

- Épluche 1,5 kg de patates douces et fais-les cuire à la vapeur jusqu’à ce qu’elle soient tendres.

- Écrase les patates douces pour obtenir une purée (avec tes mains, parce que c’est plus rigolo…mais ne te brûle pas!).

- Coupe 250 g de beurre en morceaux et ajoute-le à ta purée.

- Ajoute 200 g de sucre, 4 oeufs, 2 gousses de vanille (Bourbon, s’il-te-plaît), 100 g de farine et 2 càs de rhum. Mélange le tout et met ta préparation dans un joli moule.

- Enfin, tu peux badigeonner le gâteau avec un jaune d’oeuf et avec une fourchette pour créer le quadrillage traditionnel.

- Enfourne à 170 / 180 degrés pendant 20 minutes, puis à 150 degrés pendant 40 minutes.

- Laisse refroidir avant de démouler. C’est prêt, tu peux déguster !


Source: https://www.reunion.fr/.../le-gateau-patate-douce-a-la.../

mercredi 7 février 2024

Test de capacités aérobies et mécaniques, CREPS de la Réunion


Aujourd’hui, j’ai réalisé une évaluation de mes capacités aérobies et mécaniques sur tapis au Centre de Ressources, d'Expertise et de Performance Sportive (CREPS) de La Réunion situé à Saint-Denis. L’objectif était de définir un certain nombre de données (VMA, FC, VO2MAX, SV, …) pour pouvoir adapter et améliorer mes entraînements.

Une expérience intense sur un plateau technique au top du top conclue par un échange riche. Un grand merci à Cyril GRANIER et à mon Assistance 5 étoiles!


Il était une fois…la vie! Un peu de science au programme avec les résultats de mon test de capacités physiques.

Que s’est-il passé dans le laboratoire du CREPS?

Il s’agissait pour moi de réaliser une évaluation de mes capacités aérobies et mécaniques sur tapis de course. Pour vulgariser la chose, l'idée était de connaître mes capacités physiques en course à pied.

Avant de monter sur le tapis, à l’image d’un boxeur, j’ai eu droit d’effectuer la pesée. Pour se faire, je suis monté sur une balance un peu particulière puisque en plus de prendre mon poids, elle mesure tout un panel d’autres données sur la composition de mon corps (composition hydrique, composition corporelle, bilan général, bilan morphologique, …). Mais, comment ça fonctionne? Simple. Elle envoie un courant électrique qui va parcourir ton corps, segment après segment. Le courant se déplace via les molécules d’eau et grâce à la vitesse de déplacement enregistrée, elle va faire plein de calculs. Et paf, ça a fait des Chocapic. Au final, je fais actuellement 61,3 kg pour 170 cm (oui, 170 ce matin là et non pas 171 car il apparaît que la taille fluctue au cours de la journée et en fonction de ton hydratation). Ce qui me donne un IMC - Indice de Masse Corporelle de 21,2 kg/m². Côté masse grasse, je suis à 7,7 kg. Cela représente 12,6 % contre environ 10 % chez les athlètes de haut niveau. Physiquement, ça tient la route. Mais le plus important dans tout ça est que je me sente particulièrement bien dans mes baskets…et dans mon corps.

Bon, tout ça c’est bien joli mais quand est-ce que tu commences à souffrir?

Ok, ok, passons dans le vif du sujet. Le test est simple: tu montes sur le tapis, tu cours. J’augmente la vitesse du tapis, tu cours. J’augmente encore, tu cours plus vite. J’augmente encore, tu…mais attend Cyril, ça s'arrête quand ton histoire? Bah, quand tu es au bout. Au bout de quoi? Au bout de tes capacités. Tu cours jusqu'à rupture. Excellent. Ça, j’aime! Voilà le protocole: on commence donc avec un palier à 8 km/h pendant 3 minutes en guise d’échauffement. Ensuite, on passe à 10 km/h. Et on augmente la vitesse du tapis de 1 km/h toutes les 3 minutes. Cyril m'équipe avec une ceinture pour prendre ma fréquence cardiaque (FC), ainsi qu’un masque et un appareil portatif pour mesurer mon volume d’oxygène (VO2) durant l’effort. Il suit tout ça en direct sur ses écrans. Je suis à la fois un peu anxieux et super excité. Tu es prêt? C’est parti!

Premières foulées à 8 km/h. Je ne ressens aucun effort. Je respire normalement par le nez. L'équipement et le masque de Bane (cf. Batman pour ceux qui n’auraient pas la référence) ne me dérangent pas. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On passe ensuite à 10 km/h. Puis 11. 12. 13. Je rentre dans ma bulle et me sens bien. Ma foulée est bonne. Ma respiration aussi. Aucune pensée parasite. Je suis concentré. À 16 km/h, je commence à sentir l’effort. À 17, ma foulée commence à visiblement se dégrader et j’ai vraiment chaud. 18 km/h. Ça passe encore sur la première minute mais je suis clairement dans le rouge. On arrive alors à 19 km/h et là, je suis à fond. Chaque seconde compte alors je tire au maximum sur les bras. Je vais tenir 40 secondes à cette vitesse avant de stopper l’évaluation. Cyril et Coline m’aident à descendre du tapis pour m’asseoir. Consigne pour la fin du test: rester 2 minutes assis (trop facile) pour évaluer mon niveau de récupération.

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Ci-dessous, tu trouveras donc mes résultats. J’ai également eu un débriefing avec Cyril pour avoir des explications plus détaillées (j'espère que le cerveau fonctionnait et que j'ai bien tout compris. C'est un peu...technique tout ça). Pour mémoire, l'idée première était d'évaluer mes capacités dans le but de les repousser en planifiant des séances bien spécifiques. Et donc, progresser!

VO2MAX - Consommation maximale de dioxygène:

Ma VO2MAX est de 64,7 ml/min/kg (valeur dite “excellente” à partir de 54 pour mon âge. Pour rigoler, parce que c’est incomparable, Kilian JORNET, référence planétaire de l’ultra-trail, est à 92) et je l’ai atteint au palier 18 km/h. Ma VMA - Vitesse Maximale Aérobie est de 18,2 km/h. Étant donné mon passif (2 ans de trail, 0 séances spécifiques, 0 développement de mes capacités physiques), il s’agit de bonnes valeurs pour un niveau régional. D’autant que ces données peuvent être améliorées. Mon pic de VO2MAX est de 71 ml/min/kg. Ainsi, l'objectif des prochaines semaines va être de rapprocher ma VO2MAX de cette valeur pic.

Si j’ai obtenu ces résultats avec une VO2MAX finalement en-deçà de laquelle on aurait pu s’attendre, c’est car ma balance entre VO2MAX et rendement de course pencherait vers une efficacité mécanique plus importante. Donc, en travaillant cette donnée ainsi que ma foulée, je vais progresser davantage.

Enfin, j’ai peu, voir pas, de réserve anaérobie (arrêt du test seulement 20 secondes après avoir atteint VO2MAX). Cette filière lactique est à travailler pour tenir plus longtemps dans l’effort. L’objectif est l’utilisation de lactique comme nouvelle source pour produire un effort. Pour essayer de faire simple, j’ai 800 g de glucides contre 6 kg de lipides dans mon corps. L’objectif de décaler les seuils vers VO2MAX est d’utiliser les lipides plutôt que des glucides qui sont consommés plus rapidement et apportant moins d'énergie.

FC - Fréquence cardiaque:

Ma FCMAX est de 187 BPM. Post effort, il s'avère que ma pente de récupération est linéaire. Après 2 minutes, je retrouve progressivement un rythme cardiaque proche de celui du début de l’évaluation. Il s’agit d’une récupération normale.

Axes de progression pour passer un cap en 2024 (en gros, développer la cylindrée du moteur pour courir plus vite, plus longtemps, le tout sans fournir plus d’effort):

- Améliorer ma VO2MAX en la rapprochant de 70 ml/min/kg (ce qui impactera ma VMA)
- Décaler mes seuils SV1 et SV2 vers VO2MAX
- Développer ma filière lactique ou capacité anaérobie

En résumé, je ne suis pas un extraterrestre (mais ça, je le savais déjà). Je n’ai pas de facilité physique ou génétique. Par contre, je travaille. Et il s'avère que le travail porte ses fruits. Alors pour atteindre mes objectifs, je vais continuer dans cette voie. Continuer à tout donner. Continuer de rêver encore un peu. Mais avant ça, je vais profiter de 3 jours de repos pour rendre visite à David, mon ostéopathe et planifier la suite de ma préparation. On va doucement attaquer les choses sérieuses avec des séances spécifiques (Fartleck et HIIT, histoire d’aller stimuler un peu cette VO2MAX)!


mercredi 31 janvier 2024

Le jeu de Coline #2: Dans mon élément

Vue sur le cirque de Mafate depuis le sentier du Grand Bénare 

Aurère, Cayenne, Grand Place, Marla, La Nouvelle. Mafate et ses îlets. Ses petits villages perchés sur des promonttoires rocheux au coeur du cirque. Ces villages colorés. Cette vie. Cette ambiance avec toujours un peu de musique. Une boutique qui te vend une boisson fraîche. Le chant des coqs. Les Tui-tui qui te laisseraient presque les attraper. Un Papang qui vole majestueusement le long des remparts. Les odeurs du feu de bois et des carris qui mijotent doucement. Il y a aussi ses rivières. Habituellement si calmes et qui peuvent se déchaîner en un rien de temps. Ses chutes d’eau et ses bassins féeriques. Ses forêts endémiques ou Tamarins et Cryptomerias te transportent dans un autre univers. Ses plateaux et plaines où ruminent paisiblement quelques vaches. Ses chemins ou cabris et randonneurs se côtoient. Mafate et cette atmosphère de bout du monde.

Et puis il y a ces montées. Interminables. Ces sentiers toujours plus vertigineux. Ces descentes infernales. Il y a ces marches. Toutes ces marches. Irrégulières. Glissantes. Instables parfois. Toutes ces marches que le randonneurs fini par détester après 2 heures de monter vers Roche Plate. Lorsque le soleil te brûle la peau. Lorsque la chaleur remonte du sol et t'étouffe littéralement. La chaleur de Mafate. Un virage. Tu changes de décor. De température. De climat. La pluie. Le vent. Le froid te saisi. Mafate. Ce terrain de jeu si exigeant. Si technique. Ce terrain de jeu qui met ton corps et ton esprit à l'épreuve. Et pourtant, ce terrain si beau. Ce terrain qui me convient si bien.

Mafate. Quand j’y entre par Deux-Bras ou par la Canalisation des Orangers, j’entre dans un état de plénitude où je me sens vivant. A ma place. En harmonie avec mon corps. Avec mon esprit. Et avec le monde qui m’entoure. Comme un poisson dans l’eau. Ou plutôt, comme un traileur dans les sentiers. J’ai cette sensation que rien ne peut m’arriver. Cette sensation de liberté totale. Les paysages y sont époustouflants. Et quand il n’y a plus d’autre bruit que celui de tes pas. De ta respiration. Que tu es seul avec toi-même. Que la montagne agit comme un miroir. A ce moment, je suis en communion avec cet élément. L'évasion que ce cirque me procure est incomparable. Je pense souvent au facteur de Mafate ou aux enfants qui parcourent des kilomètres pour se rendre à l'école. Aux hommes et femmes qui ont construits ces sentiers. Qui les battent chaque jour. Qui les entretiennent. Et d'un coup, je m’en rends compte. Je me rends compte du privilège d’être là. D’emprunter ces traces uniques au monde. Mafate.

Mafate, mi aime a ou.

lundi 15 janvier 2024

Le jeu de Coline #1: Flash info émotionnel

Pour l’instant émotion, je t’emmène dans la tête du coureur! A la découverte de la partie la plus personnelle. La plus intime. La plus profonde. Peut-être la plus sombre? Quand tu te retrouves dans le dur. Quand tu es à la limite. Que tu n’avances plus. Que plus rien n’a de saveur. Quand tu dois aller puiser au plus profond de toi. Tu t’es déjà demandé ce qu’il y avait?

Certains l’appelle la “pain cave” (comprend, la grotte de la douleur). Et bien, au fond de ma grotte se cache un animal. Une bête primitive. Une bête enragée. Prête à être déchaînée et à répandre le chaos. A l’image de Hulk, je vais chercher à rassembler toute la colère qui est en moi pour renverser la tendance en allant dynamiter mon esprit, mon corps, ma course. Tu l’auras compris, j’ai besoin d'être en colère pour entrer dans cet état animal où je me sens “dangereux”. Plus je suis en colère, plus je suis performant. Il est difficile de dire combien de temps je peux être dans cet état. 5 minutes, 15 minutes, peut-être 1 heure? Le temps ne compte plus. La seule chose importante: manger. Et je suis alors affamé! A partir de ce moment, il se passe un truc. Mon cerveau déraille et je deviens cette bête primitive. Mon champ de vision se referme et je ne vois plus que le sentier. Ma respiration devient plus forte. Mon regard ne se détourne plus de mon objectif. De ma proie. Parce que j’entre en traque. En traque contre le temps, contre le coureur qui est devant moi, contre ces marches qui n’en finissent pas, contre moi-même. J’ai besoin de cette colère qui sommeille en moi pour développer une attitude agressive et la transformer en énergie motrice.

Tu l’imagines bien (parce que non, au quotidien je suis plutôt calme et je n’ai encore mordu personne), pour arriver à cet état, il y a un processus: se laisser envahir par le négatif avant de…tout faire péter! Je vais d’abord prendre conscience que je n’y arrive plus. Que physiquement et mentalement, ça flanche. Ensuite, une fois que j’ai la sensation de toucher le fond, je vais vraiment me faire mal. La version soft: “Abandonnes. Tu n’y arriveras jamais. Tu n’as pas les épaules pour ça”. La version hard? Demande au Sergent instructeur Hartman. Ces quelques mots suffisent à me faire plonger dans un état de déconnexion. J’entre doucement dans ma grotte, là où il n’y a presque plus de lumière. Ensuite, je vais me focaliser sur une frustration. Une frustration profonde. Souviens-toi quand tu étais petit et qu’on te privait de quelque chose...souviens-toi de cette frustration qui montait en toi. Se transformant en colère. Et bien, je vais rechercher cette frustration d’enfance. Je vais l’alimenter. Et mon petit atome de colère va doucement grandir jusqu’à imploser et libérer une énergie… parfois complètement démesurée. Alors, imagine quand j’ajoute à cette simple petite frustration d'enfance d’autres atomes de colère. Des frustrations plus importantes, des colères plus grandes, des injustices plus conséquentes. L’ensemble va venir former une véritable…bombe (merci Monsieur Oppenheimer). A ce moment, il vaut mieux ne pas me chatouiller…

Mais, du chaos naît une étoile. Pour être plus motivé, plus déterminé, plus hargneux. Pour avoir cette attitude de combattant, cette ténacité rageuse. Pour avancer, j’ai besoin de toujours être en colère. Parce qu’ensuite, je me libère complètement de toute cette énergie négative. J’arrive à me recentrer sur moi, sur mes sensations et sur ma course (je me rends d’ailleurs compte que j’ai avalé la dernière montée et que je suis déjà à Pleine des Merles). Je peux alors relancer avec des pensées positives.

Le gars est fou! Oui…mais j’ai fait mon premier podium comme ça. Alors, “autant continuer dans l’délire”.

Et toi, c’est quoi tes sources de motivation profonde?