mardi 22 juillet 2025
Trail de la Rivière des Galets - Juillet 2025
mardi 8 juillet 2025
GTO 50 - Juillet 2025
Photo of the day
GTO pour Grand Trail de l’Ouest. Sur le papier, l’organisation La Team Lé là se donne les moyens de nous offrir un bel événement et c’est exactement ce que je recherche en prenant le départ du 50 km: du plaisir et une expérience coureur complète!
Le format se rapproche du D-Tour 45 avec un départ à plat depuis le front de mer de St-Paul jusqu'à La Possession. Après 12 kilomètres d’échauffement, les choses sérieuses commencent à Sans Souci. Et c’est là que tu peux t’en faire si t’es parti à fond les ballons. Donc, piano piano sur ce début de course, car tout le dénivelé arrive ici. Ce sera donc la petite grimpette de la journée jusqu’au Maïdo pour apprécier le lever du soleil sur Mafate. Ensuite, pause selfie et "vollgas” jusqu’au stade olympique de St-Paul (soit 23 km et 1900 m de D- pour te détruire les cuissots).
Petite particularité de la période: ici, c’est l’hiver. L’hiver austral. Alors, ça va peut-être te faire rire, un hiver à la Réunion, mais il fait (vraiment) froid. Même si on devrait éviter le givre, températures annoncées au sommet (2200 m): 6°C…alors, avec la transpiration et un peu de vent, il faudra peut-être chercher le quadrupède et son tonnelet de rhum arrangé!
GTO 50, J+3 [FINISHER: 2ème sur 341 coureurs]
Préambule: avant d’entamer la dernière semaine de préparation, je suis super confiant quant à mon état de forme. Ma séance d'intensité de lundi se passe très bien. Mardi, la séance de kiné avec Mathieu se veut active. Et mercredi, je réalise un 10 km énergique avec de bonnes sensations dans les jambes.
Je prévois donc encore une sortie vélo jeudi de 2 heures et un footing vendredi de 30/45 minutes pour rester actif et aborder ce GTO dans une certaine dynamique. Mais c'était sans compter sur un début de symptôme grippal mercredi soir…au final, je dois annuler ces dernières séances et basculer vers un canapé-plaid-infusion au goût de vitamine C-sirop contre la toux.
Vendredi soir, je décide tout de même de prendre le départ et de faire avec les cartes du moment. Je me dis qu’avec le repos et une dernière nuit de sommeil, ça devrait aller. Mais, là encore, c'était sans compter le début des vacances scolaire et la fête d’anniversaire chez les voisins. Je prends donc le départ de la maison à 2h30 quand d’autres semblent atteindre le pic de leur soirée. Le constat est là, je pars avec une main assez faible. J'espère quand même avoir de bonnes ressources pour aller au combat malgré une nuit blanche!
GTO avant-postes
Après un échauffement d’une quinzaine de minutes avec quelques accélérations pour faire monter le cardio, je me dirige vers la ligne de départ. Je suis concentré et finalement assez confiant car les premières sensations sont bonnes. A 4:00, le départ est donné dans une belle ambiance. Le premier kilomètre est avalé à près de 16 km/h. J’entre en 3è position dans le premier single du front de mer de Saint-Paul. Débute alors un enchaînement de sections dans le sable, sur des galets et sur du bitume avant de prendre le chemin gravillonné qui nous mènera jusqu’à La Possession. Je passe les 10 km avec 100 m de D+ en moins de 45 minutes. Le cardio est haut mais les jambes répondent bien. J’en profite car je sais qu’à partir du moment où nous aurons traversé la rivière des Galets, le rythme va diminuer dans les premières pentes. Premier ravitaillement, je remplis ma flasque et repars immédiatement. J’arrive au PK15 avec 1 minute d’avance sur mon estimatif. On entre alors dans le sentier qui va nous mener jusqu'au point culminant de notre escapade du jour. Le terrain est humide mais la pente reste régulière et les marches peu conséquentes. Je termine les 20 premiers kilomètres avec 1100 m de D+ en 2h02’. Je me trouve alors autour de la 4è place mais je commence à sentir un coup de moins bien. Il faut dire que c’est parti très fort!
GTO fond du gouffre
Malgré une alimentation régulière et riche en glucides, mon état de fatigue grandit. Les jambes vont bien mais j’ai l’impression de ne pas avoir d'énergie. Dans ces cas, c’est la tête qui prend le relais. Aujourd'hui, elle n’a visiblement pas trop envie. Je reste bloqué sur quelques pensées négatives. Je rumine un peu les dernières heures d’avant course ainsi que mon départ rapide. C’était un risque. Tu as joué, maintenant il faut assumer. J’entre alors dans un gros passage à vide entre le kilomètre 21 et 26…je dois composer avec les forces en présence. Je passe donc en mode randonnée. Je n’arrive plus à courir. Je pousse péniblement sur mes jambes. Et les quelques relances possibles sont ridiculement faibles. Je commence à me faire remonter. Avant le “replat” du PK23, je me retrouve avec 2 autres coureurs. Ils prennent ma trace mais restent derrière moi un petit moment. N’arrivant toujours pas à accélérer, je dois me mettre de côté pour les laisser passer. Je suis alors en 8è position avec une tête de course annoncée à près de 45 minutes (source bénévole). C’est difficile d’autant que le coureur devant moi porte un parfum qui commence à me déranger sérieusement. Ce sera la motivation pour repasser devant. J’attaque. L’accélération aura été salvatrice. Je prends rapidement 10 puis 15 mètres d'avance sans pour autant me faire trop mal. En quelques virages, je ne les vois plus. Ils décident de la jouer en gestion quand je retrouve enfin de l'énergie et de l’entrain! Je sors de la forêt après avoir repris le 5è qui s’est malheureusement tordu la cheville. Désormais, il me reste plus ou moins 4 kilomètres de chemin forestier roulant. Ça monte encore mais je peux prendre un rythme de course. Je m'alimente et continue de bien m’hydrater car la descente va être longue. Passage à la bascule PK29 en 3h22 - 5è position.
GTO sommet de mon art
Je profite de cette section pour faire un état des lieux à 20 bornes de la fin: le jour s’est levé. Les conditions sont parfaites. Il a fait frais avec un peu de vent mais pas de quoi sortir de cache-cou. Le passage à vide semble derrière moi et je vais définitivement pouvoir me réveiller avec cette descente vers Saint-Paul. 17 km avec 1700 m de D-. Je double le 4è peu avant le second ravitaillement au PK32. Ici, il décide de ne pas s'arrêter et repasse devant. Un peu d’euphorie! 15s pour recharger une flasque et c’est reparti. Finalement, le jeu du chat et de la souris n’aura pas duré bien longtemps. Je suis à nouveau 4è au moment d’entrer dans la forêt de cryptomerias. Le single est technique. De nombreuses racines recouvrent le sol. La terre est glissante. Les ornières sont parfois cachées sous des feuilles. C’est rock'n'roll. J’adore ça! Je déroule et commence à vraiment m'éclater. On m’annonce le podium à 5 minutes. J’attaque alors les chemins de canne. Toujours techniques avec un sol parfois instable, je bombarde! Il me reste 15 kilomètres pour gagner 5 minutes. Je me sens bien. Je vais pouvoir partir en mission! Je vais prendre au 3è plus d’une minute au kilomètre et littéralement le déposer à 10 crans de l’arrivée. Descente effectuée en…80 min (12,75 km/h)!
Et finalement, GTO bout de l’effort
Avant les 4 kilomètres de plat pour rejoindre le stade, je retrouve Luigi au dernier point de ravitaillement. C’est un coureur que je connais bien car nous avons déjà partagé 2 podiums catégorie l’an dernier. Je reprends un peu d’eau en échangeant un mot et repars immédiatement. Il me suit de près et nous abordons ensemble la dernière section de descente: le chemin Macabit et ses pierres si irrégulières. Ça commence à être long et notre lucidité n’est plus au niveau. Je glisse et manque de trébucher. Luigi loupe une intersection pourtant évidente. Je lève le pied et il n’en profite pas. On décide d’assurer ensemble, derrière, ça ne reviendra très certainement plus. Une fois arrivé sur le bitume, je relâche mon effort. Luigi a du mal à rester à hauteur en raison d’une douleur au pied. Il me dit de filer. On se retrouvera à l’arrivée. Je regarde ma montre. L’objectif des 5 heures est encore jouable. J’accélère. Encore 2 virages avant d’entrer dans le complexe sportif. Un dernier sprint pour se rappeler aux bons souvenirs des appels en profondeur. Yessay! Je termine sous la barre des 5 heures de course, à 12 minutes du vainqueur!
A l’arrivée, je suis déçu et heureux. J’ai la sensation d'être passé à côté. Je suis quelque peu déçu de n’avoir pas réussi à faire ma montée. Je l’ai clairement subis. Mauvaise gestion de course. Manque d'énergie ou d’envie. Je pense que mentalement je dois encore progresser parce que ça s’est beaucoup joué dans la tête. Avec un peu plus de recul, il y a beaucoup de positif à tirer de cette course. J’ai réalisé des ravitaillements efficaces (46 secondes de pause au total). J’ai réussi à pleinement m’exprimer dans la descente, en renversant complètement la situation. Physiquement, le travail réalisé avec Mathieu m'a permis d’encaisser ce volume et cette intensité. Je n’ai eu aucune gêne aux tendons d’Achille, au genou gauche ou au dos. A froid, seuls les quadriceps piquent un peu. Je suis également conforté dans ma planification quotidienne. Je progresse et, fait notoire, je m’amuse à nouveau!
Prochaine échéance, fin août sur la CIMASARUN.
mardi 17 juin 2025
3294 - Trente-deux nonante-quatre, c’est quoi encore le projet?
mercredi 4 juin 2025
D-Tour 45 - Mai 2025
Photo of the day
Début d'année compliqué mais…on y arrive.
Après le cyclone Garance, de nombreux reports de course, un épisode Chikungunya et une dernière modification de parcours, nous y voilà finalement! Ma saison 2025 se lance sur un 45 tours. La chanson, un petit marathon avec quelque 2000 m de dénivelé positif. Le départ se fera de la Possession pour arriver au chef-lieu Saint-Denis, en passant par le gîte de la Roche Écrite.
La stratégie de course? Comme dirait Eddy, “j’ai pas d’stratégie moi. C’est pour les gars qu’ont pas confiance les stratégies”. 5 km de plat pour s’échauffer, 17 km de montée pour pas péter et 20 km de descente pour tout envoyer.
Départ: samedi 31 mai 2025 à 4:00
Distance: 42 km
Dénivelé: 2000 m
mardi 18 mars 2025
Verticale de la Fenêtre - Mars 2025
Forêt des Makes, source - cartedelaréunion
Après 6 semaines hors des sentiers et avec une reprise des plus progressives, j’ai décidé de prendre le départ de la Verticale de la Fenêtre. Initialement inscrit sur le 14 km, j’ai préféré revenir sur un format plus court et donc moins sollicitant pour mes tendons d’Achille. C’est donc dans le cadre du championnat de montagne élite femmes que je débute ma saison 2025 (8,5 km pour 1000 m de D+). L’objectif est de respecter une zone d’intensité de 3 sur 5 et d’ajuster en fonction des sensations. Cela devrait déjà me permettre de me faire plaisir et de retrouver des sensations, sans pour autant avoir un impact délétère sur le travail réalisé jusque-là avec mon kiné Mathieu. J’ai donc composé avec les armes du moment, en essayant de ne pas me faire mal. Ce format étant particulièrement exigeant, j’avais en tête de garder un pacing de course autour des 8 minutes au kilomètres (vitesse de 7,5 km/h) tout en restant dans des zones cardiaques autours des 155 BPM. Sur le papier, ça semble être un bon plan.
7:00, le départ est donné! Après 20 longs mètres à plat, virage à 90° et c’est parti! On attaque directement avec une belle pente béton avant d’entrer dans un chemin encore humide. 125 m de D+ pour le premier kilomètre. À 6’45” au kilomètre, autant dire que ça part fort…et que je suis déjà dans le rouge. Le deuxième kilomètre est du même acabit. J’essaie de rentrer dans un rythme qui me convient mieux car je sens que les jambes ne répondent pas. Au kilomètre 3, le groupe de tête s’est échappé. Il est composé de 2 coureurs juniors et d’Annecy APPOLON. Une fusée! Je me fais alors reprendre et, n’ayons pas peur des mots, déposer. D’abord par Marie QUILLEVERE, habituée de l'épreuve puisqu’il s’agit de sa 4è participation avec déjà 3 podiums à son actif dont une victoire, puis par Marie GATOUILLAT. Je n’arrive pas à les accrocher. Je manque cruellement de punch. Frustrant. Je comprends vite que je n’ai pas les outils pour ce format. Là où il te faut puissance et explosivité, j’ai une bonne endurance de fond. Très bien sur du long. Moins utile quand tu dois côtoyer des zones rouges pendant 1 heure. J'accepte cependant la relégation et me recentre sur l'idée première: courir sans se faire mal et rester régulier dans l’effort. Mais, alerte spoiler, j’aurais quand même mal. Aux jambes et un peu (beaucoup) au moral. Jusqu’au kilomètre 6, c’est compliqué. Ici, je rentre dans la forêt de cryptomerias. J’adore cet endroit, il dégage une énergie qui me plaît et me booste. Il y a beaucoup de racines, de la technicité et pendant 2 kilomètres, je vais pouvoir rigoler avec 150 m de D-. Je rattrape la troisième féminine. Elle ne semble pas du tout à l’aise et j’en profite pour prendre le large. S'ensuit 1,5 km de montée en faux plat avant d’attaquer le petit pétard de la journée: 180 m de D+ sur 500 m. 8 minutes en bonne forme…mais je vais surtout essayer de limiter les dégâts car la forme semble être restée à la maison. J’aperçois la seconde féminine avant d’attaquer la montée. On me dit même que le troisième est pris de crampes. Malheureusement, je ne suis pas dans un grand jour. Je peine à pousser sur les jambes. Je ne rattraperai personne mais j’essaie quand même de ne pas m’effondrer, si près du but. D’autant que j’entends que ça revient derrière. Après 12 min de montée, je franchis la ligne d'arrivée en 1h11’53” tout en conservant, de justesse, une anecdotique 5è position.
Même si cette course comptait pour du beurre, j’en tire déjà de nombreux points positifs. Le premier étant le retour dans les sentiers (les Makes sont décidément un terrain de jeu que j’apprécie particulièrement). Ensuite, j’ai trouvé que les sensations n’ont finalement pas été si mauvaises à la vue de l'entraînement quasi inexistant sur ce profil de course. J’ai eu peu de gêne aux TA. Et, j’ai vécu un moment de partage sympa à l’arrivée avec les copains! Une reprise intéressante avec du travail en perspective.
Félicitations aux championnes de la Réunion et à l’ensemble des coureurs et coureuses engagés sur ce format. Un énorme Big Up à Co, qui termine 36è sur 101 en 1h31 pour son second dossard. Merci à l’organisation Team la Rivière et aux bénévoles pour cette belle fête. Bravo à l’ONF qui a fait un super travail sur le sentier. Et merci pour vos encouragements!
Prochaine étape, fin avril avec le D-Tour 45.
mercredi 15 janvier 2025
Saison 2025 - Présentation des objectifs
Qui dit nouvelle année, dit nouvelle saison Trail-running! 2024 ne s’est pas passée comme je l’espérais. Blessure. Frustration. Déception. Autant de points noirs sur lesquels je vais tâcher de travailler afin d’arriver à (re)trouver du plaisir dans la souffrance. Et pour celà, il faudra garder le sourire quand les jambes brûlent ; rester positif quand la machine n’avance plus ; et continuer d’alimenter cette folle envie de manger du sentier. La salade de cailloux sera alors un mets de luxe qu’il faudra savoir apprécier!
Je ne perds jamais. Soit je gagne. Soit j’apprends - N. Mandela
Voilà l’adage sur lequel je vais donc m’appuyer pour construire 2025. Et je ne vais pas renoncer face à l’adversité ou réviser mes objectifs à la baisse. Non, bien au contraire. J’ai décidé de me faire confiance et de partir sur une saison ambitieuse. De sortir de ma zone de confort. De découvrir de nouveaux événements. Et de prendre tout ça comme un jeu. Un jeu où il faudra faire preuve de courage, de patience et de persévérance. Pour y parvenir, j’ai également décidé de revoir mon approche de la pratique.
S'entraîner moins pour s'entraîner mieux
Je ne range pas tout 2024 au placard mais il va falloir apporter une nouvelle touche si je veux durer dans ce sport. Ainsi, on va mettre de côté les idées de volume, de distance ou encore de dénivelé. Je vais travailler en suivant mes envies et mes sensations. Améliorer ma planification. Respecter la progressivité ainsi que les temps de récupération (même si cela peut paraître frustrant). Et s’amuser! Pour cela, j’ai mis en place différents blocs de travail en fonction du calendrier. Le premier bloc est une reprise progressive de la course à pied avec acclimatation à la chaleur. Parce qu’il fait particulièrement chaud à La Réunion en ce début d'année. Je vais également continuer de nager et de faire tourner les jambes (en poussant parfois un peu plus fort et un peu plus longtemps, mais sans excès). Enfin, la préparation physique aura une place centrale. Les séances en charges lourdes avaient véritablement porté leurs fruits et m’avaient permis de combler mon manque de pratique. Ainsi, je renouvelle l'expérience avec la barre de fer et j’ai déjà organisé des cycles de force maximale à différents moments clefs de la saison.
Au menu de cette année nous aurons…
En guise de mise en bouche, je débute la saison à la maison avec la Verticale de la Fenêtre mi-mars. 14 km pour 1400 m de D+. Une épreuve comptant pour le championnat de la Réunion où il devrait y avoir un joli plateau au départ. Ensuite, direction Saint-Denis avec le D-Tour 45 fin avril. Les distances s'allongent un peu mais je reste sur un trail roulant avec peu de dénivelé. A partir de mai / juin, on ne rigole plus. L’objectif majeur N°1 se fera sur la trace de l’UMC. L’ultra Marathon des Cirques. Un gros morceau puisqu’il propose un tour complet du Piton des Neiges avec en prime, un passage par son sommet (3070 m). Le ratio km-dénivelé a de quoi impressionner avec 65 km pour 5000 m de D+! En ce qui concerne la seconde partie de saison, j’aimerais reprendre le départ de la CIMASARUN fin août avant de revenir sur une course du Grand Raid 2025 (objectif majeur N°2 à définir). J’ai aussi l'idée d'intégrer des événements OFF dans mon calendrier comme le jeu du Facteur ou encore d'enchaîner petit plouf - balade à vélo - puis à pied dans la montagne. Tu vois, des trucs un peu plus “cools”, histoire de rigoler, de découvrir l'île différemment et de profiter de nouvelles émotions. Pour tout dire, j’ai même pensé courir avec des chaussettes de différentes couleurs (bon…ok, les chaussettes, c’est peut-être de trop pour cette année).
Hola, ¿hablas español?
Enfin, dernier point que je vais revoir: la communication. L’an dernier, je t’ai partagé l’ensemble de mes sorties et de ma saison. Cette année, j’abandonne les posts quotidiens qui m’ont pris beaucoup d'énergie, mis une pression inutile et, par moment, sorti de mon projet sportif. J'alimenterai tout de même la page avec des images / vidéos et récits de course. Mais je souhaite me détacher des réseaux et ainsi réussir à mieux me concentrer sur moi et mon projet.
Enfin, j’en profite pour vous souhaiter à tous une belle année sportive! A bientôt dans les sentiers pour pousser fort sur les jambes et envoyer du lourd en descente.
samedi 21 décembre 2024
Saison Trail-running 2024, l’heure du bilan
Bilan saison Trail-running 2024 (données BeTrail et Suunto)
D’un point de vue comptable, les chiffres sont intéressants. D’autant plus avec une blessure en début de saison. J’ai en effet été contraint de réviser ma planification sans pour autant arrêter de m'entraîner. Un mal pour un bien, puisque j’ai tout de même réussi à faire près de 5 700 km dont 3 400 de VTT, 500 de randonnée et 1700 de course à pied / trail. L’impact de la blessure s’est surtout ressenti sur le volume en trail, bien en-dessous de ce que j'espérais. En termes de dénivelé, je reste stable avec près de 145 000 m tous sports confondus. La nouveauté (qui porte ses fruits) est venue de la préparation physique avec l'intégration d’exercices à force maximale. Les gains ont été très importants et m’ont permis de combler mon manque de pratique dans les sentiers. J’en tire donc une première leçon: s’entraîner dur, c’est bien. S’entraîner intelligemment, c’est mieux!
Au niveau des classements, je termine l'année avec une côte générale BeTrail de 68,47 (-2,65 par rapport à fin 2023). En ce qui concerne mon Index de performance ITRA - International Trail Running Association, je suis à 701 (+15 par rapport à fin 2023). Cela signifie que j’entre dans la catégorie des coureurs dits “Avancés” (niveau régional). Très anecdotique.
Côté budget, voilà un récapitulatif plus ou moins exhaustif de mes dépenses hors frais de vie sur l'année:
- Équipement (chaussures, short, t-shirt, entretien VTT, …): +/- 350 €
- Frais d’inscription à 7 trails: +/- 550 €
- Santé (ostéopathe, podologue, huiles essentielles, crèmes et gels de récupération, crème anti frottement, Tape, strap, …): +/- 400 €
- Nutrition (boissons énergies, barres, gels, purées, …): +/- 250 €
- Logistique (hébergement): +/- 80 €
D’un point de vue sportif, l'année aura été…“Chaotique”.
Oui. C’est bien l’adjectif “chaotique” que j’ai choisi pour définir ma saison 2024. Il y a eu des hauts. Il y a eu des bas. Il y a eu du bon. Il y a eu du moins bon. Mais, tu me connais. Je ne fais pas dans la demie mesure. Et, je suis exigeant. Encore plus lorsqu’il s’agit de moi. Même si, sur le papier, la saison semble réussie. Cette année a été difficile. J’ai véritablement été bousculé. Physiquement et mentalement. Surtout mentalement.
Je ne vais donc pas me cacher derrière certains bons résultats. Non. Il y a eu beaucoup de déception. Des frustrations importantes. Des doutes. De la colère parfois. Soyons pragmatiques. Entre des ambitions démesurées. Une pression que je me suis mise liée au besoin de faire mieux que 2023. Une recherche de performance avant le plaisir d'être dans les sentiers. Et beaucoup d’impatience dans un sport qui demande tout le contraire. Soyons pragmatiques. Je me suis trompé dans l’approche. J’ai trop souvent oublié de m’amuser. Et à quoi sert de courir si tu ne le fais pas avec l’envie de te sentir vivant?
Janvier, un début d'année enthousiaste
J’aborde cette seconde année de pause professionnelle avec l’ambition de confirmer ma belle saison 2023. Le programme est costaud avec 2 objectifs majeurs de plus de 100 km: le Raid 974 et une seconde participation à la DDF. Je suis serein quant à ma planification et à mon niveau de forme. En plus de mon retour d'expérience, le DU Trail-running me permet d’améliorer mon approche et ma pratique. La première phase de reprise et d’endurance se passe plutôt bien. Les volumes sont respectés. Je mets progressivement en place des séances spécifiques pour développer ma VO2MAX. Je passe un test de capacités physiques et mécaniques encourageant au CREPS de La Réunion et j'obtiens de nombreux conseils de la part de Cyril GRANIER. Je suis enthousiaste mais sens néanmoins des gènes aux tendons d’Achille (TA) à partir de février, premiers signes d’une surcharge que je néglige.
Mars, le coup d’arrêt
Cette année, j’ai décidé de me faire opérer des yeux. L'opération se passe bien malgré une période de cicatrisation…compliquée. Après quelques jours de repos, j’ai le feu vert pour reprendre la course à pied. Malheureusement, la surcharge d’entraînement du début de saison accompagnée par la prise d’antibiotiques aura eu raison de mes TA. L’échographie montrera une tendinopathie chronique globale à droite et une tendinose focale à gauche. Tout s’effondre. Ma saison et mes objectifs sont remis en question. Incompréhension. Colère. Puis, période de doute. J’entame différents protocoles de ré athlétisation avec des hauts. Des bas. Et des très bas. On joue avec la douleur. Je n’en vois pas le bout. Je dois faire preuve de patience. De toi à moi, ce n’est pas mon fort. En juin, je retrouve un dossard. Pas simple. A partir de juillet, on aborde une phase de préparation physique avec Mathieu. J'intègre progressivement les charges lourdes dans mes séances de kinésithérapie. Ça me plaît.
Août, une préparation à flux tendu
L'évolution de la charge d'entraînement se fait progressivement depuis mai (je partais de loin avec le protocole de la Clinique du Coureur: 5’ de marche suivies par 5 séries de 1’ de course - 1’ de marche et 5’ de marche pour finir) Le but était d’arriver en octobre avec la possibilité de courir durant plus de 30 heures. Juin, 20 km avec 1100 de dénivelé. Juillet, 40 km avec 1500 de dénivelé. Je recommence à avoir de bonnes sensations. Août, premier et dernier vrai test. 50 km et presque 4000 de dénivelé. Là où j’avais réussi à enchaîner 3 mois de volume en 2023, je me retrouve à flux tendu cette année. Ça passe ou ça casse. La CIMASA se passe bien et je termine à une belle 15è place, le tout, sans douleur. Je finalise ma préparation en septembre sans encombre. Je suis plutôt confiant à l’approche du Grand Raid. D’autant que, c’est un fait, je suis plus fort que l’an passé. Je suis plus régulier. Je pousse plus fort sur les jambes. Et j’ai très nettement progressé dans les descentes techniques.
Octobre, la désillusion
Tout semblait parfait, peut-être un peu trop. Depuis ma blessure, j’ai travaillé différemment, plus intelligemment, ce qui me permet d’arriver sur la ligne de départ avec les mêmes objectifs que ceux visés en début d'année. L’idée est de faire une belle course et d’accrocher les 32 heures (équivalent d’un Top 30). Autour de moi, j’ai une superbe équipe d’assistance. Entre le retour d’expérience de 2023 et l’investissement de chacun, on est prêt pour une belle aventure. Malheureusement, je ne suis jamais rentré dans mon événement et je décide de rendre mon dossard avant Mafate. D’une certaine façon, j’ai manqué mon rendez-vous.
Novembre, au fond du trou
Quoiqu’on en dise, le DNF est une étape dans la construction d’un coureur. Pour moi, c’est une épreuve terrible. A l’image d’un deuil, il y a eu différentes étapes. Les premiers jours se sont plutôt bien passés. Le mal-être est arrivé plus tard. Il était difficile d’en parler. J’étais triste. Je me sentais vide. Je n’acceptais pas une décision que j’avais pourtant mûrement réfléchi. Je savais que les leçons seraient grandes et que j’allais progresser grâce à cette expérience mais à ce moment, je m’en veux. J’étais extrêmement déçu. Une période particulièrement pénible où plus grand chose ne m’anime va alors débuter. Je suis en boucle. Je refais le fil de la course. Je remets tout en question. Moi. Mon projet. Mon année. Après ce premier abandon, plus rien ne va. Les jambes sont là mais la tête, elle, est loin. Je ne le montre pas mais je me sens seul…
Décembre, la réaction
Accepter de toucher le fond. Prendre le temps du deuil. Et réagir. Si je ne suis pas allé au bout de l’aventure GRR, c'était aussi pour ne pas finir blessé et avoir l’opportunité de m’aligner sur un dernier événement avant la fin d'année. L’UMTT est la dernière occasion pour finir sur une note positive. Pour moi, cet ultra sonne un peu comme une revanche. J’ai envie et besoin de ce moment dans Mafate. Aucun objectif particulier si ce n’est celui de terminer ces 70 km et de retrouver un peu de plaisir à courir dans le cirque. Peut-être y trouver des réponses? Une forme de paix, c’est certain. Au final, c’est une réaction d’orgueil et le retour d’un état d’esprit combatif qui me permettront d’accrocher une 4è place, sous les 10 heures de course. Tous les soucis ne sont pas réglés, mais un début de réponse a été trouvé. J’ai su faire preuve de patience, de caractère et d’envie.
Aujourd’hui, je profite d’une vraie coupure pour déconnecter et me reposer. L’organisme a été fortement stressé durant l'année. Entre blessure et charge importante de travail, la coupure est nécessaire pour le corps comme pour l’esprit. Digérer. Accepter. Apprendre. Avancer.
“Chaotique”, vraiment? Bon, d’accord. “En demie teinte” serait sans doute plus juste. Cette année, j’ai expérimenté. Je me suis lourdement trompé mais j’ai appris. J’ai fait preuve de résilience. Je n’ai pas laissé tomber. Je me suis relevé et, dans l’adversité, je me suis retrouvé. Je suis revenu à l’essentiel. Je me suis finalement amusé. Je suis persuadé que ma marge de progression reste importante mais il faudra me montrer plus patient et travailler intelligemment pour continuer d'évoluer. Pour continuer de rêver!
Retour aux affaires prévu début janvier!
Un grand merci à vous qui me suivez et me soutenez. Merci à la famille et aux copains. Des pensées particulières pour les messages bienveillants que j’ai reçu fin octobre. Ils m’ont vraiment fait chaud au coeur!
Merci à l’Université de la Réunion, à Yoann MORNET et à l’ensemble de son équipe pédagogique. Le Diplôme Universitaire en Trail-running aura été un des motifs de satisfaction de cette année. Les connaissances, les valeurs et les expériences partagées durant ce DU ont renforcé ma motivation et ma détermination. Je n’oublie évidemment pas mes camarades de promotion pour nos échanges passionnants et des amitiés naissantes.
Merci à mon équipe médicale pour tout le travail réalisé ensemble. Mathilde, Chloé et Claire (Kinésithérapeutes Sport Péi à La Possession); Mathieu et Alexis (kinésithérapeutes Kin’Activ’ à La Rivière Saint-Louis); David KRAVTCHENKO (ostéopathe à La Possession) et Adrien FRAPPIER (podologue à La Possession).
De chaleureux remerciements à mon équipe d’assistance Grand Raid 2024. Co, Thib’s, Justine, Thomas, Lucie et Fabian, merci pour tout. Vous avez été formidables et j'espère vous le rendre en venant remplir vos flasques à l’occasion.
Enfin, un immense merci à Toi, sans qui ce projet ne serait certainement pas aussi beau. Cette année, j’ai pris énormément de plaisir à travers l’écriture et le Jeu de Coline. Tu m’as épaulé dans les bons et les mauvais moments. Entre la blessure aux TA, les périodes de doute ou encore l'expérience difficile de l’abandon sur notre course phare de l'année, tu es restée présente et positive. Pour ça et tout ce que tu m’apportes au quotidien, je te dis MERCI! Je nous souhaite donc de continuer à vivre d’Aventure et d’eau fraîche (avec une pointe d’ISOTONIC).
Belles Fêtes de fin d'année à vous et à bientôt pour la présentation des objectifs 2025!