dimanche 1 septembre 2024

CIMASARUN - Août 2024

Photo d'avant départ 

Avec ses 56 km pour 3 800 m de dénivelé, voilà LE gros test que j’attendais avant d’attaquer la dernière ligne droite de ma préparation pour le Grand Raid. Physiquement, je suis à mon pic de forme et j’ai bien récupéré de mes dernières semaines (aucune courbature au moment de prendre le départ). Mentalement, je me sens bien et j'espère pouvoir courir libéré. La météo nous offre une nuit dégagée et une matinée ensoleillée. Les températures seront comprises entre 9 et 12°C au départ avant d’atteindre les 21°C en journée. Conditions parfaites en perspective pour cette 30è CIMASA. Alors, pas de blabla inutile pour ce préambule. Ça va être sport!



Photo finish, les Salomon Pulsar Trail pro 2 sont baptisées

Samedi 31 août 2024, 1:55, Cilaos. Le réveil n’a pas encore sonné et je suis déjà debout, en forme pour démarrer la journée. Et ça va être une belle journée…c’est jour de match! Je prends tranquillement mon petit déjeuner avant de commencer ma routine d’avant course. 20 minutes pour effectuer une séance de mobilité. Ensuite, je passe me rafraîchir à la salle de bain avant de me préparer. J’effectue toujours les mêmes gestes. Short. T-shirt. Strap, crème, chaussettes. Chaussures. J’entre dans ma bulle. Coline finit de s’habiller. Elle prend une boisson chaude et nous nous rendons au stade.

3:20, un dernier bisous et je me dirige vers le pointage. 1200 coureurs sont attendus au départ de cette 30è édition de la CIMASA. Le plateau est relevé. Les meilleurs coureurs de l'île ont répondu présent et la ligne de départ annonce des allures insoutenables. Je termine donc mon échauffement par quelques accélérations avant d’aller me positionner en 3è ligne, tout juste derrière les cadors (Jeannick Boyer, Fabrice Fontaine, Johnny Olivar, Mathis Fugier, Emmanuel Hadoux, Mathieu Desserprit ou encore Paolo Velle pour ne citer qu’eux).

4:05, les fauves sont lâchés! L’organisation a pris le parti de nous faire débuter sur un peu plus de route que prévu. Résultat, ça part très fort. Je sais que la course va être longue alors j’essaie de prendre mon rythme après un premier kilomètre rapide. On me dépasse mais je n’y prête que peu d’attention. Je me concentre sur mon allure, ma respiration et mes premières sensations. Tout va bien et j’entre progressivement dans mon événement. Au kilomètre 5, un coureur me double dans un faux plat ascendant, se positionne devant moi et n’avance plus. Je le re-dépasse. Plus tard, il revient à mes côtés et se déporte doucement vers moi. Sauf qu’à ma gauche, c’est le fossé. Je m’agace et lui fais entendre qu’il y a suffisamment de place sur la route pour nous deux. Quelques kilomètres plus tard, dans les premières rampes de la route forestière de la Roche Merveilleuse, un nouveau coureur me double et se mouche littéralement sur mes pieds. Il lève timidement la main en guise d’excuses. Ça suffit de m'énerver. Je ne dis rien mais je mets une grosse accélération et prends une dizaine de mètres en quelques enjambées. J’entends les autres coureurs qui nous entouraient pousser un “ah ouais” quelque peu interloqué. Voilà le déclic. Je ne les reverrai plus. J’entre dans le vif de mon sujet. La course est lancée pour moi.

“Le mec nous dépasse à 3’45” et dit même pas bonjour”. Avant d’entrer dans le premier single, je suis interpellé par 3 coureurs que je connais bien puisqu’il s’agit de Yoann Mornet - Directeur du DU Trail-running, Gabriel Placotaris et Antoine Cordesse - Camarades de promo. Je ralentis et retrouve le sourire. On partage le sentier pendant quelques kilomètres avant de rejoindre la route qui mène au départ du sentier du Taïbit. La mise en jambe est terminée. 1h05 pour faire 12 km et 500 m de dénivelé. Je décide de prendre les devants. Les choses sérieuses vont commencer ici.

5:10, premier pétard. Le Taïbit. Je fais une belle montée. 50 minutes pour avaler près de 900 m de D+ sur 4,5 km. Au passage du col, j’apprécie les premières lueurs du jour. Tout juste au-dessus des montagnes, un rouge vif vient déchirer le ciel étoilé. Magnifique. Après ce rapide coup d'œil, j’entame la descente vers Marla où j’ai prévu de recharger mes flasques. Arrêt express après une descente sérieuse. Le chemin continue avec une petite bosse avant d’atteindre la Plaine des Tamarins. Le sentier est boueux. Il y a des flaques d’eau. Les rondins de bois qui matérialisent le sentier sont glissants. J’avance avec un certain Fabrice Mithridate qui me suit depuis le kilomètre 11 et le début du sentier du Taïbit. Au moment de traverser la Plaine, je découvre un sol blanc. Du givre. Encore une belle image! On sort de Mafate par le col des Boeufs et la vue sur Salazie est, comme souvent, incroyable. Le levé du soleil est accompagné par les dernières brumes qui disparaissent progressivement. Plaine des Merles, PK25. Un peu plus de 3h00 de course pour moi. Je prends un peu de temps au ravitaillement pour enlever ma frontale, mon coupe-vent et ranger mes gants. C’est parti pour une longue descente vers Grand Sable et Îlet à Vidot. Fabrice ne me suis pas, il n’est pas dans sa forme habituelle. Je double un autre coureur. Je suis seul à présent et je peux aborder la course comme je l’entends. La descente est technique. Humide. Des conditions que je n’aime habituellement pas mais j’ai passé un cap. Je m’amuse bien. PK32. Un peu moins de 4 heures de course. A Îlet à Vidot, nous sommes 4 coureurs dans un mouchoir de poche. La tête de course est à un quart d’heure.

8:50, Hell-Bourg, PK40, 4h45 de course. L’allure est vraiment bonne mais je sais qu’elle va considérablement diminuer lors des prochains kilomètres. Encore une section de bitume avant d’arriver au ravitaillement. Gabriel me récupère et nous terminons le dernier kilomètre ensemble. Le voir me fait du bien au moral. Au stade, il passe le relais à son amie et m’aide dans mon ravitaillement. Dernière, mais pas des moindres, difficulté de la journée: Cap Anglais et ses 1500 m de D+ sur 8 km. Pas d’eau avant le parking du Bloc. Soit 13 km en autonomie. Heureusement, le ciel s’est couvert et il ne fait pas chaud. Le début se fait sur un tapis de racines en faux plat montant. Je n’arrive pas à courir. Je suis fatigué et j’avance laborieusement. Début des grosses pentes. J’arrive à pousser sur les jambes mais il manque la dynamique. L’explosivité. J’essaie de limiter la casse. C’est long. Ça monte. Ça tourne. Ça monte encore. Et toujours. Encore 500 m de dénivelé. 30 minutes. Accroche-toi! J’entends un coureur plus bas. Il semble être sur une bonne cadence. C’est Yoann. Il me récupère à moins de 2 kilomètres du sommet sur une allure effectivement impressionnante. Il fait une montée canon. Il me dépasse et m’encourage. Je sers les dents pour garder sa trace et ne pas perdre cette fameuse ligne invisible entre 2 coureurs. 10 m d'écart. Puis 15. Puis 20. Il est en train de me lâcher. Aaaaargh! Continue. La pente devient moins raide et sur ce terrain technique je me sens davantage à l'aise. J’arrive à me redresser et à relancer. Je reviens sur lui. Mieux. Je le double et j’impose une nouvelle dynamique avant d’aborder la descente du Bloc. Cette fois, c’est lui qui doit accrocher la ligne. J’adore ce jeu!

10:57, la bonne surprise! Un ravitaillement improvisé au gîte du Piton des Neiges est tenu par 2 personnes. Ils sont vraiment au top en proposant à boire et à manger. Le moral est à nouveau là! Avant d’attaquer la descente, je dépasse Orlan Ayaden. Il a un problème au genou. Je lui partage un mot d’encouragement et nous échangeons une poignée de main avant de continuer. Enfin au sommet après plus de 2 heures d’ascension…je vais pouvoir attaquer la descente du Bloc. 1100 de D- sur 3,5 kilomètres. Autant dire que ça va taper dans les quadriceps. Je suis fatigué. La descente me paraît bien longue. En plus d'être technique, il y a beaucoup de randonneurs qui ne sont pas toujours attentifs à leur environnement. On me rattrape et je perds une place. Est-ce que j’accroche? Je repense à Orlan. À mon objectif 2024. Je décide de lever le pied et de ne pas prendre de risque (d’autant que le garçon fait une descente en mode boulet de canon). Je reste calme et j’essaie de me détendre malgré les douleurs. J’ai des échauffements sous les pieds depuis un moment et mon genou gauche commence à coincer.

11:35, PK 53, Plateau de Chênes, enfin! Je recharge un peu d’eau pour les 3 derniers kilomètres de route jusqu'à Cilaos. Je me retourne mais je ne vois pas Yoann. Dommage. J’aurais bien terminé avec lui. Je profite d'être seul et me laisse aller. Je pense à Coline qui m’attend à l'arrivée. Je pense à cette année. À ma blessure aux tendons. On revient de loin. Cilaos. Les premiers applaudissements à 500 m de l'arrivée. Le stade. L’arche. Coline. Je passe la ligne et lui tombe dans les bras. Et pour la première fois, je lâche prise. Je fonds en larmes.

11:48, suite et fin. 7 heures, 43 minutes et 35 secondes d’effort. Un Top 15. Des émotions. De la douleur. Des hauts. Des bas. Des “j’adore ce sport”. Des “pourquoi je me fais subir ça”. Et puis de la joie quand je vois Yoann terminer avec son garçon. De la fierté quand on se félicite d'être arrivé au bout de cette CIMASA. Une édition des plus exigeantes. Et du bonheur d’alimenter encore un peu plus cette boîte à souvenirs.

Un grand bravo à l’ensemble des coureurs. Bravo et merci aux bénévoles. Big up aux 2 personnes positionnées au gîte du Piton des Neiges. Merci à Gabriel (1er relais mixte) et Yoann (16è à moins de 2 minutes) pour les encouragements et bravo à eux pour leur course. Merci à Mathieu, Timothée et Alexis (Kin’Activ) pour la préparation physique des dernières semaines. Enfin, un immense merci à Coline qui m’accompagne, me soutient et m’encourage au quotidien. Merci aux copains et à la famille pour les messages! Et merci à vous de continuer de me suivre et de m’encourager.


jeudi 29 août 2024

Jeu de Coline #16: Après l'effort, le réconfort

The canapé 

Pendant une sortie (plus précisément quand je suis dans le dur), je pense souvent à ce qui m’attend une fois la difficulté passée. Une fois l’effort terminé. Et j’arrive à trouver du réconfort en pensant à des choses aussi simple qu’une boisson fraîche, sucrée et légèrement pétillante. Non, je ne ferai pas l’apologie de Coca mais bordel…c’est qu’ils ont bien joué leur coup avec les petits oursons qui se roulent dans la neige! A chaque fois qu’il fait chaud, que je me sens au fond du fond ou que j’ai soif, c’est de ça dont je rêve…Always cold, Always Coca-Cola. Endoctrinement réussi, bravo Messieurs!

L’autre instant réconfortant intervient plus tard, après la fin de la sortie…je sais que tu aurais aimé une image un peu plus explicite (je commence à bien te connaître maintenant), mais je préfère donner libre cours à ton imagination. Séquence chaude à venir avec “la scène de la douche”. Premier plaisir, enlever les vêtements bien dégueux et gorgés de transpiration que tu portes. Ensuite, arrive le moment que tu attendais tant, lorsque tu entres dans la douche et que tu ouvres l’eau. D’abord très froide, tu passes timidement tes jambes qui picoquent en dessous pour enlever la terre et la poussière. Ça fait du bien, vraiment du bien. Puis, la température monte doucement et tu peux progressivement te mouiller. Après un instant, l’eau atteint sa température optimale, ni trop chaude, ni trop froide, et tu peux alors plonger sous cette cascade artificielle façon pub Tahiti douche. Tu passes ta main sur ton visage, dans tes cheveux et tu jettes l’eau en arrière. Tu la vois bien cette image? Aaaargh, je sais que tu la vois bien! Ensuite, tu prends ton savon. Tu le passes sur ton torse en mode slow motion. Ça commence à mousser. Puis, tu vas frotter ton ventre et ces abdos choco. La petite musique se lance dans ta tête. Tu sais très bien de quelle petite musique je parle (la musique d’American Pie quand Jim lance dans son historique “Boring work stuff”. Tu iras chercher). Et là…bon, on va arrêter là. Bande d’obsédés du zizi sexuel! Tu te laves quoi et c’est déjà suffisamment jouissif comme ça.

Enfin, après la douche et un bon repas vient le réconfort ultime. Les retrouvailles avec ta zone de confort confortable. Le Saint-Graal. Ce bon vieux canap’ pour une sieste royale! Il est si doux. Si moelleux. Il viendra t'accueillir, que dis-je, t'envelopper même. Et ça, pour les 1h30 de sieste crapuleuse qui t’attendent. Côté position, il est super flexible. Grâce à sa télécommande et son siège ajustable, tu vas te mettre bien. Mais je te conseille la position de la Grenouille de Swinhoana après un choc électrique. N’oublie pas les accessoires avec ton masque Air Austral et tes bas de contention pour une meilleure récupération…et plus de style (ne critique pas mon style). Le filet de bave pend déjà jusqu'au sol après 10 minutes? Alors là, on est bien pour recharger les batteries!

mercredi 14 août 2024

Jeu de Coline #15: J'y suis bien

Évolution physique entre la reprise en janvier et le coeur de ma saison en juillet (et même si ça n'a pas fait bouger le PIB, il y a eu un peu de travail). 

J’y suis bien. Dans ma tête, dans ma peau…Bogossito les abdos!

[Avec une grosse voie de bonhomme] Tu te sens lourd. Tu te sens faible. Tu es mou du genou. Si toi aussi tu veux que ça change, adopte le programme “Bogossito les abdos” et obtiens des résultats dès la première semaine! Pour cela, c’est très simple…arrête de lire toutes les conneries que je raconte!

Sortir de la période creuse et notamment des Fêtes pour atteindre son pic de forme au bon moment, tel est le challenge du traileur épicurien que je suis. Alors pour commencer, épicurien ça veut dire “qui recherche le plaisir”. On peut aussi dire bon vivant mais la référence à Épicure fait plus intelligent…oui, j’aime la confiture sur mes tartines…mais là n’est pas le sujet.

Alors, comment faire? Tu la veux ma recette? Tu veux savoir comment passer du mode "Marshmallow” à celui d’ “Ultra-traileur”? Ce n’est pas si compliqué. Pour cela, il va te falloir:

- 300g de travail de qualité supérieure

- 1 càs d’huile de coude

- 1 càs d’un mélange de discipline et de rigueur

- 1 bonne dose de folie

- 1 pincée de petits plaisirs

- Le tout, agrémenté par une hygiène de vie équilibrée

- Côté cuisson, il faudra être patient et compter entre 3 à 6 mois

- Une préparation mentale, ronde et fruitée, accompagnera parfaitement ces mois de développement

Recette testée, approuvée. Aujourd’hui, je me sens bien dans mon corps et encore mieux dans ma tête. Et j’ai des abdos choco! Ce qui me permet d'être bien plus à l’aise dans les sentiers. Je fatigue moins, je tombe moins et j’ai retrouvé de l’explosivité dans mes relances. En plus, Madame est contente…c’est tout bénef!

Un grand merci à Mathilde et Chloé (Kiné Sport Péi à La Possession) pour l’accompagnement kinésithérapeute et à Mathieu (Kin’activ à La Rivière Saint-Louis) pour la préparation physique.

mercredi 31 juillet 2024

Jeu de Coline #14: Retour en enfance

Lémurien Maki Catta, Fort Dauphin, Madagascar 

Tu t’es déjà demandé ce que tu ferais s’il ne te restait plus que 2 jours à vivre (oui…il faut vraiment que j'arrête de regarder les cas désespérés de Grey’s Anatomy)?


- Ooooh…dans le cas où moi, King Julian - c’est mon nom, n’aurais que 2 petits jours à vivre, je ferais tout ce que dans mes rêves j’ai toujours rêvé de faire. Je voudrais tout particulièrement faire le siffleur professionnel. Je suis déjà grandiose comme siffleur mais je veux devenir encore plus grandiose pour en faire un métier qui gagne ma vie.

...

- Tu sais ce que je ferais aussi d’autre? J’irais envahir un pays voisin et lui imposer mon opinion personnelle que j’ai. Même s’il ne désire pas l’entendre.


Euuuuuh…j’avoue que l'idée d’envahir un pays voisin est assez séduisante…mais ce n’est pas très raisonnable. Et tu risques d’avoir des problèmes. Par contre, je te rejoins quant à la réalisation d’un rêve. Et, devine quoi, “I have a dream”. Oui. Le rêve d’un retour en enfance (et ne me dis pas que je n’en suis pas encore sorti, je m’efforce chaque jour de jouer à l’adulte responsable). Donc, l’enfance. Cette période de jeu, d’insouciance et de Bisounours! Impossible de faire machine arrière? Dans ce cas, j’irai profiter de ces 2 jours pour…courir un Grand Raid. Entouré de mes proches, j’irai chercher dans les sentiers cet état de grâce. Ce retour aux sources. Parce que c’est le seul endroit où tu peux revivre toute une vie en seulement 48 heures. Tu rigoles. Tu pleures. Tu tombes. Tu te relèves. Tu sautes dans les flaques. Tu tapes dans les mains. Tu discutes. Tu partages. Tu manges n’importe quoi. N’importe quand. Tu cries. Tu glisses dans la boue. Tu grimpes. Tu cours. Tu marches. Des fois, tu t’assoies. Tu t'évades. Tu découvres. Tu t’émerveilles. Tu adores. Tu détestes. Tu souffres. Et à la fin. Seulement à la toute fin. Tu te sens vivre. Tu te sens libre…comme un enfant.

dimanche 21 juillet 2024

Trail de la Rivière des Galets - Juillet 2024

Vue sur le cirque de Mafate depuis la Canalisation des Orangers

Comme le dirait si bien José Mourinho: Si tu n'as pas de chien pour aller chasser mais que tu as un chat, alors tu prends le chat, non?

Tu l’auras compris, j’ai dû composer avec la forme du moment…et c'était un peu “juste” pour espérer mieux (à relativiser). Bon, je te vois venir. Le garçon fait un 40 K avec 1700 de D+ en 3h48’53”. Il termine 6ème sur 776 inscrits et 3ème de sa catégorie. Ensuite, il pleure, j’ai pas assuré, c'était laborieux, ouin-ouin... baaaaah…oui. Ce n'était pas un jour sans. Ce n'était pas un jour avec. Je dirais simplement que ce n'était pas un jour avec (à relativiser, comme je l’ai dit plus haut).


Les leçons du jour:

1. Partir comme un idiot, tu ne feras plus: un départ trop rapide. Comme je “n’aime pas le monde”, j’ai opté pour un départ canon afin de prendre mes distances et entrer dans le sentier en prenant mon rythme et pas celui des autres. Mais attention, la dépense d'énergie de cette stratégie est énorme et tu peux vite te retrouver face à l’effet Popcorn…et ça, non, on n’aime pas!


2. De ta montre, tu te déconnecteras: j’ai fait une fixation trop importante sur mon pacing de course et le comparatif à l'année précédente m’a fait oublier le plus important, mes sensations.


3. Si performer tu voudras, te préparer tu devras: clairement, je n'avais pas la préparation adéquate à ce type de course pour atteindre les objectifs fixés (gagner 6 min par rapport à l'édition 2023 et ainsi passer sous la barre des 3h45min). Le TRDG est un trail qui se court. Si tu marches, tu perds. Si tu ne sais pas courir 10 km au tempo, tu perds. Si tu ne sais pas relancer, tu perds. Si tu n’as pas fait plus de 25 km depuis plus de 6 mois, tu perds. En gros, courir entre 6 et 10 km en endurance fondamentale et faire 3 rando-trails ne suffisent pas. Tu perds!


4. Dans ta bulle, tu resteras: les 2 premières heures sont à oublier. Je n’arrivais pas à entrer dans ma bulle. J’ai cherché des solutions pour courir ma course, en vain. J’ai même abandonné le combat dans la descente des Lataniers où j'ai véritablement levé le pied. Aucune prise de risque (je reste néanmoins à moins de 30 min pour 5 km et 585 m de D- sur un terrain aussi technique que les escaliers de Mafate. Pas trop mal).


5. D'humilité, tu ne manqueras plus: comme un air de déjà-vu…j’ai cru que ce serait “simple”. Faute grave! J’ai oublié que ça faisait mal. Vraiment mal. Pas seulement physiquement mais moralement. Après, je t’avoue que c’est bien d’avoir été dans le dur…ça m’aura remis les idées en place. Rien de mieux qu’une bonne tartine de phalanges dans ta gueule pour revenir sur Terre. Ne pas banaliser le Top10, il faut aller le chercher!


Les difficultés:

- Une alimentation à base de gels qui ne passe pas et un ventre qui fait “blope-blope”. Cause probable de l’intensité de début de course et d’une pression inutile?

- Une hydratation quelque peu insuffisante et trop sucrée.

- Des départs de crampes au sortir de la rivière qui m’ont forcé à revoir ma foulée et mon attaque du sentier.

- Une douleur au genou gauche sur la fin de course. Résultat d’une fatigue due à l’effort et au manque de préparation.


Les points positifs (parce que quand c’est bien, il faut aussi savoir le reconnaître):

- Aucune gêne aux tendons d’Achille! Youhouuuuuuu!

- Une Canalisation parcourue à 4’40”/km de moyenne sur 10 km malgré la sensation de méforme.

- Un semblant de plaisir dans le fond de la rivière, entre passage dans l’eau froide, relance dans le sable et sauts de cabris sur les cailloux.

- Une montée du Mur de Dos d’Âne honorable en 47 minutes et sans être dans le rouge.

- Une descente du sentier de Bord canon et un regain d'énergie pour finir en gardant ma position.

- Pour une phase de reprise, cette première sortie “4 heures” s’est quand même super bien passée.


Finalement, il m’aura manqué 2’24” pour accrocher un Top3. Si près et pourtant encore si loin. Je suis dur? Non. Réaliste. Et puis, tu commences à me connaître. Je suis surtout passionné et perfectionniste. Je te rassure, j’ai néanmoins le sentiment d’avoir donné tout ce que je pouvais et, avec un peu de recul, je suis content de l’apprentissage que cette course m’aura procuré.

Je suis également content d’avoir remis les idées à l’endroit. Le trail, ça fait mal. Et si tu veux plus. Il faut accepter d’avoir encore plus mal. Parce qu’à la fin, plus la souffrance aura été grande, plus la victoire sera belle. Il y a encore du travail!

Désormais, je vais passer sur une phase de volume et orienter mes entraînements en conséquence pour octobre. Et je vais tâcher de ne plus refaire les mêmes erreurs…sinon, il faudra officialiser le hashtag “quandtaspasdecerveau”, ce qui serait quelque peu contrariant…

Merci à l’association A2RDG ainsi qu’à l'ensemble des bénévoles présents (plus d’une centaine pour encadrer l’événement). Un grand merci à la famille et aux copains pour les messages d’encouragement. Merci à Mathieu pour la préparation physique et tout le travail mis en place lors du dernier mois. Et de grosses pensées pour mes supporters numéro Uno, Maman, Thib’s et Co!

Prochain rendez-vous fin août sur la CIMASARUN.

dimanche 7 juillet 2024

En route pour le Grand Raid 2024 - Mise à jour de mes objectifs de saison

Objectifs révisés de ma saison trail-running 2024

Doucement mais sûrement, on va y arriver. À un peu plus de 100 jours du départ, je suis toujours en phase de reprise et je joue avec mes tendons entre charge et adaptation mais aussi entre plaisir, bonnes sensations et frustration et douleurs. Un jeu pas toujours très drôle, je dois bien te l’avouer.

Avec mon kiné Mathieu, nous avons débuté depuis 3 semaines une remise en charge et j’ai adapté mes entraînements pour revenir au meilleur de ma forme. Les séances sont toujours orientées vers ma réathlétisation avec de plus en plus un aspect préparation physique. Pour te donner un aperçu, on débute par un échauffement avant d’attaquer des exercices de pliométrie et de terminer par de la force avec l’intégration de charges lourdes. Deadlift, calf raises, hip thrust, full squat, …tous ces termes de crossfiteur n’auront bientôt plus de secret pour moi. Eh oui…je soulève de la fonte. Qui l’eût cru?

En parallèle, j’ai effectué une mise à jour de mon programme avec une augmentation progressive de mes volumes hebdomadaires de courses à pied (40 km cette semaine avec évolution de +10% maximum par semaine). L'idée est d’arriver en août avec des blocs plus conséquents, sans pour autant faire n’importe quoi. Et c’est là tout l’enjeu car j’ai toujours la sensation de ne pas en faire assez. Ma stratégie est donc d’en faire moins en travaillant plus intelligemment. Ce sera la clef si je veux parvenir à mes objectifs d’octobre.

Parlant objectifs, après une reprise satisfaisante sur le trail de Grand Bassin (gain de 2 minutes par rapport à 2023 sans me mettre dans le rouge), je serai au départ pour la troisième année consécutive du trail de la Rivière des Galets (mi juillet). Le format est de 40 km pour 1700 m de dénivelé. Un parcours roulant qui me permettra de me tester sur 4 heures d’effort. J’en profiterai également pour retrouver la canalisation des Orangers et ses vues époustouflantes sur le cirque de Mafate. Sans oublier le Mur de Dos d’Âne et “mon” sentier de Bord.

Ensuite, il y aura une période plus dense en août avec le gros test en vue de la DDF, la CIMASARUN (fin août). Le départ de la course se fait depuis la ville de Cilaos et nous irons jouer dans les 3 cirques de l'île (Cilaos, Mafate et Salazie). Pour sa 30è édition, ces 52 km et 4000 m de D+ s’annoncent sport (d’autant qu’il devrait y avoir du très beau monde sur la ligne de départ)!

Enfin, j’arriverai dans la dernière ligne droite de mon projet sportif et la période d'affûtage sera importante afin d’arriver le plus frais possible. Avec Coline, nous profiterons également de cette période pour préparer mon assistance et affiner nos ambitions.

lundi 1 juillet 2024

Le jeu de Coline #12: Toujours avec moi

Ascension du sentier Mollaret avec ma compote, Grand Bassin

Ma compote…Pat’Patrouille. Pat’Patrouille, Pat’Patrouille, Pat’Patrouille! Pat’Paaaaaaaaaatroooooooooooooooooooooooooooouuuuuuuiiiiiiiiiiiiiille! Pat’Patrouille.

Alors oui, c’est un peu régressif. Pour un adulte normal. Mais pour un adulte qui est resté bloqué en enfance, c’est le moment attendu de la journée! Que ce soit au goûté de 10h00, à celui de 16h00 ou durant l’effort, j’ai toujours avec moi une petite compote, bourrée de sucre!

Et mention spéciale à l'édition Pat’Patrouille: pomme, mangue, ananas. Entre la sensation d’un retour dans la cour de récréation, le réconfort du goût et la texture qui, même en pleine ascension, glisse toute seule, c’est le secret si tu veux faire la différence! Avec ça, tu te transformes direct en Everest*. Testé, approuvé. Wouf!

* Everest, c’est le husky aux yeux bleus. Elle est malicieuse et elle vit dans la montagne avec son maître Jack. Ne me demande pas comment je le sais. Demande-toi plutôt pourquoi tu ne le sais pas. Moi. Je le sais. C’est tout.